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The Doors › Morrison Hotel
informations
Produit par Paul A. Rotchild; ingénieur : Bruce Botnick
line up
John Densmore (batterie), Robby Krieger (guitare), Ray Manzarek (orgue et piano), Jim Morrison (chant)
Musiciens additionnels : Ray Neopolitan (basse); Lonnie Mack (basse sur Roadhouse blues et Maggie M'Gill); G.Puglese (harpe sur Roadhouse blues)
chronique
Après un album charnière, "Morrison hotel" sonne très exactement comme ce qu'il est : le premier recueil d'un second âge, un âge où la musique si alchimique des Doors se décortique un peu plus en pièces de genre, blues rock en avant, incontestablement frappées par la classe mais orphelines de tout un univers dont ne perçoit plus que des couleurs, des tournures et des émanations en lieu et place de ce qui fût des cabarets, des rues malfamées et des squares un peu glauques. Comme son successeur "L.A. woman", couramment plus encensé que ce "Morrisson hotel", sans doute le plus inaperçu des albums de la légende, le recueil présente donc une succession presque abrupte de morceaux de blues/rock typés et de pièces typiquement doorsiennes c'est à dire hallucinogènes : ici ce sont "Waiting for the sun" la sublime, "Blue sunday" et "Indian summer" les crépusculaires enfumées qui nous replongent dans les méandres inquiétants ou trippants de ces suceurs de buvard. On retrouve la guitare inimitable et minuscule de Krieger qui repart en tricot et la voix de velours du mythe de service, la folie organiste de Manzarek, la finesse, tout simplement, de Densmore. "Roadhouse blues", "Peace frog", "Queen of the highway", "Land ho!" ou "Ship of fools" ont le mérite d'être interprétées par ces mêmes gens et de s'extraire ainsi de leur blues/rock résolu. Les doors sont loin, très loin d'avoir perdu leur personnalité. Mais un son plus professionnel, une carrière à gérer, une maturité fraîchement issue de la mort de l'enthousiasme des débuts les poussent, et la suite le confirmera, à reprendre des routes plus souvent empruntées, celles qui les ont toujours inspirées et par lesquelles, c'est vrai, ils arrivent toujours à nous infuser leur patte et leur monde de Magic Circus. Il m'a toujours semblé injuste de réduire Morrisson hotel à précurseur timide de "L.A. woman". Il n'en possède pas les brebis gâleuses (the cars ... crawling king snake...), et "Waiting for the sun" au même titre que "Riders on the storm", est une des compositions les plus emblématiques et sublimes du fabuleux quatuor. Le piano de "You make me real"... y avait que les doors pour jouer un truc pareil...
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Oui, c'est ça, c'est surtout (la Prière Américaine) un boulot bricolé/sorti sept ans après la mort de Morrison, qui a priori ne l'avait pas du tout envisagé comme un album des Doors mais comme son premier travail sous son nom propre, et en tant que poète "à part entière", sans y adjoindre les qualificatifs "rock", "psychédélique" ou autre (sinon Américain, donc). Il semble qu'il avait envisagé pour ce cycle une musique orchestrale - je lis qu'il considérait Lalo Schiffrin comme possible compositeur de la chose - possiblement bien éloignée de la musique du groupe. Et oui, des bouts de sessions avec les trois autres, pas forcément prévus à la base pour faire partie du dit cycle, ont semble-t-il été ajoutés au montage, pour suppléer si j'ai bien compris à des parties que Morrison n'avait pas eu le temps de poser sur bande avant sa mort, l'enregistrement de Morrison Hotel et L.A. Woman ayant coupé l'élan déjà pas mal contrarié (par l'état de Morrison à ce moment là, les embrouilles avec les trois autres et avec Elektra...). Il me semble même, si je me rappelle à peu près correctement la bio du groupe lue il y a un moment (The Doors, Ship of Fools de Steven Jezo-Vannier... bouquin bien instructif mais assez laborieux, j'avais trouvé), que Morrison, à ce moment là (au moment de 1969 où il a entamé l'enregistrement des poèmes), pensait quitter le groupe, partir complètement dans une carrière solo, saoulé qu'il était par toutes les tensions, des coups du management d'Elektra, donc, validé par un des autres sans son aval... Bon. On n'aura donc jamais la version de cette An American Prayer telle qu'il l'aurait voulue. Mais on a à la place Morrison Hotel et L.A. Woman. Ce qui est tout de même bien plus que "déjà ça", je dirais.
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Rastignac
› Envoyez un message privé à Rastignac
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Sa poésie est plaisante à lire. Une bonne édition si vous voulez lire notamment ce qu’il a écrit à Paris en bilingue ici : https://bourgoisediteur.fr/catalogue/la-nuit-americaine/
Par contre oui le American Prayer je le trouve un peu relou. Ça sent le rafistolé. À part sur le morceau de la BO du film de Stone. Morceau qu’on trouve sous le nom de Stone Immaculate sur LA Woman si je me trompe pas.
Message édité le 24-01-2025 à 09:40 par Rastignac
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zugal21 › Envoyez un message privé à zugal21
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Je possède les 2 albums sans le Jim. Pas trascendants, mais je garde. Quelqu'un ici, pour un avis sur le American Prayer ( featuring The Poet et les Doors en appui ) ? Ici trouvé un peu lourdingue .
Message édité le 23-01-2025 à 16:56 par zugal21
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Sur les liens et non-liens (voire non-lieux) entre les Doors et Morrison en particulier et les Stooges, Iggy, plus largement la scène de Detroit au début des années 70 (le MC5 etc.) puis dans la foulée la scène punk américaine CBGB's, il y a des trucs assez instructifs dans la premières pages de Please Kill Me, où on voit que Morrison et son groupe était à la fois une influence, pour certains un point de départ (pour l'attitude, la présence scénique du chanteur, pour le côté électrique et parfois sinistre dans la musique, aussi) et sur d'autres points (parfois pour les mêmes personnes) une sorte de symbole d'une époque et d'une scène finissantes, à enterrer au plus vite (les idoles hippies, le côté grans-guignol/train-fantôme de certains groupes de L.A. - surtout les Doors et Love, donc... et là encore c'est ambigu, les gens du "proto punk" ont nettement croqué dans tout ça, tout en rejetant le côté Summer of love de leurs... à peine aînés, parfois ; Altamont après Woodstock, la guerre du Vietnam qui s'éternisait, la Manson Family et Cie., les tensions et émeutes raciales, les luttes pour les droits civiques qui tournaient vinaigre etc. ... il semble bien que ça ait fait "rupture générationelle" bien plus brutalement, rapidement qu'en d'autres occasions, ailleurs).
Message édité le 24-01-2025 à 08:14 par dioneo
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nicola › Envoyez un message privé à nicola
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D'ailleurs, Iggy Pop est toujours vivant.
