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Iva Bittová / Pavel Fajt › Svatba

lp/cd • 10 titres • 36:19 min

  • 1Na těle plášť6:50
  • 2Trifonov / Sehen Sie Mich An1:04
  • 3Big Beat2:23
  • 4Strom3:45
  • 5Smích3:45
  • 6Svatba4:52
  • 7Franzouská3:50
  • 8Pták5:00
  • 9Psi3:02
  • 10No přece toč1:58

informations

Enregistré live (en studio ?) en juin 1987. Mixé par Hubl Greiner et K. H. Backes au Kang & Hammer Tonestudio, Constance (Allemagne). Produit par Hubl Greiner.

line up

Iva Bittová (voix, violon), Pavel Fajt (batterie, percussions, métal)

chronique

Chansons de Mariage (Svatba, en tchèque), chansons de village – « qu'il se fasse un village ou bien c'est nous qui s'en allons », disait un autre insaisissable (Jacques Thollot, sur le fameux Quand le Son Devient Aigu, Jeter la Girafe à la Mer de 1971). On invente les coutumes, alors – on reprend le matériau, on le travaille dans un sens qui lui fait passer les frontières – au moment d'enregistrer ce disque la Tchécoslovaquie, le « bloc de l'est » plus largement, ont encore quelques maigres années devant eux (bien assez longues, si on en croit les témoignages de nombres de celles et ceux qui y étaient). Bittová et Fajt sortiront l'année d'après un disque avec le groupe Dunaj – dont le percussionniste restera pour le moment l'un des membres permanents. Elle, se souvient peut-être de son père, musicien itinérant – Slovaque d'origine rom, hongroise, juive, renommé dans le sud du pays. Qu'il se fasse un foyer – un feu, une place ouverte.

Svatba évoque un bestiaire (Pták, l'Oiseau ; Psi, les chiens...), une flore (Strom, l'arbre), un monde où l'humain ne vit pas seul, déconnecté, délié de ce qui l'entoure. Tout fait des bruits, ici, des sons. Le chant, le jeu, ne sont cependant pas « naturalistes », imitatifs – pas vraiment, pas « naïvement ». Mais de chaque chose, être, forme d'être nommés, il tirent des techniques, de la matière, des rythmes, un grain, des distances (intervalles) et proportions. Le rire (Smích) est une allure, un espace.

La voix d'Iva Bittová est extraordinaire – au sens propre, au sens plein. Extrêment souple et forte, capable de s'étirer vers des aigus pointus, cristallins, durs ; de dévaler en un instant les octaves vers la scansion rauque (ou simplement, solidement, pleinement grave). Son violon suit et propulse – motifs staccato, phrasés déliés. Et Pavel Fajt ferraille, fouraille, fait une forêt, lui, de ses percussions – une pulsation qui pousse pour couvrir les collines et les plaines, s'étend, se multiplie, se concentre, se canalise et de déploie. Tout est joué ici en acoustique – pas d'amplification, d'électricité, d'électronique, comme chez Dunaj. Tout est enregistré « live » nous disent les crédits – apparemment sans public mais d'une traire, alors, les deux jouant ensemble, en simultané. En rare synchronie.

Ce disque, ce langage – musical ; mais elle, sur Franzouská, s'essaye à quelque chose qui semble une tentative de trouver les contours de notre parler – se forgent donc en direct. À même le temps que l'enregistrement, lorsqu'on le lance, le lit, nous restitue. C'est une musique sans doute en partie écrite, travaillée, au moins, préparée en amont. On ne saura pas si l'un ou l'autre morceau tient, ci ou là de l'un ou l'autre « folklore », tradition, répertoire – tous sont crédités aux noms des deux musicien.ne.s mais qui sait ce que leur ont soufflé leurs mémoires, fragments, tournures... L'envoi, la dernière piste, dit « eh bien, allez-y ». C'est une invitation, ce Mariage. On s'y rend dans l'habit qu'on veut. « Le Corps dans une Cape », nous dit le titre d'ouverture. On la fera voler au moment de danser.

Très bon
      
Publiée le samedi 8 août 2026

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