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Glenn Branca › Symphony No. 3 (Gloria): Music for the First 127 Intervals of the Harmonic Series
- 1996 • Les disques du crépuscule TWI 1030 • 1 CD
cd • 3 titres • 45:32 min
- 1First Movement22:19
- 2Second Movement18:11
- 3Third Movement5:02
informations
Brooklyn Academy of Music, New York City, USA, 16 janvier 1983
line up
Craig Bromberg (guitare maillet), Barbara Ess (guitare maillet), Michael Gira (guitare maillet), Jeffrey Glenn (basse), Greg Letson (claviers), Thurston Moore (guitare maillet), Lee Ranaldo (guitare maillet), Stephan Wischerth (batterie), Margaret Dewys (guitare maillet), Amanda Linn (guitare maillet), Arleen Schloss (guitare maillet), Dan Witz (guitare maillet)
chronique
Il y a quelque chose de monumental dans la musique de Glenn Branca. Un dénominateur commun à toute l'oeuvre du guitariste. Mais sa facette la plus inquiétante est peut-être illustrée ici, avec le plus de panache et de splendeur. Quelque chose est en train de s'ourdir, c'est évident... Ces impalpables vibrations organiques s'approchent de nous une fois encore, et leur présence rend l'atmosphère si lourde. On retrouve cette approche minimaliste familière qui, de LaMonte Young à Terry Riley, a fait depuis bien des disciples. On trouverait presque un aspect ambient à la musique de cette troisième symphonie, surtout dans les premiers deux tiers de son premier mouvement, finalement pas loin de Brian Eno dans ses développements les plus élastiques, voire Gavin Bryars (conferatur les profondes résonances du troisième mouvement)... Mais l'anglais ne maîtrise pas la texture comme l'américain. Pour ce nouveau gros oeuvre, Glenn Branca s'est avant tout focalisé sur l'harmonique. Depuis longtemps adepte d'un accordage particulier qu'il fût alors le seul à employer, le système qu'il a ainsi mis en place lui permet de déterminer et de produire des tonalités bien spécifiques, en corrélation directe avec les intervalles des sept première octaves des séries harmoniques. Comme l'indique l'énoncé de "Gloria", c'est l'exploration de ces 127 intervalles qui définit le corps même de cette troisième symphonie. Ça, c'est pour le théorique, mais en pratique, l'ambiance qui s'en dégage possède la force irrésistible d'un orchestre de cors et de trombones qui résonnent à tue-tête. Un appel aussi sourd qu'épouvantable, craquelant sur lui-même comme le ciel qui se déchire. L'assise métronomique de la batterie est toujours bien présente, mais s'exprime ici avec plus de retenue ; elle intervient tard sur le premier mouvement, en guise de conclusion, et sa participation au second mouvement s'avère être beaucoup plus nuancée. Une certaine idée de la fatalité et de la résignation qui l'accompagne filtrent à travers cet enregistrement en concert. Par sa permanente tendance à l'abstraction, il s'agit là sans aucun doute de la plus contemporaine de ses symphonies rock.
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notes
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- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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La facilité ou la paresse, pour se donner des repères peut-être... sinon, c'est en plus des groupes qui n'ont pas un grand rapport les uns avec les autres. Comparer Tortoise et Mogwai, par ex, qui sont étiquetés "post-rock" alors que ça n'a presque rien à voir.
Message édité le 24-06-2026 à 19:04 par Indusfreak
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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"Sinon y'a Slint".
(Toujours trouvé un peu absurde d'utiliser le même terme post-rock pour tous ces groupes, et Bark Psychosis ou d'autres... M'enfin oui, pas pire que "post-punk", "new-wave-pop" ou beaucoup d'autres au fond)
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Oui, c'est plus froid, plus "mental" chez ces artistes, on vient de la no-wave aussi, qui ne faisait pas trop dans le sentimental/émotionnel, plus dans l'expé. Ceci dit, j'aime aussi GY!BE en général, pas à écouter à forte dose mais de temps en temps. Les premiers Mogwai ("Young Team", "Come on, die young") sont sympa mais au fil du temps, c'est devenu redondant, forcément, comment ne pas l'être avec les mêmes schémas de musique répétés encore et encore. Et puis, au début c'était relativement révolutionnaire et nouveau, du moins dans le rock ou alors réservé à des artistes qui faisaient de l'expé obscur et pas populaire du tout. Des longs morceaux sans paroles qui sortent des structures classiques du rock couplet-refrain avec ce climax. Un style assez difficile à renouveler qui a un peu vécu. Et la flopée de groupe qui s'est engouffré dans la brèche par la suite...
Message édité le 24-06-2026 à 18:15 par Indusfreak
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Mais dans le côté "pathos" qu'il y a souvent dans le post-rock modèle Godspeed You, je trouve. Les montées ici ou chez Chatham (pas Maxime hein...), ça n'aboutit pas sur une explosion de "sentiment", c'est autre chose, pas purement mécanique mais moins directement, comment dire, anecdotique au sens de "racontant un épisode émotionnel précis d'une histoire délimitée dans le temps", un truc du style. Mais j'aime bien Lift Your Skinny Fists... hein, par exemple (j'ai beaucoup moins écouté les autres Godspeed), et maintenant j'apprécie plus qu'avant Mogwai, aussi, simplement là, avec des procédés techniques qui peuvent être proches, je trouve qu'il se passe tout autre chose.
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Même sens de la montée, d'un climax, d'une explosion puis... le calme dans "The Ascension: The Sequel" qui date de 2010. C'est vrai qu'on pourrait faire un lien avec le post-rock. Ca semble être une marque de fabrique chez Branca, du moins dans ses oeuvres "expérimentalo-shymphoniquo-avant-gardistes". Un peu le même trip chez Chatham par moment...
Message édité le 24-06-2026 à 17:45 par Indusfreak
