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Souffrance › Eau de source
- 2010 • Hall26 Records 1 CD
41:59 • 13 titres
- 1Eau de source2:49
- 2Authentique4:14
- 3Khalass3:13
- 4Appuie-tête5:00 [feat ZKR]
- 5Score3:36
- 6Tempête3:20
- 7Be Water (Interlude)1:32 [feat. Soul Intellect]
- 8Rats des villes2:54 [feat. Oxmo Puccino]
- 9Louvre3:05
- 10Métro2:46
- 11Voraces3:39 [feat. Vald]
- 12Ciel gris kebab grill2:58
- 13Pendu2:53
informations
Enregistré par Tony Toxik à l'uZine, sauf [4] enregistré par DJ Bellek. Mixage et mastering par Young Dreadz.
line up
Souffrance (rap), Tony Toxik (production)
Musiciens additionnels : Oxmo Puccino (rap [8]), Vald (rap [11]), ZKR (rap [4])
chronique
Souffrance, troisième clap. Pochette stylée, morceaux bien calibrés, ça kick fort et il y a même un essai de tube (Khalass). Surfant sur un succès inattendu, Souff profite de l’élan et cherche à transformer l’essai en platine. C’est pourtant la même recette : de la street, de la rime ciselée, no bullshit, des prods discrètes, avec toujours un bon pied dans le boom bap sans sonner daté. Souffrance en a sous le pied car il n’a pas fini de documenter plus de trente ans d’existence. Ce sont donc encore des tranches de vie mais ce coup-ci, il a amené des copains de la première division du rap pour former l’équipe-type de la semaine et muscler tous les secteurs du jeu : Oxmo, Vald, ZKR. Peu confortable mais c’est pas grave, il aime le challenge et l'affirme en interview : du featuring, certes, mais sérieux. Très sérieux. Pas les gars de sa cage d’escalier mais des kickeurs de première qui ne veulent pas faire tapisserie. Souffrance a pris l'aspiration et exprimé en promo une sincère gratitude d’avoir trouvé des rappeurs massifs du rap jeu aussi impliqués. Il n'y a pas que le business. Pourtant il a transpiré quand ZKR lui a proposé un couplet de deux minutes ou quand Vald ne cessait de lui envoyer des textes toujours plus longs que les siens. Moins brut et anachronique que Tranche de vie, l'album gagne en équilibre ce qu'il perd en charme. Il glisse tout seul malgré la rudesse lyricale de certains titres et la descente de crack sur Métro façon Bad Lieutenant. Souffrance n’a donc pas encore tourné de clip en Lambo à Dubaï. « J'arrive du passé avec la classe présidentielle, J'suis une étoile morte qui brille dans le ciel ». Dernier couplet de l’album. Je crois que c’est clair, comme de l’eau de source. Mais calmos, Souffrance est aussi un peu facétieux, écoutez donc cet interlude ri-go-lo qui convoque Guy Béart, Jacques Brel, Oxmo, La Clinique, Bruce Lee et Jean-Claude Van Damme. Eau de source est donc un peu notre Liquid Swords à nous mais avec du Guy Béart. Cet interlude atténue quelque peu le sentiment d’appropriation culturelle qui me chagrine parfois quand j’écoute du rap. Beugler « ien-CLI faut KHAlass » dans ma situation, c’est un peu comme se faire tatouer un signe chinois dans la nuque. Bon, j’ai quand même acheté une casquette de l’uZine et comme dirait Vald, « depuis l’début, j’enrichis des Arabes » car dans ce monde sans frontières, sans règles, sans droit et bientôt sans être humain, ça commence à être difficile d’être raciste et de savoir dans quelle case il ne faudrait pas déranger.
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