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Crunt › Crunt
- 1994 • Trance Syndicate TR-19CD • 1 CD
cd • 10 titres • 36:29 min
- 1Theme from Crunt2:19
- 2Swine3:56
- 3Black Heart3:11
- 4Unglued3:37
- 5Changing My Mind4:17
- 6Snap Out of It3:31
- 7Sexy3:56
- 8Punishment3:56
- 9Spam3:54
- 10Elephant4:00
informations
enregistré au studio The Ranch par Jon Duleavy.
line up
Kat Bjelland (basse, voix), Russell Simins (batterie, voix), Stuart Gray (guitare, voix)
chronique
La pochette collage – avec ses bagnoles sorties tout droit de Crash (le livre de J.G. Ballard... le film de Cronenberg ne sortirait que deux ans après ce Crunt-ci) ou plus simplement de la casse la plus proche (hommage au Zen Arcade d'Hüsker Dü ? … pas sûr, pas impossible non-plus) et ces trois individus moyennement avenants qui vous fixent (à travers ou non des lunettes noires) – met la puce à l'oreille sur ce qui nous attend. La lecture des crédits – qu'on ait cru ou non reconnaître lesdits individus – confirme. L'Australien Stuart Gray alias Stu Spasm, connu pour ses exactions chez Lubricated Goat, entre autres (et autrefois membre de The Beasts of Bourbon) ; Kat Bjelland (alors mariée au précédent), brailleuse et guitare-bruiteuse en cheffe de Babes in Toyland ; et Russell Simins, le cogneur du Jon Spencer Blue Explosion. On se prépare pour de la finesse, donc, une poésie de l’ineffable, un son aux confins de l’étheré.
(Non. Bien-sûr que non !)
Crunt, avec ce nom qui sonne déjà comme une onomatopée vaguement obscène (contraction de grunt et cunt ?), c'est bel et bien du rock brut et crade. Garage suintant, groove défoncé (comme les carcasses auto déjà citées... comme quoi d'autre, voyons), voix éraillées – la Kat ne prend le micro que sur une chanson mais autant vous dire qu'elle y pérore comme à l’accoutumée, pas plus polie, précautionneuse que son jules du moment (le Stu, donc, qui chante... qui vocalise tout le reste, disons). Une musique simple mais cramée, la distorsion déformant tout – pas seulement côté guitare. Du travail net, solide, sous cette prod faite pour tacher, ce jeu qui laisse des marques là où ça tape. Un sens de l'humour aussi propre que le reste – donc pas du tout, pour ceux et celles qui n'auraient pas suivi. Une possible tentative de Red Hot, sur Punishment, avec son simili-rap quand-même pas mal pété – bien plus fendarde qu'une grande partie de l'œuvre des types en question. (Et peut-être aussi ça n'a rien à voir, que le Stu avait tout simplement envie de la scander, celle-ci – mais que voulez-vous, ça me contamine, leur truc, ça me rend con et mauvaise langue comme eux/elle). Vers la fin, même, sur Elephant, ça tournerait presque à une espèce de... Rock indus – OK, mais à la Foetus, alors, ou alors à la Crust (voisins de label, d'ailleurs... puis à deux lettres près on y est), c'est à dire l'acception où le truc (« l'indus ») est une façon de considérer le cambouis comme l'un des fluide corporels, et de célébrer sa communion avec tous les autres. (Oui... Tous. ABSOLUMENT TOUS).
Ces gens-là n'ont pas de gants à perdre, pas envie de prendre le temps (ou mettez ça dans le sens que vous voudrez). Ils et elle ont ces riffs, ces rythmes, ces coups de gueules qui leur brûlent les mains/la peau/les membres/gosiers, balancent ça comme ça, sans traîner, enjoliver, avec seulement l'amour du sale travail bien salement fait. Et même, dans cette optique pas sortable, ça leur confère une certaine classe, ouvertement sagouine – cf le Theme from Crunt en ouverture, parfaite introduction, en effet très cinématographique, instrumentale (anti) héroïque pour nous jeter direct dans cet univers de tôles pliées et de mobil-homes mal isolés, de ruelles mal famées. On s'y plaît vite, on s'y amuse, on s'y laisse aller – il y a de l'ombre et après deux/trois verres (ou bouteilles, on n'a pas tous/toutes la même contenance) on finit par tous fraterniser. En restant sur nos gardes. Parce que n'empêche, c'est vrai, on n'est pas sûr de pouvoir s'y fier. Un verre de plus encore, allez. On prendra garde tout de même, quelque soit le véhicule dans lequel on va rentrer, de ne pas s’asseoir si possible à cette place qu'on appelle « du mort ». (Non... Ça ne veut pas dire le coffre. Quoi qu’avec ces trois là, on pourrait aussi en douter).
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- Damodafoca › Envoyez un message privé à Damodafoca
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Je ne sais pas si les B Boys auraient eu une trajectoire très différente sans Money Mark. il était surtout là au bon moment - même si effectivement tu te rends compte qu'il est en fait l'artisan principale de The Mix Up. C'était des têtes chercheuses, et ils avaient des envies et des idées qui allaient dans tous les sens. Mark n'a pas grand chose à voir là dedans, historiquement, par contre il en est l'outil le plus approprié. et comme ils le disent dès Check Your Head (sur Finger lickin') : "Keyboard Money Mark, you know he ain't havin' it Just give him some wood and he'll build you a cabinet".
Ouais, super label Grand Royal (qui n'existe plus depuis 25 ans). Notamment cette compile trop cool où chacun est invité à faire un morceau avec un MC Roland, At home with the groovebox. Et en effet, Mo Wax, le plus gros problème, c'es Lavelle qui n'a jamais été modeste, mais dont la carrière s'effondre, qualitativement parlant, quand on entend ce qu'est UNKLE une fois Shadow parti (ie. de la musique très passable mais pas nulle). Du coup, je ressors mon Lubricated Goat !
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Ouep, tous ceux-là... Le deuxième Distorted Pony aussi, Instant Winner. Des Californiens, eux (de Los Angeles) mais très à l'aise/à leur place parmis cette bande de majoritairement-texans qui ne tourn(ai)ent pas complétement rond.
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Ah oui, tiens. Je ne me souvenais même plus que Crunt était sur ce label. Un sacré bon label bien destroy avec les Ed Hall, Pain Teens, Crust, etc. Découvert avec une compil' (¡Cinco Años!) bien bastonnante et pas piquée des asticots.
Message édité le 13-07-2026 à 09:15 par Indusfreak
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Ouais, même pour Trance Syndicate. (J'essaye de revenir subtilement danse sujet... C'est lundi).
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Ah oui, Mo Wax était le label "tendance" de l'électro à l'époque, assez unique dans son genre, qui rendait la chose abordable pour le communs des mortels. Si on peut lui attribuer un mérite, c'est celui-là. Maintenant comme je disais, il faut faire le tri mais c'est un peu comme ça avec tous les labels en réalité.
Message édité le 13-07-2026 à 07:50 par Indusfreak
