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Vald › Pandemonium
- 2025 • Echelon Records 1 CD
55:45 • 17 titres
- 1Dieu merci4:20
- 2Régulation2:07
- 3Léthargie2:15
- 4Pandémonium2:33
- 5FLPVCOF4:20
- 6Gauche droite3:25
- 7Roche noire4:28
- 8Darknet2:55
- 9Fumée3:36
- 10Que des problèmes2:57
- 11UFOV3:33
- 12Superman3:19
- 13Prozaczopixan2:11
- 14Interlude2:39
- 1593 milliards4:48 [feat. Suikon Blaz AD]
- 16Les échappés2:49
- 17Paradis perdu3:30
informations
line up
BBP (production [1, 2, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 14, 15, 16]), Seezy (production [3, 5, 10, 13, 17]), Suikon Blaz AD (rap [15]), Vald (Rap)
Musiciens additionnels : Manu Manu (production [3, 10, 13, 17]), MKL (production [5, 7]), Zeg P (production [10]), Benjay (production [13]), Tomy Frog (production [13]), Dolor (production [16])
chronique
Vald est un clown triste, un trublion qui sourit lorsqu’il est content, lorsqu’il est gêné, lorsqu’il est inquiet, lorsqu’il est mort de trac. Il n’est pas un fils de pute de smiley, pourtant il sourit et dit Dieu merci. Lorsqu’il revient en 2025 après le relatif échec de V, il est maigrichon, les cheveux longs, mal rasé, symptôme de la dépression dans une sitcom AB Production. Vald ne sourit plus autant, il a l’air triste, il a perdu sa mère d’un cancer, il n’aime toujours pas les voyages et préfère regarder MV sur sa télé et écrire des textes en fumant un gros teh. Triste clown alors ? Vald attaque l’album au premier degré et ne le quittera jamais. Pêle-mêle, la vie, la mort, l’attachement, la perte, la malbouffe, l’âge, le sexe, le latex, les médocs, l’occultisme, le satanisme, le capitalisme, l’anti-capitalisme, on ne sait pas trop. Egaré dans les limbes, Vald déroule des textes en quête de sens plutôt que de technique. Déni, colère, dépression, acceptation : « Des fois j’la vois dans le miroir (Paradis perdu). « La Terre à feu et à sang, et toi tu sers à rien c’est affreux » (Régulation). « Je peux pas mentir, je ne sais pas pourquoi je déprime (Léthargie). « Quand je dis Dieu merci je suis deux fois optimiste » (Dieu merci). La virtuosité de XEU laisse place à un album-concept qui fore les abimes pour solder cette sale période et préparer Magnificat en scred, album de pop inattendu, incongru et idéal pour aller faire son footing dans la rosée avant d’aller faire un brunch avec des amis très sympas. Mais Pandemonium alors, c’est du bouc ou du poulet ? Contrairement à pas mal de footballeurs, d’acteurs et de philosophes, Vald sait qu’il ne sait pas grand-chose. En politique nationale, internationale, cosmologique, il fait preuve d’un bon sens paysan comme s’il rappait ce qui lui venait en tête en fumant la clope du matin. A gauche ? A droite ? Heureux ? Malheureux ? Être en vie, est-ce une simple esquive de la mort ? Comment faire du rap sans être dissident ? Comment faire du rap quand on de l’argent ? Comment faire du rap quand un proche est mourant ? Si tu cherches Vald, il est sur scène ou dans sa chambre. Sur un plateau, il raconte n’imp’ parce qu’il sait que son avis n’a pas d’importance, sauf quand il s’agit de faire de la pub pour les rappeurs qu’il aime et qui le méritent. Vald aime les esthètes mais aussi le rap de gros bourrin, la street, la punch, les mots sales dont il regrette pourtant un usage excessif dans ses textes à chaque réécoute. Vald rappe l’instant et renierait le reste s’il ne fallait pas enjailler les foules avec des tubes. Mais Vald rappe toujours très sérieusement, des débilités adulescentes des débuts aux questionnements existentiels, souvent naïfs mais toujours sincères de Pandemonium. Vald est perfectionniste car il ne sait faire que ça : du rap. Mais cela ne l’autorise jamais à te faire la morale. Il dit ce qu’il croit, ce qu’il pense, même si ce sera peut-être fané demain. Tout pour le rap, tout de suite, pour le kif et si ça fait rentrer le million, c’est toujours pris parce que rien n’est gratuit. On pourrait reprocher à Vald de participer à l’anomie ambiante et certains aimeraient, parce qu’il est un rappeur blanc-de-banlieue, qu’il participe à une croisade pour la cause sociale, comme on avait pu crier comme des veaux : Zidane président ! Mais ne cherche pas. Chez Vald, il n’y a que du rap. Pandemonium, cathédrale de ses angoisses, n’est pas son meilleur album, il y cherche le mot juste plutôt que la syllabe. Les placements volontairement bancals de « Dieu merci » donnent le ton, on est en thérapie, on ne contrôle pas tout ce que l’on dit. C’est brut, c’est fort, touchant malgré l’enfonçage systématique des portes battantes. On n’y trouvera pas matière à réfléchir mais c’est tellement bien rappé qu'on a envie de refaire le monde avec lui et pleurer sur notre sort de loser magnifique, de star pathétique. Joey Starr disait qu’il fallait interdire la misère, Vald nous dit qu’il ne faudrait pas vieillir. Les rappeurs sont de grands enfants qui niquent tout sauf maman. En rappant un florilège des expressions douces-amères de sa mère disparue, Vald clôture l’album dans une tendresse infinie qui, moi, m’émeut. Voilà, l’album est fini. La vie continue ?
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- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Pas mal d'eau tiède et de vieillissement qui vient, mais toujours suffisamment d'éclairs perçants.
