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Dionysiaque › La Tourbe des Rêves

cd • 6 titres • 41:08 min

  • 1Aaron08:54
  • 2Accabadora04:36
  • 3Hate Fruit08:12
  • 4La Vierge Noire04:22
  • 5The Two Headed Boy04:59
  • 6La Commune ou la Mort10:05

informations

Enregistré "live" en une semaine au Heldscalla Studio, Août 2025 ; Masterisé au Drudenhaus Studio, Novembre 2025

line up

Lethal Von Lethal (basse), Thomas Hagmann (batterie), Bruno Penserini (guitare), Loïc Bailly (guitare), Nathaniel Colas (chant)

chronique

Seulement six mois s’étaient écoulés depuis que Raphaël avait découvert l'existence de la paroisse de Dionysiaque à Strasbourg, et, déjà, lui parvenait aux oreilles une rumeur qui grondait, grandissait, gonflait parmi les fidèles de la Sainte Église du Doom : un nouveau sermon du père Nathaniel et de ses diacres était en préparation, deux ans après Diogonos, leur premier, sorti en 2024. Vite, un prétexte, il lui fallait un prétexte, qu’il soit professionnel ou récréatif, pour se rendre à la capitale alsacienne afin d’y assister.

Ainsi, par un dimanche matin de mars, après une rude semaine à la convention strasbourgeoise du crochet et du tricot, le retour tant attendu à l’église de la paroisse de Dionysiaque. Toujours cette même bâtisse austère rosâtre, aux vitraux représentant les quatre Évangélistes : Saints Tony, Ozzy, Geezer et Bill. Mais… N’y avait-il pas quelques changements ? De nouvelles statues ? Ne seraient-ce pas Catherine Ribeiro et Christian Décamps d’Ange de ce côté-ci de l’édifice ? Mark Shelton de Manilla Road et Ross the Boss de Manowar là-bas, près de l’autel ? Nick Blinko et Zouille de Sortilège installés à côté du tronc ?

Raphaël fut tiré de ses réflexions par un raclement de gorge du père Nathaniel qui venait de s’installer à la chaire tandis que les diacres commencèrent à jouer de leurs instruments. Notre héros jeta un œil rapide au feuillet : la rumeur disait vraie, le sermon était nouveau, commençait par un verset intitulé Aaron. Introduction doom plutôt classique pour les ecclésiastiques de la paroisse, aux belles lignes de guitare avec un son puissant, une basse ronde bien présente et un chant sentencieux. Mais, rapidement, la litanie se fit plus habitée puis criarde, avant un coup de semonce black metal. Raphaël sourit, il retrouvait déjà ses marques. Beau condensé d’un savoir-faire « Unorthodox Doom », certes, mais peu surprenant pour qui avait goûté au précédent sermon, si ce n’est quelques solos de guitare harmonisés particulièrement accrocheurs signés par les diacres Penserini et Bailly.

Et puis vint Accabadora, la suite de l’homélie. Le père Nathaniel se fit lyrique. Son chant baryton particulièrement expressif alternait avec des leads de guitares flamboyantes. Première vraie surprise, première marque d’hérésie : le doom avait cédé le pas à un heavy metal racé aux guitares resplendissantes, où les beaux solos se succédaient les uns après les autres. La prédication du père Nathaniel devint menaçante, le final se fit dissonant, Raphaël était aux anges malgré ce sacrilège commis à l’encontre des canons édictés par le Saint Siège de Birmingham.

Le père Nathaniel reprit son souffle tandis que les premières mesures de Hate Fruit retentissaient dans la nef. Elles semblaient indiquer un retour à une stricte orthodoxie avec son riff doom, sa harangue et ses trémolos de guitares menaçants. Cependant, les six cordes semblaient vouloir gagner en indépendance, se faisaient de plus en plus audacieuses dans leurs mélodies avant… Avant un interlude aux guitares claires et à la mélodie circulaire… celtique ? Puis des solos heavy harmonisés éblouissants ? Une dernière ligne de chant qui donne envie de lever le poing en rythme ? Et des chœurs poignants en clôture ? Quelle était cette nouvelle apostasie ? Et pourtant, malgré ses réticences, Raphaël se sentait emporté.

Il n’était pas au bout de ses peines cependant. La Vierge Noire ? Un virage hardos marqué avec, ultime stupéfaction, un chant en langue vernaculaire. La paroisse de Dionysiaque faisait son Vatican II, abandonnant l’anglais liturgique pour le français. Exercice risqué, impie même pour un traditionaliste, réussi cependant, le chant théâtral du père s’y prêtant fort bien. Néanmoins, Raphaël peinait à être pleinement convaincu par ce passage car moins sensible à ce type de heavy très français.

Qu’importe, The Two Headed Boy revenait en des terres dionysiaques plus traditionnelles, avec un démarrage sur des chapeaux de roues, quelques cavalcades à la double pédale et une courte fulgurance black metal permettant de garder éveillé l’auditoire. Efficace, sans ennui.

L’exhortation touchait à sa fin avec la Commune ou la Mort. Raphaël était rassuré car, malgré le retour du chant en français, les hérésies semblaient loin, le début du morceau semblant plus doom dans l’esprit malgré un solo spatial. Mais, pourtant, nouvel interlude acoustique, une ambiance qui se fait plus solennelle tandis que s’élève la voix du père : « la Commune ou la Mort » et le morceau s’accélère, replonge de plus belle dans un heavy metal noble aux multiples et belles lignes de guitares. Puis le silence.

Raphaël, encore sous le coup de l’émotion, se mit à rire intérieurement. Ah, les aigrefins ! Alors que la précédente oraison de Dionysiaque l’avait remis dans le droit chemin du doom malgré quelques incartades peu orthodoxes, nos cinq religieux semblaient ici prendre un malin plaisir à repousser les limites, à aller jusqu’au schisme, à égarer ses fidèles en n’ayant cure des canons sabbathiens. Et si le groupe, à l’instar du Darkthrone des dernières années, était lui aussi coupable d’hérésie, à la recherche de la pierre philosophale du metal, alliage parfait entre ses différents courants ? Quête alchimique impossible, sans doute. Mais ce mélange heavy metal traditionnel, furie black metal, esprit punk et riff primordial inspiré donne lieu, ici, à un grisant feu d’artifice de guitares soutenu par une section rythmique impeccable et survolé par ce chant toujours aussi unique, alternant vociférations, supplications, exhortations… « Saint Iommi, priez pour moi » pensa notre protagoniste. Car si le prix à payer pour avoir le plaisir de réécouter ce sermon était la damnation de son âme, qu’il en soit ainsi : Raphaël succomberait.

Très bon
      
Publiée le mardi 12 mai 2026

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  • Chris

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avatar Chris Envoyez un message privé à Chris

Perso je suis nettement moins captivé sur celui-ci que sur Diogonos... Je n'ai pas encore réussi à déterminer si le chant en français y est pour quelque chose ou si ce sont simplement les compos qui me parlent moins, mais clairement je reste un peu sur ma faim...

avatar Ultimex Envoyez un message privé à Ultimex

Du talent, oui, ce groupe en a à revendre !

avatar Shelleyan Envoyez un message privé à Shelleyan

Ce groupe est incroyable, ils savent vraiment tout faire et leur mélange est complètement fluide et logique.