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Tim Buckley › Happy sad
informations
Elektra Sound Recorders, Los Angeles, Californie, USA, 1968
line up
Lee Underwood (guitare), David Freedman (vibraphone, marimba), John Miller (contrebasse), Carter C.C. Collins (congas), Tim Buckley (guitare douze cordes, chant)
chronique
Non, vous ne rêvez pas... Malgré un départ trouble prodigué sur la pointe des pieds par les percussions métalliques de David Freedman, amateur des mêmes abstractions qui rendent le parcours musical du vibraphoniste Bobby Hutcherson si fascinant, la suite d'accords de "Strange Feelin'" est belle et bien calquée sur le fameux "All Blues" de Miles Davis. De l'aveu même de Lee Underwood, fidèle bras droit de Tim tout au long de sa carrière, il n'y a là rien d'étonnant. Le jazz modal, de par les perspectives qu'il apporte et de par l'imaginaire qu'il suscite, étend sa toile bien au-delà de son strict territoire. Et, on le voit, Tim Buckley est alors sur le point d'entamer un virage radical dans sa carrière. Il faut dire que le troubadour de ses dames est de nature changeante. Un impulsif. Un écorché vif qui ne tient jamais en place et qui préfère se fier à son instinct, quitte à ce que celui-ci le mette à l'écart de tout et de tous. C'est ce qui va bientôt arriver et "Happy Sad" de représenter le trait d'union entre cette mâturité d'écriture déjà atteinte par ailleurs sur "Goodbye and Hello" et le goût de l'aventure qui va se déliner sur trois disques extraordinaires, "Lorca", "Blue Afternoon" et "Starsailor" où Buckley va exploser les frontières de ce folk rock avec lequel il a déjà réglé ses comptes. Sur "Happy Sad", Tim Buckley prend surtout le temps d'exposer ses thèmes ; la longue suite "Love from Room 109 at The Islander" est un petit film à lui tout seul, parcouru d'ambiances toutes différentes mais toujours aussi sombres. Quant à son classique "Gypsy Woman", vibrant et intense, où le joueur de congas Carter C.C. Collins a encore l'occasion de briller, on y découvre le formidable potentiel vocal du bonhomme qui laisse augurer de choses encore plus fantastiques. Enfin, je m'en voudrais de ne pas citer aussi le poignant "Dream Letter", dédicacé à son fils Jeffrey qui, des décennies plus tard, le lui rendra bien. Assurément voilà un album dont l'incroyable puissance émotionnelle mérite une réhabilitation en bonne et dûe forme dans la carrière éclair de cet artiste bien plus important qu'on ne l'imagine.
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notes
Note moyenne 17 votes
commentaires
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- Aladdin_Sane › Envoyez un message privé à Aladdin_Sane
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Magnifique album délicat et impressionnant.
- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Finalement, celui-ci joue dans la même cour que "Starsailor" et "Blue Afternoon". Il n'a à vrai dire rien à leur envier (peut-être à Starsailor, mais alors....un peu). Ce sont eux les triplés, et "Lorca" le cousin difforme/fascinant. L'enchaînement "Love from Room/ Dream Letter/ Gypsy Woman", c'est définitif.
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saïmone
› Envoyez un message privé à saïmone
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A noter que les lives de cet albums, celui de 69 je crois (ou 68, d'façon y'en a que deux), sont également excellents : une putain d’interprétation viscérale des trois derniers titres (parmis ses tout meilleurs) et un Gypsy Woman qui n'en fini pas d'annihiler les rencontres entre l'espagne et le free rock... tuant debout assis couché a jeun
- SEN › Envoyez un message privé à SEN
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J'ai découvert la musique de Tim Buckley il y a quelques mois seulement après la lecture d'un article des inrocks... J'ai pris une petite claque quand même, j'ai encore les joues qui piquent... HAPPY SAD et STARSAILOR sont des monuments et si LORCA est plus inégal le morceau qui donne son titre à l'album est juste gigantesque !
- Perdiccas › Envoyez un message privé à Perdiccas
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Je l'aime autant que Starsailor, ce qui n'est pas peu dire.
