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Dead Bees In Bourbon › Crystals
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Yen Anetzberger (chant), Arndt Bander (guitare), Ingo Hannen (guitare, basse, synthé), Ben Overmann (batterie)
chronique
Sommeil éternel, immortalité préservée dans l’alcool pour les pollinisatrices comme d’autres sont restés exposés dans l’ambre… Un nom pareil ne pouvait que m’interpeler et stimuler mon imagination. Ces Allemands proposent un rock gothique moderne, celui qui n’a pas peur de reconnaître qu’il aimait le heavy dans sa jeunesse (l’intro de ‘Rooftops of Zion’ est un hommage clair) en même temps que la new wave (traduction: quelques notes de synthé ne font jamais de mal) et surtout qui ne cherche pas l’obscurité brute héritée du punk, plutôt quelque chose de mystique, qui fasse voyager. On songe volontiers aux The Gathering de ‘How to measure a planet’ en moins démonstratif et plus sombre. On sent une recherche d’écriture, la volonté de travailler des structures exigeantes pour des morceaux en constante évolution avec des passages lents, suggestifs, des accélérations, des explosions rapides, des tensions, des moments clairement hérités du goth rock 90’s (‘Quiet pulse’), de la douceur même. L’efficacité mélodique demeure cependant une constante véhiculée notamment par la très belle voix de la regrettée Yen Aneztberg, volontiers mystique, jamais menaçante, plutôt en fonction de guide dans les méandres parfois obscures de ces chansons aux riffs parfois tendus, parfois plus ouverts. De fait, on sent des musiciens doués qui savent user de leur bagage au service de leur musique, sans démonstration stérile et tapageuse. J’en veux pour preuve le jeu de batterie, complet, varié, imaginatif et qui pourtant ne réclame jamais une place narcissique au mixage. Le disque est long (un chouia trop peut être ?) mais tient bien de par la variété de ses climats et l’efficacité mélodique qui ne trahissent jamais la constance. Cet album contient de très belles réussites (‘Quiet pulse’, ‘Awakening’, ‘Song from the abysse’, le plus punchy ‘On your own’, ‘Distant call’…) avant de s’achever par la mélancolie du ‘In the silence of the night’ résonnant étrangement aujourd'hui suite au décès de la chanteuse. Puisse cet unique opus (du genre à révéler des secrets à chaque écoute) servir d’écrin d’ambre à sa voix et son art… 4,5/6
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