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Eek-A-Mouse › Wa-Do-Dem
- 2008 • Greensleeves records GREWCD 31 • 1 CD
- 2025 • Greensleeves records GREL 31 • 1 LP 33 tours
version lp/cd • 10 titres • 34:13 min
- 1Ganja Smuggling3:48
- 2Long Time Ago3:25
- 3Operation Eradication3:15
- 4There's a Girl in my Life3:26
- 5Slowly But Surely3:22
- 6Wa-Do-Dem3:55
- 7Lonesome Journey2:43
- 8I Will Never Leave my Love3:23
- 9Noah's Ark3:24
- 10Too Young to Understand3:29
version cd remaster à partir de 2001 • 13 titres • 44:37 min
- 1Wa-Do-Dem3:55
- 2Ganja Smuggling3:48
- 3Operation Eradication3:15
- 4Noah's Ark3:24
- 5Long Time Ago3:25
- 6There's a Girl in my Life3:26
- 7Georgie Porgie3:17
- 8Lonesome Journey2:43
- 9One Hot Summer3:23
- 10I Will Never Leave my Love3:23
- 11War Don't Pay3:42
- 12Slowly But Surely3:22
- 13Too Young to Understand3:29
informations
Enregistré et mixé aux King Tubby's Studio et Channel One Recording Studio par King Tubby, Scientist et Barnabas. Produit par Henry "Junjo" Lawes.
line up
Eek-A-Mouse (voix), Roots Radics (musique)
chronique
Une radio pirate, un bout d'histoire racontée, prise en plein milieu, captée sur la ceebee, les ondes courtes ou longues – un type laisse délirer sa voix, en onomatopée, une sorte de scat version « yardie », versant Kingston et collines alentour. Entre les jongleries, les acrobaties vocales, le type parle de charger le van d'une pleine cargaison de beuh, tôt le dimanche matin – des trafics qu'il faut bien perpétrer pour croûter, s'emplir les poches, échapper à la misère. Il cause répression, aussi – le gouvernement de son pays qui tracasse, harcèle les Rastas, les classes populaires, les pauvres, encore, dans leurs quartiers, des flics qui frappent et incarcèrent. Il expose ses convictions – spirituelles, religieuses, politiques. L'amour est un sujet aussi – pas le seul à quoi se raccrocher mais une dimension de la vie à ne pas négliger.
Eek-A-Mouse est une voix singulière, dans cette époque particulière du reggae, de la musique jamaïcaine. Un tchatcheur, toasteur, certes, mais aux inflexions mélodieuses, mélodiques, chantantes, en plus de cette tendance, de cette propension à vocaliser des syllabes sans paroles, purement rythmiques, accroches, conclusions, accentuations dans ses phrases, son débit. L'archétype – si ce n'est le prototype ; on n'est jamais vraiment seul.e à sortir « de nulle-part » – du singjay de ces années là, bête de scène, entertainer qui fourbit ses tours, développe et varie ses skills au micro, sur scène, en sound-system. On ne saurait réduire l'artiste à ce rôle d'amuser, pourtant. Outre que les incessantes figures libres à quoi il s'adonne, dont il nous régale, portent, on l'a dit, une information alternative, en dehors des versions officielles, autorisées, de l'actualité de son pays, du monde au-delà, j'ai toujours trouvé, à cet organe si spécial, une certaine mélancolie flottante, douce, distanciée mais chaude – une sorte de tristesse douillette, confortable, réconfortante, même. J'ai toujours aimé, aussi, la place que se trouve ce chant, cette narration continue, dans la musique, le son où elle se loge – reggae-dub à la fois classique, « roots », solide et rond (ces basses...) mais en quelque sorte épuré, élagué de fioritures qui pourraient étoffer la voix, la parole. Ce n'est pas si anodin que la production du disque, alors même que ce sont des « maîtres » Tubby et Scientist (et le dénommé Barnabas) ont enregistré la chose, est signée Henry « Junjo » Law – un nom, un son qui infléchiront tout un pan de la musique de cette époque, de ce secteur (notamment via les disques de Yellowman – pionnier du dancehall moderne, cru, sexuellement explicite, « slacker », qui éclipsera bientôt largement le versant « Roots and culture » du reggae, sur l'île comme à l'internationale).
De fait, elle brille, cette voix – parfois surlignée, comme infusée de pigments phosphorescents par une réverbe, des delays courts, métalliques, qui la définissent parfaitement dans cet espace à la fois vaste et clos, bien délimité. Elle est bavarde, aussi, elle déroule... Décidément, ce qu'elle raconte tient du communiqué de presse autant que du journal personnel, de bord ou de réflexions notées au fil. On peut trouver que c'est là la limite de l'art du dénommé Souris – Eek-A-Mouse, au fait, était d'abord le nom d'un cheval sur lequel le mec avait parié lors d'une course... Entertainer et joueur, ça se confirme, le gus. C'est également, à mon sens, ce qui en fait tout l'accomplissement, la réussite, sur cet album et sur d'autres – une ambition certaine, une manière sûre et travaillée, mais nulle prétention autre que celle d'exceller dans le domaine, la manière choisie. Une marque de fabrique, certes – mais un mode d'expression réellement personnel, aussi, une personnalité, justement, sous (dans) les costumes, les pas de danse, les ornements vocaux. Wa-Do-Dem est parfait, dans cette optique – et pour cette fois, peut-être encore plus dans sa version rééditée (celle de 2001 et ses repressages d'ensuite), que le séquençage des morceaux rend plus fluide, alors même que des pistes sont ajoutées. Dans l'une ou l'autre des éditions, c'est un plaisir simple mais plein, de s'envoyer ce disque, de le laisser couler, se couler à l'atmosphère, au volume de la pièce. Il s'y adapte – la remplit, la tapisse, parfume l'air où il flotte.
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- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Ah ben, ça tombe bien. Il était dans ma pile reggae en attente (en souffrance ?) depuis un petit bout de temps. C'est l'occasion de l'écouter et c'est pas mal du tout, ça coule tout seul et ça s'écoute facilement. De facture assez classique, plutôt chanté et mélodique que harangué. Je lui mets un bon 4 boules.
Message édité le 19-07-2026 à 12:54 par Indusfreak
- kalcha › Envoyez un message privé à kalcha
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Génial Eek-A-Mouse ! Même si le bonhomme n'a pas très bonne réputation, et que sur scène il se contente vraiment du minimum syndical... Reste que ce disque est cool, et que "Skidip!", le suivant, est peut-être encore meilleur !
Toujours dans mes souvenirs d'itw, c'est Gonja Sufi qui m'avait expliqué que Eek-A-Mouse avait été une de ses influences les plus importantes...
Message édité le 18-07-2026 à 13:20 par kalcha

