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Funkadelic › Cosmic Slop
lp/cd • 9 titres • 35:59 min
- 1Nappy Dugout4:31
- 2You Can't Miss What You Can't Measure2:54
- 3March to the Witch's Castle5:54
- 4Let's Make It Last4:10
- 5Cosmic Slop3:01
- 6No Compute3:01
- 7This Broken Heart3:39
- 8Trash-A-Go-Go2:2
- 9Can't Stand the Strain3:28
informations
Enregistré par Lee DeCarlo et Jerry Estes aux studios United Sound Systems, Detroit, Michigan et Manta Sound, Toronto, Canada. Poduit par George Clinton.
line up
Ron Bykowski (guitare), George Clinton (voix), Ray Davis (voix), Tiki Fulwood (batterie [1]), Tyrone Lampkins (percussions), Cordell Mosson (basse), Gary Shider (guitare), Bernie Worrell (claviers, mélodica, cordes [7]), Ben Edwards (voix), Malia Franklin (chœurs), Debbie Wright (chœurs)
chronique
America Eats Its Young débordait – de tout, de cuivres, de guitares ultra haute température/tension, de styles et genres amalgamés, découpés, réarrangés, de mots, de prêches laïques ou mystiques, politiques et pragmatiques. Cosmic Slop resserre le tir, l'effectif. Il s'en trouve même pour trouver que c'est là qu'elles viennent à manquer, les fameuses grattes rock, psychédéliques, en fusion, que celle d'Eddie Hazel ici absente (bien que lui soit crédité à l'écriture sur Let's Make It Last et Can't Stand the Strain, pourtant), la magie se serait envolée. Pas d'accord, pour ma part !
Cosmic Slop est ailleurs, oui. L'électricité s'y fait moins criante, moins torrentielle. La forme semble moins foisonnante – moins folle. Moins délurée ? Pour moi, non. La musique trouve, ici, une autre souplesse. Une modernité, aussi – vitale, pas de surface, de façade. Le son ne dégueule plus – mais brille toujours autant. C'est là que commence, à mon sens, le Funkadelic, le secteur du P-funk où un certain hip-hop viendra abondemment puiser, s'y reconnaissant – des samples certes mais aussi une certaine idée du son, plus généralement, une perspective, un sens de la boucle et du Style. C'est là, avant cela, que viendra s'abreuver le funk pneumatique des années qui allaient bientôt suivre – le Gap Band comme Rick James, Shalamar et d'autres fourbissaient alors leurs instruments, briquaient leurs pendeloques et concoctaient leurs brouets.
Cosmic Slop – l'album – est « neat », impeccable, encore luisant de fluides mais sculpté au millimètre, proportionné, équilibré. Le trip ne s'est pas éteint, pourtant, Cosmic Slop – le morceau, dont on peut d'ailleurs écouter ailleurs des versions live bien plus... lysergiques – en témoigne. Ledit psychédéliseme, simplement, est désormais plus vaporeux, une aura de goutellettes plutôt qu'un flot grondant, rugissant. Le rock n'a pas été extirpé de là – il se joue, simplement, sur un fil plus étroit, quitte à retourner à une forme à première vue plus fruste, qu'on aurait cru oubliée (No Compute et son allure de boogie en cravate étroite) mais à y revenir, annonçant autre chose qu'un revival, qu'une duplication (le son froid, la manière distanciée de la partie vocale... la chose aurait pu sortir à la fin des années soixante dix, au début des années quatre-vingt, on ne l'aurait peut-être pas trouvé datée).
L'époque n'est plus la même – Clinton et les autres le savent et que, pour rester fidèles à eux-mêmes, il leur faut changer encore, ne pas rester bloqués sur les formules (fussent-elles magiques) des temps finis ou finissants. On parle encore Cosmos – ascendance/d'ascendance depuis une autre planète. On concote, construit, fignole un autre futurisme. On en parle en argot actuel, en langage moins expansif, certes, mais c'est pour rester pertinent. Cosmic Slop, j'insiste, n'est pas un renoncement, pas plus qu'un acte de résignation – il se tient sur ses gardes et à l'écoute, de celles et ceux qui l'entendent, ceux et celles qui le guettent, et du bruit des machines dans la gueule de quoi il ne faut jamais se jeter.
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notes
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- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Je ne me lancerai pas dans les débats sur l'évolution/rapprochement après éloignement des deux entités. J'ai toujours un gros faible pour la triplette "March/Let's Make/ Cosmic Slop". Après le foisonnement d'"America Eats Its Young", le coté compact, droit au but, fait du bien. Moins inspiré, sans doute. Mais plus immédiat. Un Funkadelic de proximité. Qui part quand même assez loin.
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Ce qui reste la raison la plus recevable pour ne pas écouter... C'est sûr !
- Tallis › Envoyez un message privé à Tallis
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Probable, oui, que ça commence à marquer une espèce de glissement vers la suite. Et comme discuté déjà, cette fusion entre les 2 entités me cause beaucoup moins (d'ailleurs je n'écoute quasiment plus One nation.... Là aussi, faudra que je remette une oreille dessus). Pas que ce soit mauvais, bien au contraire, mais ce n'est plus pour moi...
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Alors... En fait je trouve que c'est un peu un avant-goût, cet album, de ce qui se passera plus tard de façon plus globale, dont on parlait il y a peu et que Dariev - et j'ai tendance à être d'accord avec lui là-dessus - fait commencer avec One Nation... À savoir : une sorte de fusion des entités Parliament et Funkadelic, l'idée que ça n'était peut-être plus si nécessaire ou pertinent de distinguer absolument les deux, de sortir des disques où on sera sûr d'entendre l'un ou l'autre groupe. J'ai longtemps été pas très fan de cette approche moi-même mais j'avoue qu'avec les années ça me dérange de moins en moins, voire ça me plaît de plus en plus. Parce que voilà, finalement, le rock psyché, au cour des années 70, était passé progressivement de truc (plus ou moins) underground ou du moins "contre-culturel" à truc plus ou moins intégré dans la culture dominante, grand-public, euh, "global" encore une fois (dans le rock de festivals quand ceux-là devenaient des entreprises bien rodées, le rock de stade ensuite ou presque en même temps, en partie via des gens qui avaient commencé dans ladite contre-culture, cf Grateful Dead etc. ; en partie par des groupes qui avaient émergé en ayant directement digéré ça et en intégrant cette variable, ces idées en tant que styles, esthétique - cf les Eagles, même le rock sudiste de Lynyrd Skynyrd, le hard rock à la Aerosmith). De là, ça me paraît finalement plus dans la lignée du renversement des frontières (de genres, des notions de mélanges formatés/autorisés ou non...) de procéder comme Clinton et cie l'ont fait plus tard de façon durable, et de façon temporaire ici : ne pas choisir de sortir comme au debut des disques calés sur une "marque Funkadelic" et d'autres sur une "marque Parliament", plutôt intégrer sous un même titre le côté soul-smooth, les éclairs électriques, le funk roboratif, les semi-blagues/semi-machins déchirants croonés ou gospel...
En passant je me souviens d'un truc qu'avait dit Clinton dans une itw lue il y longtemps : il affirmait qu'à un moment la critique avait cessé de chanter les louanges de son/ses groupes, en décrétant qu'ils étaient devenus moins intéressants... Mais que dans le même temps, des disques qui avaient plutôt mauvaise presse (Tales of Kidd Funkadelic ou The Electric Spanking of War Babies étaient ceux qui plaisaient le plus au public, se vendaient massivement, y compris dans la communauté afro-américaine, là où ceux du supposé "âge d'or" étaient justement plutôt les chouchous de la critique rock, pas forcément au jus ni désireuse de l'être quant aux développements contemporains des musiques soul, funk etc., beaucoup moins écoutées par un public de hippies (et post) resté scotché sur le rock, justement, y compris quand celui-là devenait un truc un peu tristement "classique", plus tellement audacieux (mais "validé" par ses racines encore une fois contre-culturelles... pas sûr d'ailleurs qu'on en soit beaucoup plus loin aujourd'hui pour un certain type de "public rock").
Mais bref, Clinton il me semble précisait aussi que ces albums étaient également ses préférés perso, avec le recul des années. (Il causait aussi du hip-hop et de son regard qui avait changé là-dessus passé la première phase "ah les saligauds ils pillent notre musique", de l'autofinancement du dispositif scénique démesuré des tournées des années mi-soixante-dix avec arrivée du Mothership etc., du jazz découvert sur le tard finalement par le groupe, qui s'est trouvé à un moment frappé par l'idée que "faire des gammes ça pouvait être faire pleinement de la musique"... Passionnante, vraiment, cette itw, je regrette presque de m'être à un moment débarrassé de mes magazines pour cause de déménagement, pour celle-là et quelques autres articles).
- Tallis › Envoyez un message privé à Tallis
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Or donc : beaucoup plus consistant que dans mon souvenir... jusqu'au morceau titre. Les quatre dernières pistes "ronronnent" un chouia trop pour du Funkadelic.
