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Blind Idiot God › Blind Idiot God

cd • 10 titres • 42:28 min

  • 1Stravinsky – Blasting Off2:17
  • 2Shifting Sand3:38
  • 3Tired Blood5:00
  • 4Wide Open Spaced4:59
  • 5Subterranean Flight4:47
  • 6More Time2:36
  • 7Dark and Bright4:51
  • 8Wise Man Dub4:33
  • 9Stealth Dub4:43
  • 10Raining Dub5:00

informations

Enregistré au BC Studio par Martin Bisi.

line up

Ted Epstein (batterie), Andy Hawkins (guitare), Gabe Katz (basse)

chronique

Ah ! Oui... Blind Idiot God. (Ça donne B.I.G., si jamais... Ça vient de chez Lovecraft, aussi – l'un des petits noms d'Azathoth, peinard dans son Ultime Chaos). Une certaine idée des années quatre-vingt dix « fusionnelles », portées sur les mélanges et les collages, le funk, le dub, les riffs en fonte avec lesquels jongler, le groove et le boucan, le metal « moderne » et le jazz compliqué ramené dans un spectre où des jeunes en shorties pourront comprendre ce qui se passe. Une espèce de quintessence, même, peut-être bien, de tout ça, une version impeccable, en tout cas, irréprochable, sur toute la disco, le parcours.

À ceci prêt que là... Eh bien on n'y est pas encore, dans ladite décennie. Seulement en 1987. Et que le son, lui non-plus, n'y est pas encore tout à fait, s'attarde encore un peu dans la fin de période en cour – question de studios pas encore équipés comme bientôt ? D'habitudes de production pas encore mutées, changées ? La profondeur, en tout cas, n'est pas tout à fait la même – pas forcément moindre mais différemment agencée, les plans de perspectives plus nets et plus fixes que sur les disques suivants. Difficile à dire précisément pourquoi mais quelque chose là-dedans me fait penser aux expériences (les moins grindcore et les moins free) de John Zorn (qu'ils inviteront d'ailleurs sur un morceau bonus de l'album suivant, Undertow) à peu près à la même époque. Aux expériences contemporaines de Bill Laswell, aussi (qui produira comme de juste Undertow, justement), c'était presque obligé vue la donne – mais « en pas chiant ». Même mélange de rondeur et de froideur, même pesanteur aérée, aérienne. Une sorte de Painkiller avant l'heure, alors ? Mmmm... Non-plus. Ça perche plus, ça n'écrase pas toujours moins mais ça ne vous enfonce pas. Le dub, aussi, on y revient, est peut-être plus « direct » qu'il le sera chez ceux-là – il ne sonne pas rapporté d'ailleurs, il fait partie de la substance de base. Il s'en nourrit et la construit, l'exsude et l'avale, l'inhale. C'est déjà délectable, environnement mouvant qui transforme le son en autres sensations (thermiques, chromatiques, dynamiques, tactiles). On sent qu'ils cherchent encore un truc, « le » truc ? Mais c'est d'ores et déjà abouti, sans manque – et faisant usage du vide et du plein avec une même maîtrise libérée, ouverte.

Et Raining Dub, à la fin, ce n'est pas une « version » de Raining Blood (de Vous Savez Qui). C'est une espèce... D'ouverture, ça aussi. L'horizon qui soudain s'élargie, s'illumine, semble s'approcher ou bien nous aimanter. Le balancement reggae, la ligne de basse pulsée, enflée/arrêtée/enflée etc. joués tels-quels, sans déplacement vers les accents d'un autre genre, le son clair. Mais... Pas pareil, pourtant. On ne s'y trompera pas – ils n'essayent pas de faire ça. Ce sont trois types de Saint-Louis Missouri, diversement barbus et avec/sans lunettes – pas trois rastas de Saint-Ann's Bay, Jamaïque, aux chefs couverts de dreadlocks. C'est un autre monde. C'en est, ce disque, la porte d'entrée. C'est à mon sens, cette dernière piste, une sorte de sas vers leur musique d'après. Là ou tout ça, sans changer du tout au tout, atteindra une autre dimension – où le Dieu Idiot Aveugle fera pleinement son habitat.

Bon
      
Publiée le vendredi 26 juin 2026

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notes

Note moyenne        5 votes

commentaires

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avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

Oui, celui-là a un son plus proche du dub JKB etc., c'est vrai, et en effet une variété de froideur toute particulière - le reste de la disco en use aussi, du froid, mais c'est pas tout à fait le même.

Message édité le 28-06-2026 à 20:16 par dioneo

born to gulo Envoyez un message privé à born to gulo

Quand vous voulez la réédition, cependant. J'ai mal à mon discogs.

born to gulo Envoyez un message privé à born to gulo

Ha mais voilà, là d'accord c'est très Black Flag comme j'aime ! Avec en croisement tout le pan froid/anguleux/mécanisé du metal anglais, Birmingham tu connais... Là je vois pourquoi y a eu un machin Broadrick/Hawkins chez Sub Rosa (à moins que ce ne soit NJB à la place de JKB, je sais plus). En fait ça part d'avant Godflesh, les grattes passeraient crème sur une version hardcore du Killing Joke des débuts. Je capte pourquoi Powa est fan, de par le fait.

Message édité le 28-06-2026 à 13:26 par born to gulo

avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

Redhotesque ou Fishbonesque, Livingcolouresque, 5uus'esque sans doute... Bad Brainesque assez nettement pour moi, aussi, versant I Against I/Quickness donc, plutôt que les débuts HC.

avatar GrahamBondSwing Envoyez un message privé à GrahamBondSwing

Ah oui, des influences métal extrême en 1987, je pense aussi que ce n'est pas si courant (pour des musiciens qui semblent issus d'une scène différente, enfin je crois)... La première partie est toute à fait surprenante ! Je suis moins étonnée par la deuxième partie qui commence par un morceau "RHCP compatible" (c'est pas un reproche), mais très belle découverte dans l'ensemble. Je ne vais pas trop tarder à écouter les suivants...