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Like Peter At Home › Volumen

cd • 11 titres • 50:01 min

  • 1Nihilista4:59
  • 2Ningun Lugar Como En Casa2:34
  • 3Icono3:21
  • 4(Miseria Tras la) Mascara de Soberbia4:42
  • 5Redencion3:20
  • 6Soledad Constante2:22
  • 7Tiempo de Cambiar3:23
  • 8En Guerra Conmigo Mismo4:10
  • 9Virus5:27
  • 10Persistancia11:56
  • 11No Mas Discursos3:41

informations

Enregistré, mixé et masterisé par Moncho Campa et Alberto Rodríguez aux studios Reactor, Madrid, du 15 mas au 5 avril 2001.

line up

Andrés (guitare), Raúl (guitare), Kiko (basse), Terry (batterie), Xexux (voix)Andrés (guitare), Raúl (guitare), Kiko (basse), Terry (batterie), Xexux (voix)

chronique

Je l'avais chopé au hasard, celui-là – d'un bac de destockage, genre trois CD pour cinq euros ou par là. Sans connaître du tout le groupe, le label, sur la foi de cette pochette qui m'intriguait un peu – un visuel comme ça, avec pied à coulisse et cette main bizarre, solarisée et comme écorchée... Je m'attendais soit à du metal indus – possiblement de deuxième/troisième zone – soit à de la techno hardcore, peut-être sortie d'ailleurs d'un pâté d'usines proche. On verrait.

On a vu : rien de tout ça, pas vraiment. Like Peter at Home, sur ce deuxième (et dernier) album, c'était certes metal – une sorte de. Au son lourd et sourd, assez terne, plutôt sale. Avec une voix gueulée, un peu coreuse, et des espèces de descentes et dérapages – hors du registre « de confort » probable du vocaliste, peut-être bien, et des chœurs en harmonies grises, sinistres, étalées à plat. Une ambiance étrange, pas tranquille – une énergie massive, intense, mais avec des traces de fatigue, d'épuisement, même, comme de l'usure, des marques de chocs et des coulées d'oxydation. Une couleur, une odeur de cave, de garage, de squat – précisément de ça, vie communautaire dans des murs illégalement appropriés. Tout pour me plaire... Mais longtemps je n'en ai pas été sûr. Le truc m'accrochait – mais son côté rincé, râpé, érodé, me gagnait, immanquablement, à un moment ou l'autre de chaque écoute. Ça parlait – en castillan, le groupe était de Madrid – vie au jour le jour, pécarité, persévérance, adversité. Ça grognait, ferraillait, s'enlisait. Un jour j'ai lâché, laissé l'objet de côté, jusqu'à presque l'oublier. Sa manière de mollesse m'a lassé.

Et puis... Allez comprendre. Récemment, ce nom m'est revenu en tête. Bizarre, d'ailleurs, le nom - Comme Peter (ou Pierre) à la Maison. Et ce titre : Volume. J'ai ressorti le disque, rallumé la platine, et au moment d'appuyer sur « play » j'ai pris ça comme une instruction : il fallait bien MONTER le son. D'accord. Et... Bonne idée.

Like Peter at Home, en effet, ça s'écoute au volume-immersion. Et oui, je ne reviens pas là-dessus : ça déferle en une espèce d'inconsistance apparente. C'est un peu informe. C'est rongé, en fait... Travaillé par une sorte de corrosion interne – au vrai assez sludge. Alternant les phases, les stratégies – ne pas céder un pouce de terrain tant qu'il y a à creuser, à défendre ; glisser, partir, disparaître, trouver ailleurs en un clin d'œil plutôt que se figer, quand tout est pour de bon foutu. La hargne hardcore est bien là, ancrée - c'est la matière qui se délite, pas le noyau. C'est l'enveloppe qui se désagrège, pendant que l'esprit bataille et s'acharne. Contre soi-même, parfois. Pour se dépasser, tout le temps. Ascèse, excès, purge, destruction. On s'engueule par devers soi, en son fort intérieur. Solitude Constante. Ça ne suffira pas : Il Est Temps de Changer.

J'y ai repris goût, allez, à ce disque morne et bizarre, un peu bouillon de culture, un peu créature de Frankenstein des musiques lourdes et déprimées, furax et contusionnées. Il m'aura fait découvrir Overcome Records, aussi – et donc Nostromo, puis quelques autres. J'en viens maintenant chaque fois à bout – on joue à ça, lui et moi, venir à bout l'un de l'autre. Il est toujours moche – c'est que ce qu'il a à dire n'est pas beau. Il n'en fait même pas trop, au vrai – s'il pue un peu la fièvre c'est qu'il s'agite pour expulser, pas qu'il ressasse pour se rendre malade davantage. On y attrape ou pas ce qui traîne, là-dedans, selon dispositions, selon l'état de nos propres santés. Persistancia – l'avant-dernière plage de presque douze minutes – est quand-même une bien belle saloperie noise, acide, qui laisse de sales échardes dans tout ce qui s'y frotte. Pesante, rampante. Étouffe quiconque – chrétiens, anars, agnostiques, toutes confessions et tous apostolats mêlés. Après, plus qu'à conclure – par un « Assez de Discours » ironiquement pas moins bavard que le reste.

Le parfum talé, écaillé, persiste dans le silence qui suit. Pas grand-chose d'autre – mais pas rien. Je me demande ce que ça me dira, une décennie ou deux, encore, après. Ou pas. On n'a hâte de rien, sous cette lumière blême, entre ces murs pelés, granuleux, poudreux.

Bon
      
Publiée le lundi 21 septembre 2026

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