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Augustus Pablo › King Tubbys Meets Rockers Uptown
cd • 12 titres • 35:49 min
- 1Keep On Dubbing3:11
- 2Stop Them Jah2:52
- 3Young Generation Dub2:35
- 4Each One Dub2:55
- 5555 Dub Street2:44
- 6Brace's Tower Dub2:53
- 7King Tubby Meets Rockers Uptown2:34
- 8Brace's Tower Dub No. 22:58
- 9Corner Crew Dub3:07
- 10Skanking Dub2:44
- 11Frozen Dub2:54
- 12Satta Dub4:22
informations
Enregistré et mixé aux studios Randy's, Kingston, Jamaïque et King Tubby's, Kingston, Jamaïque, entre 1972 et 1975
En fonction de l'édition et du label, la tracklist peut être légèrement différente.
line up
Aston "Family Man" Barrett (basse), Bobby Ellis (trompette), Vincent "Trommie" Gordon (trombone), Richard "Dirty Harry" Hall (saxophone ténor), Augustus Pablo (mélodica, piano, clavinet, orgue), Robbie Shakespeare (basse), Earl "Chinna" Smith (guitare)
chronique
Les musiques qui font voyager dans les limbes de son esprit, qui mènent vers un ailleurs indéfini ne se limitent pas au rock psychédélique (et associés) : ce ne sera une découverte pour aucun de nos lecteurs. Et pour qui aurait envie d’ouvrir ses portes de la perception en empruntant des chemins de traverse, des sons autres, le dub, et notamment ce King Tubbys Meets Rockers Uptown d’Augustus Pablo, s’impose comme un candidat idéal.
Oh, ce n’est pas la première fois que Horace Swaby, plus connu sous le nom d’Augustus Pablo, croise la route du roi King Tubby. Ainsi, Augustus Pablo s’était déjà tourné une première fois vers le papa du dub pour le mixage de son deuxième enregistrement officiel, Ital Dub, sorti en 1974. Un album sympathique mais sage au regard des expérimentations développées par le Roi. Les choses seront différentes pour King Tubbys Meets Rockers Uptown, troisième album sorti deux ans plus tard, en 1976. Des enregistrements qui s’éparpillent entre 1972 et 1975, des musiciens de session prestigieux (Robbie Shakespeare de Sly & Robbie et Aston "Family Man" Barret des Wailers à la basse, son frère Carlton Barrett, autre Wailers, à la batterie, Earl "Chinna" Smith, collaborateur de Jimmy Cliff et Bob Marley, à la guitare et Richard Hall, Vin Gordon et Bobby Ellis, autres vétérans de premier plan, aux cuivres) et, surtout, un King Tubby qui se lâche complètement derrière ses consoles.
Pourtant, le disque commence relativement sobrement en termes de remixage pour notre ingénieur du son avec deux morceaux aux cuivres bien présents (Keep On Dubbing et Stop Them Jah). Augustus Pablo, lui, s’amuse avec quelques notes au piano et à l’orgue, ça tangue, ça chaloupe. Mais, déjà, de l’écho, de la réverbération qui brouillent les sens, les perceptions, permettant ainsi de décoller en douceur. Premier léger trou d’air avec un Young Generation Dub au thème sympathique mais peu chargé d’effets et aux cuivres trop envahissants. Puis les choses vraiment sérieuses peuvent commencer.
A partir d’Each One Dub ? L’ambiance se délite, le morceau se recentre sur une ligne de basse puissante et hypnotique, des percussions bardées d’effets (réverbération, compression) et la musique est ponctuée de furtives apparitions de chant, de piano, d’orgue, d’accords de guitare noyés dans l’écho. Le dub se fait ici plus dépouillé et, paradoxalement, plus psychédélique, la perte de repère dans un contexte aussi minimal étant démultipliée par le moindre effet sonore. Cette désorientation s’accentue à partir de 555 Dub Street avec l'apparition du mélodica, instrument popularisé par Augustus Pablo aux sonorités proches de l’harmonica ou de l’accordéon. Noyées dans les effets, les interventions de Pablo recouvrent le morceau d’une brume sonore nostalgique.
Le trouble s'accroît jusqu’à King Tubby Meets Rockers Uptown, version dub du Baby I Love You So de Jacob Miller. Un classique du répertoire d’Augustus Pablo, au rythme dansant et, surtout, accompagné d’une belle mélodie minimaliste au mélodica avec quelques accords de guitares pleins d’écho en contrepoints.
Puis l’ambiance redescend d’un cran avec Brace's Tower Dub No.2, à la mélodie moins inspirée et un rythme qui se traîne. Court aparté dans les faits, la rêverie sonore reprenant sans interruption jusqu’à la fin de l’album avec ce dub minimaliste axé basse / batterie relevé de quelques notes d’instruments divers propice à la divagation cérébrale (Skanking Dub et Frozen Dub étant particulièrement représentatifs sur ce plan-là).
Divagation cérébrale ? Oh oui, l’image semble particulièrement appropriée pour une musique aussi introspective, gorgée de faux semblants, de chausses-trappes sonores. La désorientation est rapide et, une fois le Minotaure de la réalité occis, nous voilà à naviguer dans un labyrinthe mental avec, comme seul fil d’Ariane, cette ligne de basse qui avance inexorablement et où les occasions de sombrer dans les méandres de notre esprit sont nombreuses. On peut donc s’y perdre dans cette musique ? Oui, mais avec plaisir, celle-ci ayant son propre rythme, confortable et apaisant. Album pour rêver, pour rêveur, donc, où l’envie de revenir à la réalité est nulle si ce n’est le temps de rappuyer sur Play une fois le disque terminé.
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- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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@ Ultimex : Vais aller y faire une tour malgré que je préfère toujours avoir un support physique entre les mains.
Message édité le 27-05-2026 à 15:44 par Indusfreak
- jeanmichel › Envoyez un message privé à jeanmichel
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Un disque historiquement essentiel. Au-delà, j'avoue rester à l'écart du disque.
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Ultimex
› Envoyez un message privé à Ultimex
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@Indusfreak : le lecteur Bandcamp sous la tracklist t'attend dans ce cas.
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Hélas, je n'ai que le "Rockers Meets King Tubbys In A Fire House", un peu plus tardif semble-t-il et d'autres trucs de Pablo tout seul. Je ne peux pas le comparer mais celui-ci m'avait bien plu, bien qu'un chouia rachitique niveau son.
Message édité le 27-05-2026 à 07:15 par Indusfreak
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moustache › Envoyez un message privé à moustache
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La même que Giboulou par ici. Mais c'est probablement affectif vu que East a été mon 1er.
Sinon la musique d'Augustus Pablo a un charme fou. Entre voyage solaire et envoûtement moite ; ou l'inverse.
Je suis très loin d'être spécialiste Reggae/Dub mais ça me semble une bonne entrée en la matière. En tout cas ça l'a été pour moi.
