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Suns of Arqa › Cosmic Jugalbandi
- 1999 • Arka sound ARKA CD 22115 • 1 CD
- 2000 • Interchill Records ICHILL CD 008 • 1 CD
cd • 12 titres • 67:09 min
- Based on Raga Bhupali
- 116:30
- Based on Raga Khammaj
- 226:45
- 336:12
- Based on Raga Daneshri
- 445:50
- 553:24
- Based on Assane Folk Tune
- 664:06
- 771:53
- Based on Raga Bhairavi
- 889:44
- 992:59
- Based on Raga Misra Bilawal
- 10105:25
- 11114:39
- Based on Raga Khammaj
- 12129:38
informations
Mixé par John Leckie (1, 2, 4, 6, 8, 10), Youth (12) et Zion Train (3, 5, 7, 9, 11). Produit par Michael Wadada.
line up
Colin Cod (claviers), Gagarin (programmation), Zion Train (programmation), Raghunath Seth (flûte bansurî), Michael Wadada (basse), Youth (claviers, programmation), Angela Eye (tampura), Shabhaz Hussain (tablas, batterie), Johar Ali Khan (violon)
chronique
Dans les traditions musicales (classiques) de l'Inde, le terme « Jugalbandi » désigne une performance en « double solo » – deux musiciens (instrumentistes ou vocalistes) jouant au même « niveau », sans que l'un soit la « star exclusive », que l'autre se contenterait d'accompagner. Ici – sur cet album (à la pochette particulièrement hideuse) de Suns of Arqa – ce sont la flûte de Raghunat Seth et le violon de Johar Ali Khan qui se partagent l'exploration des ragas. Les souffles, traits, développements des deux musiciens se répondent, se complètent, s'amorcent et se continuent. Toutefois, dans ce cas précis, il est permis aussi, je crois, de prendre le terme du titre dans un sens étendu – celui de deux traditions, de deux mondes musicaux, même, qui se rencontrent et dialoguent, avec cette volonté qu'aucune ne « prenne le pas », ne se pose en surplomb, par-dessus l'autre. Aussi : le groupe, le collectif, entend porter le concept, l'exercice, nous dit le même titre, sur un plan « cosmique » !
Suns of Arqa, bande de néo-babos allumés, illuminés, à l'effectif changeant au côté de l'inamovible pivot, pilier Michael Wadada, n'en n'est pas là à sa première tentative. Au moment de sortir ce disque, le collectif existe depuis une vingtaine d'années, déjà, presque autant d'albums, une bonne poignée de collaborations diverses (avec Prince Far I, notamment). Sa musique s'est affinée, tout ce temps, ne s'est jamais fixé vraiment sur une seule place, une seule idée – sans pour autant jamais dévier de son objectif e grand brassage, de communion spirituelle et technologique. Électrique, électronique, elle absorbe, déforme, reforme les timbres issus de mille traditions – perucssions, cordophones divers. Au fil des années, elle glane des tons nouveaux – se procurant de nouvelles machines, ajoutant des banques de son, émulant tel ou telle partenaire au gré des disques et des concerts. Ici, donc – comme souvent, oui – c'est l'Inde. Dix plages basées, donc, sur des ragas (issus plutôt des musiques hinoustanies, disions-nous, du nord du pays) et, en une occasion, d'un air populaire. Et puis aussi – serait-ce là l'autre élément qui se noue, dans ledit Jugalbandi ? – il y a... Le DUB ! Un dub très « növö » – issu de « l'école » anglaise plutôt qu'à la jamaïcaine, ouvert aux techniques numériques, aux rthmes programmés, à l'informatique. Avec toutefois, toujours, le souci d'un son massif – basses enveloppantes et solides, rythmique intoxicante, réverbes qui absorbent et font baver, circuler par capilarité les timbres des instruments acoustiques à travers les couches, les strates du son. Un son à la Zion Train – ceux-là sont d'ailleurs conviés, ici, à programmer certains rythmes ; à la Alpha & Omega, Irration Steppas. Des gens comme ça. Le gros trip, en somme. Mais... Est-ce que ça fonctionne ?! Eh bien pour moi, ici, oui. La chose est consistante – au-delà de l'esbroufe toujours possible, toujours à craindre dans ce genre d'exercice, de contexte. Aucun des deux mondes, en effet, « n'avale » l'autre pour n'en recracher qu'une vague gamme de couleur, une simple atmosphère. Les solistes jouent – comme sans doute ils joueraient sans les machines, concernant les phrasés, les accentuations... ; mais profitant pleinement de l'espace, de l'amplitude que leur donne ce traitement, cet environnement « spatial ». On subodore, d'ailleurs, que les solistes en question, bien que rompus aux vieilles traditions, ont du en croiser d'autres, s'y essayer – on croirait entendre une espèce de blues, de jazz, par exemple, soufflée par la flûte, à un moment de la septième piste.
C'est une musique hybride, bien entendu, mutante, mélangée – qui par ailleurs ne prétends nulle-part à quelque sorte de « pureté » ! De naïveté, peut-être, alors, d'une certaine « innocence » ? Peut-être, oui – mais peut-être pas, pour ma part je n'en jurerait pas. Dans un sens, à sa manière, elle est bien plus pragmatique, pratique, dans ses appariements et tentatives, que bien des fusions davantage théorisées, « justifiées ». comme toujours, Suns of Arqa jouent, pratiquent, construisent avec des voyageurs de passage – cherchant à tirer de la rencontre tout ce qui pourra y survenir, conscients sans doute de la limite du moment autant que de ses possibles... Il faut tout faire le temps que ça dure – puis ensuite, passer ailleurs. Le Cosmos, de toute façon reste imperturbable – à notre échelle, seulement, il peut sembler instable, chaotique. Nous y passons, nous aussi – ils y passent, eux, pour quelques décennies, ces quelques jours de 1999 (à priori) où la chose se joue, où le studio, les bandes, fixent ces douze plages, sans doute ensuite retravaillées, éditées, le mix modifié. Les jumeaux s'entrelacent, en effet – Jugalabandi, apparemment, signifie précisément cela (« jumeaux entrelacés »). Métaphores ou pas, fumées, fumerolles ou non, il est vrai que cette musique sonne vaste et intriquée. Qu'on y tombe ou pas, tête en avant, qu'on la rejette ou non d'un bloc, rebuté par ses allures plastiques, est une autre question – que je me suis plusieurs posée, avant, un beau jour, de finalement basculer pour tomber vers le haut.
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Dioneo
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Je crois que c'est surtout l'option amateurisme total/on sait pas s'en servir mais c'est pas grave qui est activée, de ce côté là de leurs trucs ! (Et pas que chez eux, oui).
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Je me demande toujours si il y a une option spéciale "pochette-moche-faite-par-exprès" dans les programmes de design en infographie ?
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Oui, elle fait nettement pas "à jour" pour l'année de sortie du disque (1999), cette pochette - d'où le taf Amstrad CPC, tu parles des Hancock eighties, c'est à peu près la même idée, le futur vu d'il y a longtemps... Mais sinon oui, je pense aussi que la rigidité/fixité rythmique est choisie, ici, vi qu'en effet ils auraient les moyens de faire autrement. Et pour moi oui, ce choix directement de leur côté électro-dub, des scènes anglaises du style auxquelles ils sont liés, qui cherchent "l'hypnose" par ce moyen là - la technologie permettant mour le coup d'atteindre à cette "fixité" de façon plus "sûre" encore que ne le ferait un section rythmique "humaine". Pas pour rien que Zion Train interviennent sur ce disque... Et sachant que par ailleurs ils amènent "l'organique" par d'autres moyens (la partie improvisée/modale/ragas etc.). Donc oui, fusion - finalement pas si commune dans sa forme et ses composantes.
- CeluiDuDehors › Envoyez un message privé à CeluiDuDehors
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Elle fait même vieillotte d'avant Paintbrush cette pochette, elle m'a fait penser à celles des Herbie Hancock des années 80 (Future shock/Perfect machine).
Concernant l'aspect rythmique, la technologie était là à l'époque pour programmer des trucs non-standards, mais j'ai aucune idée du matos utilisé pour produire cet album. Ils ont un joueur de tabla dans le groupe qui connait certainement les "talas" - le système rythmique indien - donc j'imagine que le choix de la rigidité percussive est dicté par leur base dub. Une vraie fusion donc, qui donne part égale aux deux styles, en vrai c'est assez bien équilibré, j'ai juste pas l'oreille pour ce style je connais vite fait Scientist et à peu près rien d'autre...
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Oui, ça fait très "Paint", cette pochette, quand-même une de leurs plus moches, et on parlend'un groupe assez coutumier de la pochette moche, là, hein...
@Celui du dehors : oui, pour la partie rythmique "fixe" ! Je ne l'avais pas formulé pour moi-meme mais tu mets le doigt sur un truc... Possible que ça fasse partie des facteurs qui m'ont fait pendant longtemps ne pas apprécier plus que ça ce disque ! Après, avec mon oreille pour le coup davantage habituée au dub (et assimilés) que la tienne, je pense que j'y ai "trouve mon compte" autrement sur cet aspect là - parce qu'en quelque sorte la production, l'électronique, font passer ce côté changements/évolutions dans le son lui-même de la partie rythmique, alors qu'en effet ca reste globalement des boucles programmées... ce sont d'autres paramètres qui changent "avec" (pas tut à faire seulement "derrière") les parties des solistes - enveloppes, timbres, répercussions dans le delay... Je ne sais pas d'ailleurs si c'est spécifiquement pensé comme ça mais je trouve que c'est une approche possible d'écoute/d'analyse, en tout cas, "pour ce que ça vaut".
