Vous êtes ici › Les groupes / artistesMJohn McKay › Sixes and sevens

John McKay › Sixes and sevens

cd • 11 titres

  • 1Zen and the art of nonsense
  • 2Fun on the floor
  • 3The blessed west
  • 4Taken for granted
  • 5Looks can kill
  • 6Sacred measure
  • 7Flare
  • 8Black five
  • 9Vigilante
  • 10Zor Gabor
  • 11Tightrope

informations

Existe en version double cd proposant un EP de prises alternatives ainsi qu'en édition limitée vinyle.

line up

John McKay (chant, guitare, saxophone, clavier, autobasse), Linda McKay (chant), Kenny Morris (batterie), Matthew Seligman, Mick Allen (basse), Graham Dodwall (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Andy Diagram (trompette),

chronique

Aberdeen, septembre 1979. Les Banshees, quelques heures avant un concert, signent des disques dans un magasin. Hélas, le label n’a pas fourni assez de copies au négoce, on utilise alors une série de LPs promotionnels, les fameux ‘Not for sale’, pour palier à la situation. Le guitariste, John McKay voit rouge, il se met donc à en distribuer, Siouxsie serait alors entrée dans une colère noire face à cette initiative non concertée. La goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Probablement. D’un seul coup, sans trop réfléchir, il s’en va en emmenant le batteur Kenny Morris, ce qui mettra leur manager dans une absolue fureur avec menaces de représailles artistiques. De fait, les Banshees deviendront un des groupes les plus influents de la scène obscure tandis que Morris après avoir travaillé sur quelques projets finira par se tourner vers l’art, devenant enseignant et peintre. Le cas McKay est plus complexe car au final, le fameux son des Banshees, au départ, c’est lui. Steven Severin confirmera mais en ajoutant que les arrangements, avec les paroles notamment, étaient un effort collectif. La suite confirmera puisque la Bande à Siouxsie se relèvera de ce coup du sort en signant une nouvelle série de chefs-d’oeuvre. McKay toujours sous contrat avec Polydor est sommé d’enregistrer. Avec l’aide de Morris, de sa compagne (qui deviendra sa première épouse), de quelques autres musiciens, il va enregistrer une poignée de titres et créer un combo éphémère du nom de Zor Gabor qui ne produira qu’un unique mini. Le reste des enregistrements s’en ira prendre la poussière dans les archives de McKay qui laissera tomber la musique pour se reconvertir dans la mode. Ce n’est qu’après 2020 que sous l’impulsion du musicien/journaliste John Robb, puis de sa nouvelle compagne, que John rencontre le propriétaire d’un petit label avec lequel il finit par envisager de ressortir ces compositions oubliées. Après un remaster, nous voilà donc avec son premier album ‘solo’ près de 45 ans après l’incident d’Aberdeen… Quelques informations sont à fournir d’emblée; bien que paru sous son nom et qu’il signe effectivement la quasi globalité des morceaux, l’ Anglais est loin d’être seul, le travail de Linda Clark derrière le micro n’est pas anodin bien qu’elle ait une voix assez banale. De plus, l’unité sonore n’est pas complètement homogène puisque l’on sent clairement les pièces composées pour Zor Gabor avec des apports d’instruments acoustiques et les autres qui auraient pu être jouées par les Banshees (‘Taken for granted’ et ‘The blessed west’ à qui ne manque que la voix de Siouxsie, où le jeu en toms de Morris fait mouche également). Tout ceci étant précisé, ce disque s’écoute avec un réel plaisir, il est certain que John McKay n’a pas usurpé sa réputation de guitariste majeur même si cela lui aura surtout valu un statut culte. L’homme est doté d’un sens de la mélodie évident, a une bonne oreille pour les arrangements. Manque The voice. Linda Clark chante bien, a un timbre investi mais elle n’est pas Susan. Il n’empêche, les deux premières chansons sonnant comme une transition entre les Banshees et Zor Gabor sont de bonne facture avec une touche quasi pop pour la mélodie, alourdie par une orchestration plus grinçante, un sens du détail créatif dans la rythmique; même ressenti pour ‘Looks can kill’. Comme je l’écrivais plus haut, ‘The blessed west’ et ‘Taken for granted’ auraient pu figurer sur les deux premiers disques des Banshees, il en va de même pour ‘Flare’ qui rappelle que John savait jouer aussi un peu de saxo. On se dit que ‘Black five’ aurait pu apparaître sur le troisième opus de la Bande à Siouxsie, quant à ‘Vigilante’, il sonne carrément comme une chute de studio, vocaux compris tant le mimétisme est fort avec Susan. Les deux ultimes pièces rompent cette impression d’entre-deux, c’est clairement du Zar Gabor, (d’ailleurs ‘Tightrope’ avec sa longue intro néoclassique tendue sortira sur l’unique essai du projet) un peu comme ‘Sacred measure’ et ses ajouts de cuivre à la Beatles. ‘Sixes and sevens’ est donc l’un de ces trésors perdus réservés aux aficionados du post punk et du goth avant tout mais qui s’écoute avec un réel plaisir gratuit, permet de disséquer le jeu de McKay, mieux comprendre son apports à la scène gothique. De toute manière, il eût été dommage que ces enregistrements ne soient jamais exposés au public, c'est tout. 4,5/6

Bon
      
Publiée le mercredi 1 juillet 2026

Dans le même esprit, Shelleyan vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Sixes and sevens" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Sixes and sevens".

notes

Note moyenne        3 votes

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Sixes and sevens".

SpikeyD Envoyez un message privé à SpikeyD

Exact pour Geordie Walker. McKay a aussi beaucoup apporté à The Edge, Steve Albini, Thurston Moore, Jim Reid, Kevin Shields, qui ont chacun pris des parties de son jeu et de son style pour en faire autre chose. Sans le post-punk noisy de "Poppy Day", "Taste of cindy" aurait sonné différemment. Et sans le post-punk noisy de "Playground twist", "(When you wake) you're still in a dream" aurait sans doute aussi sonné différemment. En tout cas, "Taken for granted", sur ce disque, est exceptionnel.

Message édité le 03-07-2026 à 05:54 par SpikeyD

Warsaw Envoyez un message privé à Warsaw

je vais m'écouter ça, je crois que son influence a été décisive sur le jeu de Geordie Walker

Message édité le 03-07-2026 à 09:26 par warsaw