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Nadnárodní obrození › F. L. Vztek
- 2026 • Guerilla Records GR 256-2 • 1 CD
cd • 9 titres • 28:54 min
- 1Fotbal Lahváč Vztek1:05
- 2Nikdo Neví2:54
- 3Gareth Bale3:49
- 4Bazény2:41
- 5Filosofie0:50
- 6Karel2:45
- 7Očišťování3:47 [reprise de DG307]
- 8Nazdar Debile5:24
- 9Podivuhodný Margarín5:41
informations
Enregistré par Adam Ryšánek. Mix et mastering : Šaman.
line up
Martin Zikán (chant, synthétiseur), Adam Ryšánek (guitare électrique, programmation, voix),Thomáš Berný (basse, voix), Jakub Černý (guitare électrique et voix sur Nikdo Neví, Očišťování et Nazdar Debile)
chronique
Du nerf ! Et des samples – de radio ou de télé, en tchèque, car ils sont de là-bas et disent tout en leur langue, extraits de réalités prélevés/découpés/collés compris. Et des boîtes à rythme qui claquent – sèches, simples, propulsives. Parfois le son tourne feraille, de ce côté-ci des choses – kling kling klong pendant que les mecs scandent par dessus, braillent, posent, tapent. Les riffs sont gris, dans leur état naturel – post-punk, parfois gothique de ville indus mais repeints à la bombe, en couleurs flashy (entre New Order voire Joy Division et... Happy Mondays ? Manchester/Prague, allez, ça fait un drôte de train). C'est ça, en fait : le groupe relooke les gravats en mobiles, mobilier pour la fête, habillent les carcasse des machines avec des chemises à fleur. Ça ne cesse pas d'être sale pour autant, infecté, contrarié, démoli – ça rend seulement plus criantes ces ruines, ça nous fait voir ce qu'il y a de pas vivant – et de vivant – dans les grandes mécaniques qui s'ébranlent, les transports, les infrastructures, la ville-robot, les centres d'affaire qui poussent du sol jusqu'aux cieux de Smíchov et d'ailleurs. Ça nous agite dans les caves ou dans les combles.
Nadnárodní obrození (littéralement « Renouveau Supranational » – en probable référence, très probablement ironique, à la « Renaissance Culturelle Tchèque », mouvement qui se développa du XVIIIème aux débuts du XXème siècle, et abouti entre autres à la création de la première république tchécoslovaque en 1918), balancent sur scène une énergie bien drue, et communicative. Ça saute dans tous les sens – le groupe comme les spectateurs. S'en dégage une impression de spontanéité brute, de machin jeté tel quel dans, sur l'audience – à nous de l'attraper, de la reprendre, la chose agitée. À nous de l'être, de le devenir, de le rester tout autant. Et sur ce disque ? Eh bien : pareil ! Sauf qu'on a le loisir, davantage, de comprendre ce qui se passe, d'entendre les détails – d'entendre, déjà, qu'il y en a ! Car cette musique, d'apparence « bloc » n'est au vrai pas si, pas vraiment sommaire. Cantonnée à l'essentiel, oui, sa mécanique calculée pour que rien ne l'encombre. Mais pas d'une seule teinte, d'une seule consistance. Elle est pleine de traces et de nœuds – nœuds de genres, assemblages de vecteurs. Souvenirs goth, donc, indus, hip-hop, électro, même techno ostensiblement pas sortable, envoyée sans prévenir à la fin du dernier morceau, par exemple – dont le titre semble signifier La Margarine Merveilleuse... Là encore, je crois saisir la réf : le Mandarin Merveilleux, probablement ? Reste à savoir s'il s'agit là du ballet de Bartók ou de la chanson des Plastic People of the Universe, deux œuvre portant ce même titre. (Je pencherais plutôt pour les Plastics... Après tout, le groupe reprend aussi leurs comparse de DG 307, issus du même underground du temps soviétique, sur Očišťování). Ça chope par surprise, en tout cas, cette poussé limite trance – réjouissante mais sans intention décelable de faire blague. C'est la fête, on l'a dit – mais la fête en colère (ça aussi c'est dans le titre, celui du disque, cette fois), en plus d'être en nage.
Du gros lâchage mais comme on dit : détèr' ! Parce que la vie est chiante, à toujours vouloir se répéter, qu'on ne s'en sort pas, à toujours (la) laisser filer. Parce que dehors, on l'a dit, même dans les quartiers d'usines, la gentrification pousse comme un champignon mort, les injonctions à consommer sans penser, s'éclater sans compter (les morts et la misère que ça pourrait générer... mais c'est ailleurs, les conséquences – et pourquoi regarder ailleurs), bouffer du foot et devenir proprio à crédit. Investir dans le bitcoin... Nan. J'allais dire « plutôt crever ». Mais ça non-plus, en fait. Plutôt jumper. Plutôt se retrouver devant ce genre de purge, se ramasser ces paquets de réflexions et propositions et simples avis de ras-le-bol, quand ça passe dans nos coins. Ou qu'on se trouve dans le leur. Bref. Autant en profiter, tant que ça pleut rude et bon comme ça, pas fait pour nous bercer.
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