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The Residents › Doctor Dark
- 2025 • Cherry Red / MDV Audios CDBRED915 • 1 CD digipack
cd • 16 titres • 76:23 min
- 1Prelude/Metal Madness5:31
- 2White Guys with Guns5:06
- 3Maggot Remembers3:55
- 4Tension5:08
- 5She Was Never Lonelier4:20
- 6The Gift5:12
- 7Remembering Mother4:23
- 8Contemplation3:57
- 9Survived4:31
- 10Calm Before6:00
- 11Circle of Horns3:52
- 12Unchanged5:37
- 13The Gift Keeps Giving2:55
- 14A Choice ?5:09
- 15Ol' Man River3:47
- 16Take Me to the River7:00
extraits audio
informations
San Francisco Conservatory of Music, San Francisco, USA.
Les titres 1 à 4 constituent l'Acte 1, les titres 5 à 8 le second, les titres 9 à 16, l'Acte final.
line up
The Residents (musique, voix)
Musiciens additionnels : Melinda Martinez Becker (chant alto), Jeremy Mojado (trombonne), Doug Machiz (violoncelle), Chelsea Hollow, Daniel Cill, Melinda Martinez Becker, Michael Desnoyers (choeurs), Jacko Wong (chef de chorale), Brendan Lai-Tong, Jeremy Mojado, Nate Berry (cor), Friction Quartet (cordes), Kevin Rogers, Otis Harriel (violon), Sot Moore (viole), Chelsea Hollow (chant soprano), Daniel Cill (baryton)
chronique
‘Et le prix du plus iconoclaste des groupes revient à (silence)… The Residents !’ Clap clap clap. Aucun combo n’aura été si punk, aucun combo n’aura ainsi disséqué, désossé, réadapté la musique et seuls eux pouvaient écrire un opéra baroque sur un thème aussi trouble que la tentative de suicide de deux adolescents en 1985, l’un d’eux finissant complètement défiguré avant de mourir quand même quelques années plus tard des suites de complications liées à ses blessures. L’histoire aurait pu n’être qu’un fait divers tragique si les familles n’avait cru bon de mettre cet acte sur le dos de Judas Priest qui auraient placé des messages subliminaux dans leurs albums. Bien sûr, elles seront déboutés (Rob Halford relèvera qu’ils n’auraient aucun intérêt à pousser leurs fans à la mort et que si message il devait y avoir, il serait plutôt du genre ‘achetez plus de nos disques’); ayant moi-même vu un reportage sur l’affaire en question, vu l’environnement des deux garçons, il n’était guère difficile d’avoir envie d’en finir et un cancan de canard aurait pu mettre le feux aux poudres. Nos ovniesques Américains en ont donc tiré un opéra en trois actes, le premier débutant par des chants d’oiseau, des cordes tristes, faisant soudain place à un riff metal lourd, grinçant, avec batterie menaçante, des cris (‘I hate you’, ‘You hate me’, ‘I hate you too’) dans une atmosphère de chaos digne des moments les plus violents de ‘A new form of beauty’ des Virgin Prunes… De haine de soi, de la mort de l’innocence, de la fascination pour ce canon de fusil, il en sera beaucoup questions et seuls les Résidents pouvaient parvenir à émouvoir avec un thème pareil. Après le chaos électrique, le néoclassique reprend brièvement le pas avec montées de cordes puissantes puis tout semble s’éteindre tandis qu’une voix conclut tristement: ‘I hate me, I hate me, I hate me too’. ‘White guys with guns’ amorce un thème musical récurrent du disque comme une sorte de fantôme. Veine symphonique type Laibach, l’emphase en moins, emmenée par un thème rock baroque sur fond de requiem, de distorsion, avec ces paroles si terribles, ‘Nothing but a gun will ever save me’, entrecoupée de choeurs, de passages chantés, de récitations, de pseudo extraits de reportages sur le sujet. A mon sens, les Résidents ne sont jamais si bouleversants que lorsque ils sont ‘accessibles’. A l’instar de Virgin Prunes ou Coil, ils parviennent à tirer de l’émotion du chaos. Les alternances de passages grinçants, les harmonies néoclassiques menaçantes conduisent l’opéra dans une direction pesante, intense, trouble, avec des vocaux digne du théâtre de la folie de Artaud. Certains passages sont obsessionnels, aussi inquiétants qu’un film d’horreur avec la méchanceté du verbe en prime: ‘Life is just a jizzy pisshole full of farts and empty manholes’… Nulle contemplation gratuite et malsaine, c’est tout le talent, ‘Tension’ fend le coeur avec ses pleurs, entrecoupés de coups sourds, ces bribes de narration journalistique glaciale… Tout le reste ne sera que montées, apaisements tristes, bruits, déviances, voix passées aux effets dans une forme de tragédie grotesque à l’image du fait divers. Comment deux adolescents alcoolisés peuvent-ils en arriver à passer un pacte suicidaire sans réellement le vouloir, comme une force les dépassant (les confessions du survivant à l’époque avaient quelque chose de profondément déprimant) ? Toute cette partie dégage quelque chose d’un paysage après le passage d’un cyclone. Pour arriver lors du second acte à cette phase d’humanité terrible sur ‘Calm before’ avec ses cordes délicates, ses orgues et sa voix qui confie: ‘I was once, juste like you’… Est-ce Dr Dark (parallèle avec la figure du Dr Kevorkian, un homme qui fascine le groupe) ? Qui est-il d’ailleurs ? La Mort ? Une forme de jumeau funèbre du survivant, James ? C’est un moment émouvant, très humain dans sa fragilité, parmi des sonorités inconfortables, inquiétantes, des voix spectrales torturées errant dans les limbes. L’acte final opère une forme de synthèse entre les deux, entre l’intrigue orchestrale, la passion heavy metal, des structures industrielles, les souvenirs en vrac: ‘I dreamt I saw St Augustine, my heart was in his hands, his smile turned everybody green…’ sur ‘Circle of horn’s. Inutile de le cacher, cette dernière partie dure un peu mais la conclusion (‘Take me to the river’) reprenant les chants d’oiseau du début, comme pour achever un cycle vaut l’attente. C’est un peu comme si une impression de paix s’élevait péniblement de ce champ de ruines avec les voix implorant ‘Take me to the river’ (le Styx ?) dans une ambiance de tragédie avec roulements martiaux et cette dernière phrase, calme, inéluctable: ‘This is the end’… Après tant d’années de carrière, boucler une telle réussite sur un thème pareil, chapeau ! Chacun en tirera ce qu’il en souhaite mais, personnellement, c’est un peu comme si les Résidents avaient composé un requiem désaxé pour permettre à l’âme des deux jeunes gens de se libérer du poids de l’histoire, usant d’un devoir de mémoire pour leur permettre de redevenir anonymes quelque part dans le cosmos loin de l’encre de journaux à sensation…James Vance après sa tentative ratée avait écrit: ‘Je crois que l'alcool et la musique metal, comme Judas Priest, nous ont conduit au point de croire que la réponse à la vie était la mort ».
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notes
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commentaires
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- Vilain Barbu › Envoyez un message privé à Vilain Barbu
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Hmmm, j’ai vraiment l’impression que je devrais arriver à rentrer dans celui là, vu sa ressemblance avec Tweedles! qui est mon préféré mais… Je n’y arrive qu’à moitié.
Peut-être parce que j’ai l’impression tout du long que c’est pas des vrais instruments mais des samples, là où dans Tweedles! on avait quelques intrus qui se baladaient ? Mais en même temps, chez les Residents, on a eu pire en matière de sons…
Je sais pas. Mitigé. J’y reviendrai.
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Rastignac
› Envoyez un message privé à Rastignac
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Cette histoire est profondément marquante. J'avais vu un documentaire à ce propos il y a des années. La tronche du gamin reste en mémoire. La mauvaise foi des familles aussi. Et le pauvre Rob se démenant devant le juge, d'une patience infinie à écouter quinze fois un de leurs morceaux à l'envers... de l'enfer concentré dans un Kub Or. Pas étonnant que Residents en ait fait un opéra, c'est du pain béni pour disséquer l'humain.
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Shelleyan
› Envoyez un message privé à Shelleyan
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Monsieur est connaisseur :0)), c'est vrai que dans le genre humour noir...
Message édité le 21-05-2026 à 23:37 par Shelleyan
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torquemada › Envoyez un message privé à torquemada
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Même pas « Stained Class » en reco ? Je ne serai le toléré!!!!
