Vous êtes ici › Les groupes / artistes › R › Lou Reed › Berlin
Lou Reed › Berlin
- 1973 • Rca victor ND84388 • 1 CD
cd • 10 titres
- 1Berlin3:25
- 2Lady day3:39
- 3Men of good fortune4:37
- 4Caroline says3:57
- 5How do you think it feels3:43
- 6Oh Jim5:12
- 7Caroline says II4:12
- 8The kids7:51
- 9The bed5:51
- 10Sad song6:59
informations
Morgan Studios, Londres, Royaume-Uni, 1973.
line up
Michael Brecker (saxophone ténor), Randy Brecker (trompette), Jack Bruce (basse), Aynsley Dunbar (batterie), Bob Ezrin (piano, mellotron, chœurs), Steve Hunter (guitare électrique), Tony Levin (basse), Lou Reed (voix, guitare acoustique, chœurs), Dick Wagner (chœurs, guitare électrique), Steve Winwood (orgue, harmonium), B.J. Wilson (batterie), Allan Macmillan, Blue Weaver (piano), Gene Martynec (guitare acoustique, synthétiseur, voix), Jon Pierson (trombone basse), Dennis Ferrante, Steve Flyden, Elizabeth March (choeurs).
chronique
Cet album est peut-être le chef-d'oeuvre du père Lou. C'est en tout cas le plus torturé, le plus dépressif. Pire que dépressif : suicidaire (y compris sur le plan commercial d'ailleurs). Il y a bien sûr un vague concept, à base de tableaux cafardeux et de misère sociale. Les compositions, dont beaucoup datent semble-t-il de l'époque du Velvet (Lou en avait un certain nombre encore en réserve), vont bien au-delà de la "tristesse" revendiquée : elles sont à la dérive, blocs de beauté entachés de cruauté, cris aux distorsions baroques et hallucinogènes hurlés ou étouffés au grand théâtre de la désespérance. Pour ne rien arranger, Lou Reed fait appel à Bob Ezrin pour la production, connu alors pour ses méfaits avec Alice Cooper. Ainsi, avec Ezrin, qui convoque une brochette de musiciens extraordinaires (les frères Brecker, Aynsley Dunbar à la batterie, Steve Hunter à la gratte, Tony Levin, Allan Macmillan, Steve Winwood...), le cauchemar sera mis en scène dans des décors fastueux, filmé en 70 millimètres et en multicolor. Donner à ces chansons une telle rutilance... ultime paradoxe. Mais on en prend bien vite conscience au fil des écoutes : Lou Reed s'en sort intact, et l'auditeur détruit. Si la plongée dans le noir démarre dès les premiers sons atroces et vaporeux du sublime "Berlin" (reprise transfigurée du premier album éponyme), c'est véritablement dans la seconde partie du disque que les lumières s'éteignent complètement. "Sad song" en conclusion majestueuse est pour ainsi dire chantée post-mortem. Pour l'anecdote, les pleurs et les hurlement poignants des enfants que l'on entend à la fin de "The kids" furent produits par les enfants de Bob Ezrin lui-même : il leur avait fait croire que leur mère les avait quittés pour toujours et il avait enregistré leurs réactions à leur insu. Voilà qui vous donnera une bonne idée de l'atmosphère régnante dans cet album aux sombres éclats, aussi beau que triste, aussi indispensable que dégueulasse.
dernières écoutes
-
Milloco
› -
Maldoror
› -
zugal21
› -
zugal21
› -
ashara
› -
atog meister
› -
Etienne20399
› -
Milloco
› -
Etienne20399
› -
magnu
›
Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Berlin" en ce moment.
Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Berlin".
notes
Note moyenne 42 votes
commentaires
Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Berlin".
-
Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
-
Ça, c'est un disque que j'écoute assez rarement... Et l'ayant ressorti il y a quelques jours, je me suis rappelé une fois de plus pourquoi ! Pour cette fois, je trouve la formule de Lester Bangs assez juste - au-delà de l'effet punchline. "Disgustingly Brillant", c'est tout à fait ça. La musique est somptueuse, rutilante, à mon sens juste à la limite, sur le seuil du kitsch mais sans franchir la ligne. L'écriture (poétique, littéraire) et parfaite pour son objet, sèche, brève, épurée. Mais... Ça raconte une histoire sordide au-delà de ce que peut encaisser ma capacité d'empathie - le récit de Jim (uniquement de son point de vue) est horrible, on sait qu'ils souffrent vraiment tous les deux (malgré que Caroline ne soit, donc, décrite que de on point de vue à lui, à charge... Mais probablement qu'on aurait du mal à "l'aimer" aussi elle, si Reed lui donnait voix, vu les tribulations du couple), et nous laisse lui aussi sur un point d'équilibre, très inconfortable, où il est difficile de se contenter d'un "bon, ils ont poussé aussi" mais j'insiste, où toute forme de compassion peut facilement se dérober, aussi (le mec est CONTENT que ça finisse comme ça, pas juste soulagé, quoi). Du grand Loulou, oui. Avec cet art d'exposer la petitesse, de dépeindre des personnages qui s'y complaisent, s'y vautrent, tout ça dans un écrin ors et velours. Sans fun. Sans main tendue. Sans issue. Sad Song n'est pas une issue. (Ce passage Stockhausen/Scelsi/Ligeti, en contraste avec la citation mélodique de Sattelite of Love, là.... Brrrr).
- ashara › Envoyez un message privé à ashara
-
Bien meilleur que dans mon souvenir, cela fait bien longtemps que je ne l'avais écouté. Je remonte ma note. Comme quoi, il ne faut pas hésiter à réécouter des disques auxquels l'on n'a pas accroché de prime abord.
Message édité le 24-06-2025 à 18:06 par ashara
-
Rastignac
› Envoyez un message privé à Rastignac
-
Pareil, les ritournelles qui collent à l'occiput mais avec la plus-value déchéance dépression pathétique et tragédie à tous les étages, du début à la fin. Idéal pour faire des mauvais choix dans la vie. D'ailleurs, Bobby Biebling, chanteur de Pentagram, disait bien que Lou Reed (notamment dans White Light/White Heat) était une des raisons pour laquelle il a tellement kiffé certaines drogues. Et on sait maintenant que Bobby Liebling a fait beaucoup de mauvais choix. J'arrête les analogies, je résume : cet album tient tout seul quand on le pose par terre tellement il suinte le désespoir.
-
(N°6)
› Envoyez un message privé à (N°6)
-
Le combo Berlin/Lady Day, c'est terrible. La porte des Enfers.
- nowyouknow › Envoyez un message privé à nowyouknow
-
RockinDave: perso je préfère Berlin aux 3e et 4e Velvet... En tout cas meileur que Loaded c'est clair. Et puis c'est l'album qui représente le mieux Lou Reed je trouve.
