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Terry Riley / Don Cherry › Live Köln 1975
- 2013 • Autoproduction KOLN1 • 1 LP 33 tours
- 2016 • Modern Silence OI006 • 1 LP 33 tours
- 2017 • B.Free 6212 CD • Remaster • 1 CD
- 2023 • WHP WHP1474 • 1 LP 33 tours
lp • 3 titres • 40:07 min
- 1Descending Moonshine Dervishes19:44
- 2Sunrise of the Planetary Dream Collector8:10
- 3Untitled12:12
informations
Enregistré le 23 février 1975 dans les studios de la radio WDR, Cologne, Allemagne.
LP bootleg sorti en 2013 : édition sans nom de label (pochette blanche avec un coup de tampon). Version LP bootleg Modern Silence de 2016 : pochette noire à "dessins" blancs. Édition CD B.Free de 2017 : version "officialisée" du bootleg qui circulait précédemment, pochette orange avec la silhouette/portrait de Terry Riley. Version WHP de 2023 : édition bootleg ; pochette colorée avec photos des deux musiciens ; sortie avec comme nom d'artistes "Terry Riley & don Cherry Quartet", aucune mention mention n'est faite de Karl Berger mais les crédits ajoutent Bengt Berger (aux percussions) et Stein Cläesson (au violon et à la basse), bien qu'aucun de ces instruments ne semblent intervenir lors de l'enregistrement.
line up
Karl Berger (?) (vibraphone), Don Cherry (trompette), Terry Riley (orgue)
chronique
« L'autre Köln Concert » ? Certes, cette performance du duo Terry Riley/Don Cherry (à qui se joint à un moment un vibraphoniste – très probablement Karl Berger) dans les studios de la radio WDR, à Cologne, un jour de février 1975, est bien moins célèbre que le fameux live de Keith Jarrett enregistré un mois plus tôt, presque jour pour jour, dans l'enceinte de l'opéra de la même ville. On trouvera d'autres raisons d'y revenir, cependant. Tout simplement : parce que ce que donnent à entendre ces pistes est rare – au sens précieux, éphémère, impossible, une fois passé le moment, à reproduire sans que se perde... L'alchimie ? La magie ? Quel que soit le nom qu'on lui donne... Sans que se perde le moment, justement – où tout s'aligne, tout se répond, advient au-delà des évidences fonctionnelles, mécaniques.
Terry Riley joue là de son orgue – en boucles, en cycles pulsés, basse en ostinato (presque en pédale) sur quoi volettent des mélodies, des motifs, variations et glissements. Des tournes à la fois véloces et comme fixes – des ronds d'ondes dans l'eau sur quoi la lumière change. Tout de suite, on est pris dans le sillon – tourné.e à notre tour, comme les Derviches du Tord Boyau par quoi se nomment la première piste. On nous dit qu'ils « descendent » mais difficile d'y croire – tant ici, immédiatement, les notions de « haut » et « bas » permettent, bougent, s'escamotent. Don Cherry vient faire planer, filer par-dessus sa trompette – timbre haut, ébréché, lignes qui s'étirent et glissent, voix de métal qui chante. Les cycles varient – s'accélèrent, se figent presque, repartent. L'effet est saisissant – et plutôt merveilleux. L'impression frappe d'une simplicité, d'un minimalisme pleins – rien ne peut manquer, dans une telle musique, rien ne peut être en trop. Pas de place pour ça – mais une vaste étendue d'air. Aucun instrument percussif, à proprement parler – conçu comme tel – n'intervient. La chose, pourtant, est toute de rythme – comme elle toute en ces coulées de mélodies limpides (modales ?), d'harmonies que pour une fois on pourra déclarer – sans crainte de verser dans l'à-peu-près New age – célestes, cosmiques. Cette musique l'est car en effet : elle se tient en voûte étoilée, nous la voyons (… ou presque) alors qu'ils jouent, émanent, ce son qui semble ne pouvoir jamais cesser. Cette première plage est ravissante – mais il faut prendre le terme dans son sens le plus direct : qui attrape et emmène, emporte avec soi. Les deux suivantes – moins longues – aussi, d'ailleurs. C'est à chaque fois un monde qui s'ouvre et nous happe – ou le même monde recommencé, parce qu'appréhendé autrement. Le vibraphone, sur Sunrise of the Planetary Dream Collector, nous ballade et nous porte sur ses reflets presque durs, aveuglants, rendus beaux pourtant par un voile qui les dépoli, juste assez. Cette lumière est matérielle – et le corps, à ce moment, ne cherche plus à se distinguer de l'esprit.
Aussi, à ce propos – les voiles, les bruits blancs ou gris, le grain... Précisons-le : le son de cet enregistrement – qui circule, on le disait, sous la forme d'éditions diverses, et très souvent pirates – conserve quelque chose de cru, de brut. La trompette sature parfois, souvent, volontiers, lorsque Cherry pousse le volume, durcit le timbre. On entend le souffle des bandes... ça ne nuit pas, cependant – ça donne, curieusement, encore plus d'espace (d'air... décidément) à cette musique, de matérialité, aussi, une présence très concrète. Ça contribue, je crois, à ce qu'on en sente le poids – si aérienne soit-elle. Bon... C'est presque un détail, c'est peut-être moi qui interprète... Ça n'enlève rien, quoi qu'il en soit, à la force de ces quarante minutes – où l'on entre et dont on sort aussi simplement que l'on cligne des paupières.
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