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Atrax Morgue › Death-orgasm connector

cd • 10 titres

  • 1I kill sex (again)
  • 2Inside your body
  • 3Just-a-toy
  • 4Wish nothing
  • 5Death-orgasm connector
  • 6A nasty trick
  • 7Inside
  • 8Poisonous mirror
  • 9I know what you need
  • 10The game is closed

informations

SweetSlaughter, Sassuolo, Italie.

line up

Marco Corbelli (voix, sons, effets, manipulations, production)

chronique

Ce qui m’intéresse dans un projet comme Atrax Morgue, c’est sa liberté créatrice hyper low-fi, cette démonstration qu’avec trois bidules et des idées, tu peux concocter quelque chose parce que des fois, quand tu vois le matos des mecs, juste pour faire des murs de larsens… Il n’est jamais très évident de discuter de ce type de musique tant elle relève du ressenti. Si l’on prend le premier titre, tout musiciens raisonnable criera au scandale: des paroles récitées trop près du micro, du frottement, le tout entrecoupé de quelques sons, aucune strate narrative si ce n’est l’impression d’un dialogue entre un tueur et sa victime torturée et pourtant, écoutez-moi ça au casque, vous m’en direz des nouvelles. Il n’est jamais aisé de choisir les albums avec de tels projets dont les géniteurs ont expérimenté toutes les formes possibles d’extrême. Celui-ci m’intéresse de par l’usage des voix. Pas question des hurlements saturés si communs dans le genre, ici, ce sont des feulements menaçants récités, chuchotés tout contre la tête du micro avec tout ce que cela implique en matière de son. Si vous avez vu ‘La maison aux fenêtres qui rient’, c’est exactement le même type de glauque malsain, inquiétant, lubrique, comme dans la scène d’introduction (où il est question de torture dans son aspect mystique justement) qu’il faut regarder en version italienne bien évidemment. ‘Death-orgasm connector’ s’apparente à une compilation de messages enregistrés par un serial killer à sa copine (ou son copain, la mort n’est pas sexiste) qui l’aurait largué… Tous les fantasmes, la haine sourde, l’envie de tuer, sans jamais hurler défilent dans leur dégueulasserie nauséabonde, avec à peine un fond d’infra-basse. Le reste du temps, ce sont des torsions de larsen glacées, sèches, comme si Corbelli imitait des gémissements,, simulait une autopsie intimiste. Autant être honnête, ma préférence va plutôt à des titres comme l’éponyme ou ‘Inside’ qui s’articulent autour d’un embryon de trame (le travail sonore y est plus riche). Mais l’album dans son entier dégage quelque chose; le fan de power electro bas du front lui-même risque d’y perdre son latin tant le rendu est glauque plus qu’agressif. En même temps, je demeure fasciné par la liberté créatrice d’un homme rongé par son obsession de la mort qu’il retranscrit avec au final un matériel rudimentaire et en affirmant une identité forte, pas si courante dans un genre si axé sur l’extrême; d’autant que cet album est plutôt bien équilibré entre morceaux ambient, non-musique, et poussées d’agression…

Bon
      
Publiée le vendredi 7 août 2026

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