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Carcolh › Twilight of the Mortals

cd • 6 titres • 46:55 min

  • 1For Every Second...08:41
  • 2Ashes Are Falling Down05:57
  • 3The Battle Is Lost06:28
  • 4My Prayers Are for Rain10:18
  • 5Twilight of the Mortals03:4
  • 6Empty Thrones11:42

informations

Heldscalla Studio, Salignac de Mirambeau, France, Avril 2024,
Masterisation au Drudenhaus Studio.

line up

Quentin Aberne (guitares), Benoît Senon (batterie), Olivier Blanc (guitares), Sébastien Fanton (chant), Mathieu Vicens (basse)

chronique

La cohorte de chevaliers attendait, guettant l’arrivée de l’ennemi, prêt à tout pour défendre le village placé sous sa protection. Boucliers et armures brillants sous l’effet des derniers rayons du soleil couchant. Chevaux, impatients, piaffant et hennissant. Quelques rires nerveux s’échappant de l’ost. Soudain, un nuage de poussière à l’horizon. Le voilà ! L’adversaire redouté, redoutable. La nuée, menaçante, avançait avec lenteur, cachant l’envahisseur aux yeux des fiers guerriers gascons. « Attendez mon commandement… » hurla le capitaine à la compagnie. Les chevaliers commencèrent à discerner, émergeant du nuage, une masse informe, monstrueuse. Un cri de terreur se fit entendre parmi les soldats : un gigantesque escargot venait à leur rencontre.

Eh, le doom épique est un genre que je goûte peu normalement. Mais… Mais là ? Avec ce troisième album (le seul que je connaisse d’eux) ? Rarement groupe aura porté aussi bien son nom. Le carcolh : escargot légendaire et monstrueux du Sud-Ouest. Lent, lourd, menaçant. Doom. Ambiance posée dès For Every Second, le premier morceau, avec son introduction rampante, aux guitares pesantes et à la basse rugueuse, rapidement rehaussée de mélodies tristes à la six-cordes et du chant sentencieux de Sébastien Fanton. S’ensuivent un refrain aux chœurs majestueux et des solos de guitares simples, tout en lenteur et en mélodies tristes.

Et de l’émotion, il y en a sur cet album. Affliction, donc, sur For Every Second. Deuil sur My Prayers Are for Rain, avec ses roulements de toms au ralenti, ses coups de caisse claire qui se font attendre, ce chant désespéré, poignant, et ce solo de guitare final de toute beauté laissant filtrer une légère lumière, un peu d’espoir malgré la pluie qui tombe. Sentiment conquérant, belliqueux même, sur Ashes Are Falling Down avec son refrain en chœur, aux discrètes harmonies vocales, que l’on a envie de reprendre, le poing levé vers le ciel. Fatalité guerrière sur The Battle Is Lost avec sa cavalcade heavy metal pesante. Fierté face à l’adversité pour Empty Thrones, avec son introduction de basse agressive, ses guitares plus acérées et son couplet guerrier.

Pour obtenir ce résultat ? Nul besoin de prouesses techniques démonstratives, oh non ! Ici suffisent une section rythmique solide (avec la frappe puissante de Benoît Senon à la batterie et le jeu rugueux de Mathieu Vicens à la basse) soutenant des guitares (tenues par Olivier Blanc et Quentin Aberne) aux riffs et aux solos certes simples mais mélodieux et variés, se livrant à quelques duels et harmonies à l’occasion, et un chant grave, puissant, avec un léger vibrato, capable de se faire solennel, menaçant, fragile mais toujours avec majesté.

Du doom disais-je ? Allons… Heavy metal dans son acception la plus racée plutôt, qui va s’abreuver à différentes sources, qui prend racine dans divers styles. Dans le doom donc, certes, on ne peut le nier : l’influence de Candlemass ou de Solitude Aeturnus se fait en effet sentir tout le long de l’album, avec quelques pointes purement sabbathiennes, comme au détour d’un break sur Ashes Are Falling Down ou sur My Prayers Are for Rain. Dans la NWOBHM aussi, avec ce côté épique qui souffle sur The Battle Is Lost ou Empty Thrones, ces solos de guitares harmonisées ou ce sens de la mélodie piqué à Iron Maiden (le final de Ashes Are Falling Down). Dans un certain rock progressif par ailleurs, avec des morceaux non-linéaires et un interlude émouvant (Twilight of the Mortals) qui fait la part belle aux claviers (dont du mellotron). Eh, on y trouve même des pointes de blues (sur Empty Thrones) ou du Bolt Thrower (sur Ashes Are Falling Down avec son introduction au riff simple tournoyant et à la basse grumeleuse).

Bel album donc, varié, émouvant, fait avec cœur, et ce ne sont ni ce léger accent français qui affleure parfois, ni cette légère longueur sur Empty Thrones (compensée par un final vibrant) qui viendront gâcher le résultat. Le carcolh avança pesamment parmi les cadavres et les blessés : l’ost qui l’attendait avait été balayé tel un fétu de paille par le vent. Qui pouvait se dresser face à son étrange majesté ?

Très bon
      
Publiée le jeudi 3 septembre 2026

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