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Donald Byrd › Places and Spaces

lp • 7 titres • 35:34 min

  • 1Change (Makes You Want to Hustle)5:08
  • 2Wind Parade6:10
  • 3(Fallin' Like) Dominoes4:33
  • 4Places and Spaces6:19
  • 5You and Music5:22
  • 6Night Whistler3:43
  • 7Just My Imagination (Running Away with Me)4:36 [Reprise des Temptations]

informations

The Sound Factory, Los Angeles, 18, 20 & 25 Août 1975

line up

Donald Byrd (trompette, bugle, voix), Harvey Mason (batterie), George Bohanon (trombone), Ray Brown (trompette), Tyree Glenn, Jr. (saxophone ténor), James Carter (sifflet), Fonce Mizell (trompette, clavinet, chant), Larry Mizell (piano, chant), Craig McMullen (guitare), John Rowin (guitare), Skip Scarborough (piano), Larry Dunn (synthétiseur), Chuck Rainey (basse), Mayuto Correa (percussions, congas), King Errisson (congas), Kay Haith (chant)

chronique

jazz / jazz funk de série

C’est d’une banalité à rappeler, mais certains morceaux semblent composés pour nous accompagner dans les moments clés de notre vie : les instants de joie, les victoires face à l’adversité, les creux, les périodes difficiles, les deuils. D’autres, moins marquants, se limitent à un rôle de tapisserie musicale, agrémentant le train-train journalier, les activités qui composent 90% de notre temps.

Places and Spaces ? La BO du quotidien que l’on ne peut éviter. Fade et ennuyeux comme remplir sa déclaration d’impôts, déposer les enfants à l’école ou faire les courses du samedi matin au centre commercial du coin. Pourtant, les moyens sont là : grand orchestre de 16 musiciens, basse funky essayant désespérément d’entretenir la flamme (comme sur (Fallin' Like) Dominoes), quelques cuivres primesautiers (sur Change (Makes you wanna Hustle)) et déluge de cordes sirupeuses. Mais non, rien à faire… Donald Byrd se contente ici du strict minimum, à savoir dérouler un jazz funk générique sans saveur et linéaire. La magnificence des violons proto-discos, simples cache-misères face à la vacuité des morceaux, suggère une promenade dans un supermarché grand luxe, les chœurs manquent de vie (Places & Spaces et ses « ouhouhou » en sont l’archétype), les refrains s’avèrent niais et les rythmes mollassons (à l’exception, peut-être, de You and Music, un poil plus relevé).

Et que dire de Donald Byrd lui-même ? Des solos de trompette qui se limitent à quelques notes suaves lâchées à la volée : bienvenue dans un épisode de La Croisière s’amuse. Il ne faudrait, en effet, pas effrayer le client timide en train de comparer les différentes marques de dentifrice au rayon hygiène. Il y a bien Night Whistler et ses effets d’écho et de wha sur la trompette qui cherche à expérimenter. Mais le résultat, loin d’évoquer Bitch Brew ou On the Corner, laisse plutôt entrevoir ce qu’aurait pu être la fin de carrière de Miles Davis, s’il avait survécu à sa pneumonie, enchaînant les tournées à Las Vegas accompagné de son grand orchestre.

Alors, pourquoi entamer la discographie de Donald Byrd par ce disque enregistré et sorti en 1975 sur Blue Note ? Notre trompettiste, pilier hard-bop du label dans les années 50/60 avant un virage jazz-rock honorablement négocié à la fin 60, découvreur de jeunes talents comme Herbie Hancock, méritait peut-être mieux qu’un disque issu de sa période creuse. Pourquoi, donc ? Hé, parfois, l’envie nous prend de remonter à la source d’un morceau que nous affectionnons, d’en déterminer l’origine. Et, dans notre cas, nous ne nous sommes pas encore penchés sur Wind Parade qui servira de base à deux classiques du hip-hop.

Les aficionados du Enta Da Stage de Black Moon ou du Stress (The Extinction Agenda) d’Organized Konfusion (tous deux chroniqués par Raven ici même) reconnaîtront d’ailleurs sans peine les premières secondes hypnotiques de ce morceau avec ses 3 notes de piano, sa ligne de synthétiseur sinueuse, ses quelques accords de guitare discrets. Cette introduction devient funky et dansante une fois samplée par Black Moon sur Buck Em Down, plus sombre chez Organized Konfusion avec Stray Bullet. Pour ces deux incontournables, une même source avec sa basse gargantuesque et son ambiance singulière. Il est donc aisé de comprendre pourquoi les beatmakers des années 90 ont flashé sur ce passage. Seulement, passées les premières mesures de Wind Parade, retour à un ennui poli. Dommage, l’exercice archéologique s’avère, ici, décevant. Il nous offre cependant un rappel que du lisier le plus pur peuvent naître de magnifiques fleurs.

L’heure de passer à la caisse. Objectivement, l’album n’est pas mauvais, les musiciens jouent correctement, mais le résultat sonne inexpressif. Poussif. La routine. Voilà, peut-être est-ce cela qui me rend aussi sévère : l’absence de risque, de passion. Allez, essayons d’être généreux : il y a certes les toutes premières mesures de Wind Parade et leur descendance qui le sauvent de l’insignifiance la plus totale, quelques moments un peu plus primesautiers ici et là. Et c’est tout. Deux boules donc, chèrement payées, et une enseigne où nous ne reviendrons guère.

Mauvais
      
Publiée le samedi 29 août 2026

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Coltranophile Envoyez un message privé à Coltranophile

Le souci de ce disque, et bien plus sur le «Caricatures » à suivre, c’est qu’il y a pléthore d’idées quasi-visionnaires (le Space-funk sur Caricatures dont j’oublie le titre exact qui fait Zapp….en moche)- celles qui annoncent des prods à la Quincy Jones à venir, et même le Miles sous influence de Marcus- mais que ça ne sonne jamais bien. C’est juste raté, ça sonne plat. Black Byrd est en effet bien meilleur. Byrd n’a jamais vraiment eu l’âme d’un leader. Plutôt un éducateur/mentor (pour Hancock comme dit dans la chronique). Même les disques de «discothèque idéal » de sa période Blue Note mettent en avant ses comparses. Un homme de l’ombre.

sabbath Envoyez un message privé à sabbath

Quand on regarde les crédits, il est clair que Donald Byrd est ici pratiquement devenu un des nombreux prête-noms (avec Johnny Hammond ou même un peu Gary Bartz) des frères Mizell. C'est pourquoi je ne cherche pas à le comparer aux disques 60's de ce bon vieux Donald. Maintenant, même si "la collaboration" avec les frères Mizell a donné de bien meilleures choses (Black Byrd notamment), il m'arrive de l’écouter quand une envie d'ambiance bien cheesy me prend.

avatar Ultimex Envoyez un message privé à Ultimex

Bah, j'ai rien contre les premiers Byrd électriques.

Mais là ? Non. Jazz Funk : j'attends que ça remue, que ça bouge, le grand 8 rythmique. Et à la place, du linéaire molasson, avec des nappes de violons indigestes...

Sans Buck Em Down ou Stray Bullet, j'avoue, je ne me serais pas penché dessus.

avatar dariev stands Envoyez un message privé à dariev stands

Arf, c'est sans doute mon côté sudiste, mais moi je préfère 10 fois ce disque à plusieurs de ses albums 60's, voire à certains classiques "indispensables" du jazz. La croisière s'amuse, oui, certes, mais si on écoutes ne serait-ce que 10 albums de cette époque et de cette mouvance (il y a toute une série arrangée par les frères Mizell... Sans doute surestimés par les fans de funk, ok), on se rends compte que c'est pratiquement le "style" qui veut ça. Ou si on écoute de la City Pop, par exemple. Ou je sais pas moi, la B.O. de Persona... Surtout que là en plus, la pochette de l'album ne raconte pas de salades - contrairement à pas mal de trucs jazz-fusion - : c'est le "Music For Airports" de la génération Soul Train, en gros. Après, ce disque est surestimé, je comprends qu'on lui foute 2, c'est plus les arguments qui me laissent un peu dubitatif. Mais bon, perso, si je chroniquais du metalcore ou du crust, ça donnerait probablement à peu près la même chro, j'ai d'ailleurs déjà du faire 2 3 chros comme ça ! ahem...

SEN Envoyez un message privé à SEN

Je n'aurai certes pas abordé Donald Byrd par cet album, c'est sur c'est du jazz funk assez facile mais moi je suis assez bon client personnellement même si c'est loin d'être son meilleur disque. Les deux premiers morceaux sont super fun quand même.

Message édité le 29-08-2026 à 11:02 par SEN