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Joe Harriott / John Meyer Double Quintet › Indo-Jazz Fusions II

lp • 4 titres • 37:25 min

  • 1Raga Piloo8:38
  • 2« Song » Before « Sunrise »11:06
  • 3Purvi Variations8:55
  • 4Mishra Blues8:46

informations

Enregistré par Adrian Kerridge.

L'édition CD Redial de 1998 est une compilation regroupant sur un seul disque les volumes I (de 1967) et II (de 1968) des Indo-Jazz Fusions.

line up

Coleridge Goode (basse), Joe Harriott (saxophone alto), John Mayer (violon, clavecin), Diwan Motihar (sitar), Chandrahas Paigankar (tambura), Keshav Sathe (tablas), Pat Smythe (piano), Chris Taylor (UK) (flûte), Kenny Wheeler (trompette), Jackie Dougan (batterie)

chronique

Quelque chose semble se détendre, sur ce deuxième volume des Indo-Jazz Fusions. Un changement pas facile à cerner mais immédiatement sensible. L'impression peut demeurer d'assister à une rencontre quelque peu formelle, formalisée – une sorte de sommet, de salon – mais les invités semblent plus à l'aise. De toute évidence, la musique du double-quintet relève toujours de formes très écrites, arrangées, les plages d'imrovisation bien délimitée mais ce cadre ne semble plus contraindre, brider autant les solistes... Certes mais aussi, mais plus important : la partition ne semble plus limiter, freiner l'ensemble lui-même – sa dynamique collective, sa mécanique qui justement, parvient ici à ne pas simplement fonctionner à la perfection, comme un moteur bien pensé, bien rodé.

Certes, le jeu de Kenny Wheeler, par exemple – remplaçant Shake Keane à la trompette – est particulièrement brillant, ici, véloce, inventif, le timbre puissant, incisif. Certes, la flûte de Chris Taylor, de son côté, trouve-t-elle là de nouvelles subtilités, des mises en place et des débits bien plus variés (et « sûrs ») que sur le premier volume. Certes, le sitar de Diwan Motihar éploie-t-il là des textures inédites, occupe-t-il autrement l'espace, s'affranchissant complètement d'un statut «illustratif », de « part 'indienne' dans la 'fusion' ». Mais au-delà de ça, c'est l'écriture elle-même qui se libère, s'assouplit, s'ouvre davantage – qui trouve son... Rythme. Il s'agit bien de ça, aussi – et surtout, littéralement, d'ailleurs. La musique s'écoule autrement, ici – les changements de tempo semblent advenir en vertu de necessités internes aux compositions, aux dynamiques de jeu de l'ensemble – là où, sur le précédent volume, la sensation gênante pouvait survenir, parfois, que ces changements relevaient d'un calcul un peu trop pragmatique, du simple souci de ne pas ennuyer l'auditeur en faisant « tourner » trop longtemps un passage, un motif, l'exploration d'un mode. On notera d'ailleurs l'absence « d'interludes » sur ce disque – pas de Gana ou d'Acka Raga de deux, tois minutes, comme sur le volume 1, qui tiendraient lieu de respirations entre deux longues plages. C'est que le souffle, ici, les « suspensions et densifications » surviennent, s'articulent au cœur même des morceaux. Les formes des compositions varient elles-mêmes davantage, de plus – il semble qu'en assumant la part « classique » (au sens des musiques « classiques européennes »), de l'écriture, de l'approche, Harriott, Mayer et leur double-quintet cessent de se l'imposer comme une stricte contrainte. Ici, l'impression que les musiciens tentent de retrouver, par le biais de procédés d'écriture « classiques occidentaux » (l'art de la fugue ?), l'allure des ragas tels que joués dans la tradition hindoustanie ne « raidit » plus la musique, l'exécution. En grande partie, je crois, parce que Mayer, Harriott et les autres ne cherchent plus à cacher ce... Travail.

Car cette musique est travaillée, oui – et ce disque un œuvre qui s'accepte comme « encore en cours », comme une phase, un moment (d'une progression, d'un flux, d'une recherche). Elle ne se donne plus comme un aboutissement. Ainsi s'accompli-elle davantage, à mon sens – en un paradoxe qui n'est qu'apparent. Ainsi, renonçant à « l'imitation réaliste », trouve-t-elle sa propre cohérence, un plan de consistance où rien ne paraisse « rapporté ».

Bon
      
Publiée le mardi 28 juillet 2026

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avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

@Jacques d. (chaque fois j'ai l'impression de parler à Jacques Denis, que je lisais quand je me procurais encore la presse jazz et dont c'est à peu près la seule plume que j'ai retenu, de cette "phase"... mais probablement pas !) : je ne connais pas tout ça, merci pour les "pistes" ! Dans les musiques indonésiennes plus ou moins "pop" (et pas forcément influencées/concernées par le jazz) il y a pas mal à fouiller, aussi, du côté de la Sunda Pop, du dangdut etc. ... C'est sans fin, ça, encore.

Message édité le 28-07-2026 à 15:13 par dioneo

jacques d. Envoyez un message privé à jacques d.

à Dioneo : j'oubliais... il y a ce sampler de la fin des années 90 qui ouvre des horizons (ainsi que le veut la formule) et des appétits (le label MPS semble encore en vie) : https://www.discogs.com/fr/release/5140960-Various-Jazz-Meets-Asia

La pianiste Irène Schweitzer jazzifie l'Inde avec un joueur de sitar, un autre aux tablas, un troisième au tambura, Mani Neumeier de Guru Guru à la batterie, Manfred Schoof et Barney Wilen comme souffleurs. La vraie surprise vient ici de l'Indonésie et du clarinettiste Tony Scott en compagnie de l'Indonesian All Stars. Tous ces enregistrements proviennent de la seconde moitié des années soixante

avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

Oui, je la trouve assez réussie dans sa relative sobriété, celle de l'édition originale.

Bon, pareil, perso j'ai la réédition CD (avec les deux volumes sur un disque), avec la deuxième pochette - qui joue à peu près sur l'inverse de celle d'origine d'ailleurs, je trouve, qui sort la carte pop/bollywood/psyché niveau couleurs, photographie, l'agencement des typos (reprises pourtant de l'édition de 67/68 en soi)... Alors que la musique renvoit assez peu à tout ça, par ailleurs !

Message édité le 28-07-2026 à 14:13 par dioneo

Indusfreak Envoyez un message privé à Indusfreak

Par contre, ça c'est de vraie belle pochette (les deux d'ailleurs), le genre qui donne envie d'écouter l'objet.