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Laurie Anderson › Mister heartbreak
- 1984 • Warner bros. records 7599-25077-2 • 1 CD
cd • 7 titres
- 1Sharkey’s day
- 2Langue d’amour
- 3Gravity’s angel
- 4Kokoku
- 5Excellent birds
- 6Blue lagoon
- 7Sharkey’s night
informations
Ingénieur : Leanne Ungar. Enregistré à The Lobby. 1,4, 7 produit par Bill Laswell et Laurie Anderson. 2 et 6 produit par Roma Baron et Laurie Anderson. 3 produit par Laurie Anderson. 5 produit par Peter Gabriel et Laurie Anderson
line up
Laurie Anderson, Adrian Belew, William S. Burroughs, Anton Fier, Peter Gabriel, Bill Laswell, Daniel Ponce, Nile Rodgers, David Van Tieghem, Bill Blaber, Michelle Cobbs, Connie Harvey, Brenda Nelson, Sang Wong Park, Phoebe Snow, Janet Wright, Atsuko Yuma
chronique
Drôle de personnage que Laurie Anderson… grande prêtresse de spectacles visualo-musicaux fascinants, musicienne étrange et toquée, reine d’un phrasé parlé au feeling pourtant mélodique et rythmique puissant et improbable, sorcière des arrangements bizarres et épouse de l’invivable Lou Reed. Ce «Mister Heartbreak» fait partie des albums les plus accessibles de la dame, sans pour autant présenter autre chose que du bizarre. Mais du bizarre ludique, léger, délicat et poppy/jazz : on y retrouve Bill Laswell aux manettes, Nile Rodgers… Peter Gabriel et W. S. Burroughs prêtent leurs voix caractéristiques à ce monde sonore déjà bien déjanté. Percussions sèches, basse ronde et funky, sons à bulles de toutes sortes et une collection de mélodies chantées dont la subtile incongruité fascine encore, 20 ans après. De l’ensoleillé «Sharkey’s Day» on passe à «Langue d’amour» l’aquatique. Sur un canevas simple de percussions, Laurie parle sans rythme apparent d’une voix passée à l’effet robot, un thème totalement antimélodique de fausse flûte un peu débile passe dans le fond comme une bestiole bizarre qui se serait perdue là. Laurie bidouille. Steel drum, bambou, soprano, guitares, synclavier, Vocoder, Woodblock et Kayagum. Un sens unique de la séduction auditive, par sa manière de parler, de chantonner, de construire ses pièces à l’aide de boucles de sons faussement plastiques et balsa, et d’un feeling rythmique imparable et sans équivalent de style. «Kokoku» la japonisante, «Blue Lagoon» la grotesque, entièrement construite sur un rythme cassé, une pattern mélodique au son poilade, le tout calmé, unifié, magnifié par la voix douce et rêveuse d’une Laurie en plein ciel. Il y a quelque chose de minimaliste chez Laurie Anderson… car comment expliquer autrement ce sentiment de richesse, de profondeur, de délicatesse travaillée et d’atmosphères parfaitement distillées, alors qu’à bien y écouter, il n’y a réellement que peu de choses à entendre dans la musique qui se déroule. Petits sons, petites mélodies, dynamique légère… à l’exception de quelques agressions saturées, «Mister Heartbreak» est une invitation à la contemplation sonore, simple et apaisante. Chacun de ses cliquetis, chacune de ses notes est un relief nouveau, un palmier sur la plage, un piaf tout déplumé qui s’amène en sautant. Ce disque est comme un grand verre d’eau petillante aux bulles multicolores… et aux substances cachées.
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Note moyenne 7 votes
commentaires
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- Le Gnomonique › Envoyez un message privé à Le Gnomonique
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Disque merveilleux. Musique aux mille couleurs, fantasque et intello, un écosystème sonore régi par ses propres règles, une avant-garde ludique en somme. 40 ans après, ça reste effectivement une curiosité pour paraphraser Sheer-Khan. Je ne vois guère que Julia Holter pour perpétuer une approche similaire aujourd’hui.
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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"Un jour", Big Science, ouais (ayez confiaaaance).
- jeanmichel › Envoyez un message privé à jeanmichel
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Il faudrait effectivement que quelqu'un se tape Big Science à chroniquer.
Et pour celui-là, qu'est-ce qui fait qu'on y revient autant ? Une sorte d'enchantement ? Cette sensation de flotter dans l'air, comme le permettra aussi quelque temps plus tard le bien nommé floating in the night ? Sûrement. S'il n'a pas l'immédiateté pop de l'album de Julee Cruise, celui-ci a pour lui le raffinement des arrangements : les sons les plus électroniques se mélangent aux instruments du monde entier sans que rien ne paraisse forcé. Une sorte de pendant féérique et champêtre de l'urbain my life in the bush of ghosts.
Message édité le 26-03-2026 à 10:24 par jeanmichel
- ashara › Envoyez un message privé à ashara
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Le premier album, Big Science, vaut aussi le détour.
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nicola › Envoyez un message privé à nicola
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Oh la belle pochette d’époque.
