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Charanjit Singh › Synthesizing - Ten Ragas to a Disco Beat
- 1982 • His Master's Voice ECSD 2912 • 1 LP 33 tours
- 2010 • Bombay connection BC-302 • 1 CD
lp/cd • 10 titres • 42:41 min
- 1Raga Bhairav5:00
- 2Raga Lalit4:56
- 3Raga Bhupali4:54
- 4Raga Todi4:53
- 5Raga Madhuvanti4:59
- 6Raga Megh Malhar5:02
- 7Raga Yaman5:07
- 8Raga Kalavati5:07
- 9Raga Malkauns5:03
- 10Raga Bairagi5:08
informations
Enregistré aux HMC Studios, Bombay.
line up
Charanjit Singh (synthétiseur, programmation (Roland TBR 303, Roland TBR 808))
chronique
Voilà un drôle d'objet... Comme l'énonce le titre du disque, Charanjit Singh, musicien jusque là surtout connu pour sa participation à de nombreuses bandes-sons destinées à l'industrie cinématographique indienne (versant Bollywood), se propose d'explorer dix ragas issus de la tradition classique, savante, à l'aide d'instruments, de moyens peu communs : synthétiseurs et boîte à ryhtmes. Le titre annonce même un « disco beat », et l'on peut certes l'entendre ainsi. Au vrai, technologie d'époque (1983) aidant, on peut même trouver que le beat en question relèverait une sorte de house music, de techno rudimentaire, balbutiante ! Le rythme est raide, en effet – fixe, se lançant tout de suite au début de chaque piste puis se déroulant à l'infini, à l'envi, par-dessus cette charpente rudimentaire. Et là-dessus les synthés brodent – séquences mélodiques vrillées, morifs de fréquences basses arpégiées, pseudo-clavecin aux résonnances artificielles, robotiques. Le son est très MIDI – en l'état donc de cette technologie à l'heure de l'enregistrement, c'est à dire incapable de produire des sons d'instruments émules « réalistes ». Et à vrai dire... Tant-mieux !
Car ce qui fait la singularité de ce disque – en dehors du caractère avant-gardiste, précurseur, sur quoi s'arrêtent souvent les commentateurs – c'est bien, justement, qu'il embrasse complètement ce parti-pris d'une œuvre « synthétique », dans tous les sens du terme (c'est à dire déployant les textures d'instruments électroniques, alors nouveau ET fusionnant ces moyens, ces possibilités neuves avec le matériau, les matières, manières méthodes anciennes). Qu'on entende ou non les possibles prémisses de l'acide house ou d'une certaine trance – l'allégation revient souvent – au détour de l'un ou l'autre de ces ragas n'est peut-être pas, au fond, la question la plus intéressante. Pas plus, peut-être, qu'il importe de déterminer à quel point le son de Synthesizing... a bien ou mal vieilli – forcément, oui, 1983, bien-sûr, que ça a vieilli ! Non... Ce qui compte, à mon sens, c'est que Synthesizing..., comme d'autres œuvres réputées « en avance sur leur temps », a conservé, au-delà de cette qualité « pionnière » une musicalité propre, ne se limite pas à ce tour de force supposé, à sa définition technique, liste d'appareils et lignes d'énoncés théoriques. Comme par exemple The Expanding Universe de Laurie Spiegel, comme le E2-E4 de Manuel Göttsching, comme d'autres, Synthesizing... existe certes en tant que jalon. Mais comme ces œuvre, il reste unique – le plaisir de l'écoute ne tient pas qu'en l'impression dese trouver à l'orée de l'un ou l'autre genre, au bord d'un territoir jusqu'à lui inexploré. (En passant, à contrario : en quoi le caractère « premier » d'un disque, d'un enregistrement, d'un ouvrage, garantirait-il la qualité, l'intérêt, une fois ce caractère reconnu, énoncé ? Il me semble que ces questions... Diffèrent).
Synthesizing est musical en soi, oui, sa nouveauté depuis longtemps passée. Son charme demeure – sans qu'il y ait besoin de mettre dans ce terme (« charme ») nulle nuance de condescendance amusée. Il se goûte dans l'instant, et longuement. Peut-être, d'accord, un peu trop – longuement ! Ce beat, il est vrai, peut finir par lasser, ainsi sans cesse répété (comme sur un « one riddim album » jamaïcain ? à peu près comme ça, oui). On peut, c'est vrai, apprécier mieux ce disque en le dégustant à petites gorgées, en portions mesurées. Ou décider de d'y perdre, de s'étendre avec lui. C'est vous qui voyez. C'est vous qui verrez. On ne vous impose rien – car ça m'est pas un exercice.
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notes
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Dioneo
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Je le connais depuis peu, perso, mais je le redis : il y a moyen que j'y prenne goût davantage au fil des écoutes/années... Ou pas, c'est vraiment le genre de musique dont la perception peut évoluer sur la longueur, je crois ! (En dehors de, une fois passé l'effet de surprise et de "curiosité" comme tu dis, justement).
Message édité le 29-07-2026 à 13:10 par dioneo
- CeluiDuDehors › Envoyez un message privé à CeluiDuDehors
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Étonnant à première écoute, clairement unique en son genre, non seulement pour l'époque, mais aussi pour le lieu, il n'y a pas beaucoup de musique électronique dansante venue de Bombay dans les années 80! Je suis de l'avis de Dioneo cela dit, musicalement ça passe, mais à petite dose seulement. Une curiosité au final, un de ces ses albums confidentiels qui ont fait surface grâce à internet. Intéressant à défaut d'être essentiel.
- Alfred le Pingouin › Envoyez un message privé à Alfred le Pingouin
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Oui j'assume l'entière responsabilité. Mes 6 boules sont pour le côté attachant/maladroit spontané et du coup franchement unique du disque. J'ai pas écouté tout ça, ça fait rêver !
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Je te dois la découverte de ce disque, Alfred, en passant, je crois - il me semble que c'est toi qui m'en avait causé sur le discord un coup, justement quand moi je parlais du Suns of Arqa chroniqué juste avant.
Sinon j'ai commencé à écouter un autre disque du mec, tout à l'heure (un de ceux qui s'appellent juste Instrumentals)... C'est beaucoup plus "B.O. classique Bollywood), orchestral, mais assez fun et cool aussi. Ah si : ailleurs j'ai vu qu'il y joue aussi d'un accordéon électronique (probablement en MIDI préhistorique, qui permet de "commander" des sons divers avec l'instrument...). Le mec avait l'air d'aimer essayer des trucs.
Message édité le 28-07-2026 à 23:51 par dioneo
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Ah ouais, carrément 6 boules toi !!
It's a trip (mais ceci-dit, il est possible que ma note évolue encore, de mon côté).
