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Yard Act › The Overload

cd • 11 titres • 37:09 min

  • 1The Overload3:15
  • 2Dead Horse3:38
  • 3Payday2:54
  • 4Rich3:42
  • 5The Incident3:10
  • 6Witness1:20
  • 7Land of the Blind3:00
  • 8Quarantine the Sticks2:40
  • 9Tall Poppies6:21
  • 10Pour Another3:20
  • 11100% Endurance3:45

informations

Enregistré aux Greenmount Studios. Mixé aux Toy boy Recording Studios par Ali Chant. Masterisés aux Abbey Road Studios par Geoff Pesche.

line up

James Smith (voix, chœurs, synthétiseur, batterie, congas, tambourin, programmation, cor), Ryan Needham (basse, chœurs), Sam Shipstone (guitare, chœurs, piano), Ali Chant (shaker, synthétiseur, programmation, piano électrique)

chronique

Le funk d'usines – en pleine activité ou désaffectée, ça dépend de l'heure, des saisons – c'est une peu une tradition, dans ce coin là, l'Angleterre moitié nord, Leeds, en l'occurrence. L'alt-rock – art-alt-rock ? – d'arrière-cours, aussi, derrière, entre les pubs où on se pinte, là où on vient fricoter, pisser (si c'est trop plein là où d'autres attendent en file), dealer/choper ou juste tailler le bout de gras. Ou alors de clubs politiques, de débats d'idées. Le funk d'idées ? Leeds... Gang of Four venaient de là tiens. The Fall, non – Manchester, plutôt, eux (et parfois elles). Happy Mondays, idem... Ou Cabaret Voltaire – Sheffield, ceux-là. On arrête là ? La liste ?

La musique de Yard Act a le côté rêche, la blancheur crayeuse salie de traces noires (suies, crasses diverses) de ces groupes là, de quelques, de nombre d'autres du même acabit. Irrésistiblement dansante et crânement raide, des airs de teuf mais pas amène, cagneuse. Les riffs sont anguleux, la frappe radicalement sèche, la basse mastoc mais ramassée, agile mais trapue. L'électronique pollue encore un peu plus l'air qui circule là-dedans, macule la mécanique, accroche et lubrifie les rouages. Les mecs aiment décocher à l'improviste, sans sourire, un humour absurde, des histoires d'une logique retournée qui sait taper pile (où ça fait rire et mal... Rich, tiens, impeccable impitoyable). On sait raconter, ici. On compose des espaces rudes, on trace des lignes dures, insécables ou cassées, où viennent se loger, que viennent habiter ces drôles d'ordinaires histoires, ces choses qu'ils ont à dire. Avec l'accent du coin – lunettes et manteaux de vieux n'y feront rien : à Londres, dans les cercles, on vous regardera sûrement de travers avec des dictions pareilles.

C'est plus subtile qu'il y paraît, bien-sûr, c'est bourré de détails, en fait. D'inflexions psychédéliques discrètes mais qui tordent efficacement les perspectives (The Overload et ses chœurs...), de guitares qu'on croirait débarquées d'un désert ou de l'autre qui glissent sur la rythmique tapée, tandis qu'on parle National Front et Sham 69 (sur Dead Horse... It's fake news, mate). C'est aussi solide que ça le prétend tout de suite – c'est à dire que ça le reste sur la durée du disque et des écoutes répétées. Ça ne s'arrête pas d'avoir du/de faire sens – comme auraient dit D. Byrne et ses Têtes Parlantes. Ça ne s'en contente pas, non-plus – c'est à dire, si jamais ça n'était pas clair, que ça fait du fun, aussi, que ça fait se remuer, se dandiner, sauter connement dans son salon (et j'imagine, en concert... j'aimerais bien voir un coup ça tiens). Rien de révolutionnaire là-dedans au premier abord – mais le genre de disque, de groupe qui se révèle de plus en plus chaque fois qu'on le remet, qui dévoile ses coups fourrés, la finesse et la robustesse de sa construction, mécaniques et architecture. Le genre de plaisir qui tiraille et détend d'un seul élan – parce que ça vous travaille la viande (pas morte... ça me va, végan que je suis devenu). Parce que ça vous travaille. Parce que ça les travaille, sans doute, toutes ces questions et tout ce qui de toute évidence devrait ne pas tourner si rond/devrait tourner plus rond. Les jarrets se lâchent et les maxillaires se crispent.

Pas d'erreur, on a passé une ligne – vers le nord, on disait. Faut s'agiter pour se réchauffer. On fait ce qu'on peut pour ne pas risquer de rouiller.

Bon
      
Publiée le vendredi 10 juillet 2026

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