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Joe Harriott / John Meyer Double Quintet › Indo-Jazz Fusions

lp • 5 titres • 40:13 min

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informations

Enregistré par Adrian Kerridge. Produit par Dennis Preston.

Design : Haig Adishian. L'édition CD Redial de 1998 est une compilation regroupant sur un seul disque les volumes I (de 1967) et II (de 1968) des Indo-Jazz Fusions.

line up

Coleridge Goode (basse), Joe Harriott (saxophone alto), John Mayer (violon, clavecin), Diwan Motihar (sitar), Chandrahas Paigankar (tambura), Keshav Sathe (tablas), Pat Smythe (piano), Chris Taylor (UK) (flûte), Alan Ganley (batterie), Shake Keane (trompette)

chronique

Les deux volumes des Indo-Jazz Fusions de Joe Harriott et John Meyer avec leur « double quintet » sont des objets quelque peu... Mythiques. Une réputation, en tout cas, les précède – celle de disques précurseurs, annonciateurs de bien des rencontres, fusions (forcément), miracles à venir. Succédant à l'Indo-Jazz Suite sortie l'année précédente, le premier de ces deux volumes, à en croire certains critiques, chroniqueurs, consacreraient à eux seuls le mariage de deux traditions à priori distinctes, éloignées, jusqu'alors – les musiques hindoustanies (de la partie nord de l'Inde) d'un côté, et un certain jazz moderne (post-bop), de l'autre. Et certes : c'est bien de ça, ici, qu'il s'agit ! Le saxophoniste anglo-jamaïcain (Harriott) vient accompagné de ses musiciens, compatriotes tous bien rodés à un jazz en effet bien actuel, modal, sophistiqué. Le violoniste, claveciniste et chef d'orchestre indien (Mayer) amène avec ses ragas, son sitariste, son tablaiste, le bourdon du tampoura. Et puis ?

Eh bien certes, rencontre il y a bien. Les traditions, mondes musicaux conviés ne se regardent pas précisément « en chien de fusil ». Simplement... J'ai toujours trouvé que sur ce volume-ci, quelque chose peinait à se concrétiser vraiment. Le jeu des solistes est souvent brillant. Les arrangements sont beaux – tout en finesses, harmonisant sans peine des timbres avant cela rarement appariés mais... L'ensemble, à mon oreille, a toujours sonné un peu raide. Empesé, disons – comme si, cherchant le point de contact, les traits communs, Harriott, Mayer et les autres formalisaient un peu trop leurs trouvailles, les figeant quelque peu dans une nouvelle forme de « classicisme ». Un peu comme, ailleurs, certains essais du mouvement « third stream » – certains disques, par exemple, du Modern Jazz Quartet – cherchant à établir des équivalences (absolues, mathématiques, structurelles) entre un jazz « cool », feutré, et les travaux de musiciens européens classiques ou baroques (Bach, pour le plus évident), omettaient d'y laisser l'espace pour chacun, pour un propos qui ne soit pas que cet exercice, de s'y exprimer. Ici, oui, les ragas et le jazz de ces jours-là « fusionnent ». C'est indéniable. C'est, sans conteste, un tour de force. Mais voilà... Je n'y entends guère plus – ni autre chose, surtout. Rien d'autre qu'une beauté purement plastique – exercice de volumes, de perspectives, expériences chromatiques et dynamiques abouties. Rien qui constituerait, d'ailleurs, par défaut, par principe, une insuffisance, un échec – certaines musique ne sont que ça, se suffisent en ça. Seulement il me semble qu'ici, les musiciens, pris individuellement, poursuivent peut-être d'autres visées. Certains solos, chorus, donnent l'impression de vouloir déborder – dépasser le cadre. Mais le cadre, justement, les restreint – les ramène, immanquablement, dans la mesure, les réduit parfois en ornements, morceaux de bravoure qui ne porte pas, ne pousse pas la composition par-delà les limites de l'écriture, de cette... Fusion, on y revient – partition composite mais partition surtout, sinon seulement, page qu'on habille plutôt que d'en faire combustible, aliment.

Ce n'est déjà par rien ? C'est déjà beaucoup – c'est à dire, vraiment, quelque chose. Ça n'en restera, il n'en resteront pas là. Très peu de choses changeront, au fond, de ce volume au suivant – dans l'approche, l'idée. Ce sera, pourtant, comme... Un monde ? C'est bien de cela qu'on parle, je crois. De faire des territoires qui ne soient pas que décors.

Moyen
      
Publiée le lundi 27 juillet 2026

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jacques d. Envoyez un message privé à jacques d.
avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

Non mais oui, Joe Harriott c'est bien, hein... Ce disque sera chroniqué un jour - c'est juste que là je me lance dans une série "musiques indiennes et autres formes" ! Du coup celui-là (et le suivant) étaient un peu inévitables. (De mémoire Abstract est plutôt bon, aussi).

Message édité le 27-07-2026 à 18:54 par dioneo

jacques d. Envoyez un message privé à jacques d.

Pour ne pas se déprendre trop vite de Joe Harriott, je conseillerais plutôt l'écoute de : https://www.discogs.com/fr/release/10642563-Joe-Harriott-Quintet-Free-Form nettement moins exotica certes, mais à l'heure du choix.....