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Una Bèstia Incontrolable › Metamorfosi
- 2017 • La vida es un mus MUS 137 • 1 LP 33 tours
lp • 6 titres • 20:57 min
- A
- 1Abric de Plom4:28
- 2No Us Ho Esperàveu2:44
- 3Estic Buit Per Dins4:20
- 4Nosaltres Som La Carn4:26
- 5Tot Sol1:11
- 6Metamorfosi3:47
informations
line up
Guillem El Muro (guitare), Daniel Muerte (Dani El Muerte) (basse), Xavi Soler (voix), Letxón (batterie),
chronique
L'air est toujours lourd, chez ces types là. Ici, il tourne poisseux, carrément, gluant, lèche les murs décrépits, s'attaque aux graffitis, aux « burns », aux fresques et aux slogans peints sur la brique, le plâtre. Tout dégouline. Tout plombe. Tout est pollué.
Metamorfosi, ce sont vingt-et-une minutes de plus dans la tête d'un punk tripé, rendu parano par... Tout, l'environnement urbain, la vie hors-spots touristiques dans Barcelone au milieu des années 2010, les bouffées ou goulées d'on ne sait quoi prises trop fort, trop souvent ? Simplement peut-être le poids d'avoir à se maintenir, soi, avec ou sans ça, ces adjuvants. La musique ne transcende pas – elle consumme, flambe, fait crépiter et gronder le tout (la merde, l'énergie déployée pour en sortir, l'épuisante inertie, la résistance – des vivants et de tout ce qui est mort). C'est encore cette espèce de punk-crust doomy, post-apo, l'impression de traverser les ruines d'une ville, les rues de bâtisses abîmées au volant d'une caisse renforcée, blindée avec les moyens du bord, motorisée pour que ça suive, pour pouvoir charrier la masse des tôles soudées. C'est toujours ce psychédélisme sale – qui déchante, qui dégoûte plutôt que d'envoûter. Le son d'ensemble est peut-être un peu – un tout petit peu – moins épais et cassant qu'avant (que sur l'album Observant Com El Món Es Destrueix, en 2013) mais ainsi les effets y trouvent mieux leur place, encore – dissolvants, soulignant les arrêtes et faisant glisser les charges l'une sur l'autre. Pas besoin de saisir la moindre subtile nuance de la langue crachée sèche – du catalan – pour entendre que ce n'est guère la fête, pas la joie, là-dedans. Pas besoin de saisir le moindre mot, en fait, ou plus que les quelques indices qu'on devine. (Et non, Abric de Plom ne veut pas dire « la brique de plomb » – d'ailleurs ça n'aurait aucun sens, voyons ! … Bon, ça désigne un manteau, une carapace de la même pesante et dure matière). On s'intoxique, oui, encore – on respire ces gaz qui font tousser, chauffer les poumons, expectorer des nodules noirs et gris.
Il y a toujours une sorte d'on ne sait quoi, pourtant, brandi par dessus les débris, là. Une sorte de fierté tête-haute – de ne pas avoir succombé, de se tenir encore vif, pas anesthésié, au milieu de ce bordel, du désastre en continuel mouvement, progrès (tu parles d'un mot), en perpétuelle métamorphose, comme dit le titre. Il faut suivre – enfin non, justement, ne pas suivre, muter soi-même en retour, tout le temps, changer de place et de dosages. Il faut prévoir. Et avoir l'air tout le temps de n'être rien, pas grand-chose de spécial. C'est assez cyberpunk, finalement, leur affaire – sans recours aux machines, aux synhtés, boîtes à rythmes. Une version de la chose avec de la terre, de la boue, de la poussière de terrain vague et du salpêtre de cave mal aérée qui viennent se plaquer, encrasser les carcasses des exo-squelettes.
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