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Lacrimosa › Lament

10 titres

  • Lament
  • Ein Sturm zieht auf
  • Ein langer Weg
  • Du bist alles was ich will
  • Avalon
  • Geliebtes monster
  • Dark is the night
  • Punk & Pomerol
  • In einem anderen Leben
  • Memoria

extraits audio

informations

line up

Tilo Wolff (chant, clavier, guitare, basse, trompette), Anne Nurmi (chant, clavier)

Musiciens additionnels : Jp Genkel (guitare), Roman Scholz (basse), Yenz Leonhardt (basse, violoncelle), Michael Mohr (batterie), Julien Schmidt (batterie), Fiona Feuerbach , Sandrina Vorunzova (choeurs), Claudia Blum, Franziska Gerling, Martin Jung, Frank Kurka, Mareike Leiss-Hoffman, Markus Meridian, Lena Roth (premiers violons), Petra Bohde, Nadja Grüning, Petra Müller-Zuheide, Norbert Ohm, Annette Weck (seconds violons), Verena M. Bernhardt, Mareike Dauber, Franziska Seemetter, Andrei Wacker (violons alto), Katharina Blumthal, Martina Frank, Marianne Vüller (violoncelle), Miriam Dürfler, Volker Mangold (contrebasse), Andreas Feldmann (hautbois), Kurt Oswald (clarinette), Stephanie Anton, Ruth Maria Further (flute), Andreas Meyer (trompette), Anatole Gerike, Karl-Heinz Berger (trombone), Milo Nowak (percussions)

chronique

Le mouvement goth n’est pas uniforme. Certes, les adeptes sincères ont souvent une base commune, notamment le goth rock britannique mais selon les hasards de la géographie, des spécificités se dessinent, ainsi la France, pays aimant discourir a produit nombres de formations cold wave pour lesquels les textes avaient autant d’importance que la musique, l’Angleterre voue un culte sans bornes aux Sisters of Mercy et aux Nephilims tandis que l’Allemagne, moins rock par nature, a su développer son propre style que d’aucuns qualifient de Neue Deutsche Todeskunst en mêlant l’héritage de Kraftwerk et le romantisme allemand, d’où une influence non négligeable de la musique classique… Pour l’Hélvète au coeur de l’Europe et grand voyageur que je suis, toutes les tendances me parlent, ma sensibilité étant mon seul guide. Féru de romantisme littéraire allemand, la vague teutonne des 90’s, vite diluée dans le fond des gros sabots et les accents médivalo-métalliques des binious, me manque parfois. Hormis les indéboulonnables Goethes Erben, la relève peine à monter le bout de son nez… Tout cela pour expliquer que, oh, mais que tiens-je entre mes mains ? Un disque récent de Lacrimosa ? Que j’ai acheté avec mes deniers (pas l’excuse qu’il faisait partie d’un lot qu’on m’a refilé cette fois-ci) ? Oui. Et pas si mal en plus. Ce n’est un secret pour personne que j’ai une relation très compliquée avec ce groupe et que j’ai beaucoup de mal à m’enfiler la moitié de leurs disques. Donc si l’un d’eux me parle, je suis aussi suffisamment honnête pour le reconnaître… Attention, je ne m’écouterais pas ça tous les jours mais j’avoue qu’en fin de journée de merde au boulot lorsque justement me tenaille cette nostalgie de l’Allemagne, il peut finalement faire le taff assez correctement. Pourquoi ? Parce qu’il me semble équilibré, moins kitsch, mieux géré que bien des opus produits auparavant. Je vous rassure, c’est toujours trop long mais première qualité, l’aspect metal pourri est moins présent, c’est un bon départ. Tout démarre avec la douce tristesse de ‘Lament’ mêlant a capella presque murmuré (bien sûr si on est allergique au timbre de Tilo, c’est foutu) repris par des nappes douces, crépusculaires. Franchement, ça me parle. D’autant que le second titre poursuit dans cette retenue sobre, avec des crescendos mais ne cédant jamais le pas à une emphase kitsch, une vraie ambiance de crépuscule se dégage. Si ‘Ein langer Weg’ sonne un peu plus électrique, il demeure relativement équilibré, crédible, une compo tranquille avec ce qu’il faut d’électricité, un chant correctement posé. Hélas, il n’en est rien avec la suivante, une fois encore, nous avons affaire à des tempi lents, une ambiance ultra connue et convenue, grandiloquente, interminable dans son dépouillement, sans réel objectif. Ennui. Je n’avais pas compris la comparaison avec Therion mais je la conçois sur le morceau suivant présent comme le hit du disque, 'Avalon'. Un clip gerbant de poncifs ridicules dans son ambiance de comédie musicale mais pour peu qu’on apprécie le style metal neoclassique, je reconnais que ce n’est pas trop mal fait: riffs maitrisés, percussions, cordes épiques, la technique à deux vois porte ses fruits. Etonnamment, ‘Geliebter Monster’ renoue avec les débuts de Lacrimosa lorsque Tilo faisait tout tout seul: ambiance lente, funèbre, un chant porteur d’émotions, personnellement voilà mon moment favori et je le trouve réussi. ‘Dark is the night’ représente le gimmick du morceau interprété par Anne Nurmi en solo et pour ma part, si on commence à connaître le truc, sa voix m’emporte toujours de par sa justesse et sa sobriété un peu triste. Bien entendu, même les vrais fans le reconnaissent, il faut toujours que le combo foire le truc à un moment. Il fallait donc que l’ambiance se trouve gâchée par un ‘Punk und Pomerol’ aussi ridicule que son titre, avec grosses guitares, riffs acérés non inspirés mal combinés au refrain à boire au piano et je vous passe le final en français d’écurie et les paroles grotesques. Même avec la meilleure foi, difficile de ne pas fustiger ce qui représente tout ce qu’on peut détester chez le duo. ‘In einemen anderen Leben’ sonne archi connu mais pour une raison que je ne m’explique pas, je ne le déteste pas; son côté un peu goth’n’roll sucré peut-être ? Le final, pas désagréable, confirme pourtant que ce dernier tiers n’était pas utile et sonne très bateau, trop classique du groupe qui a fait bien pire, c’est vrai, mais ce n’est pas une excuse; dommage que l’album ne se soit pas achevé avec ‘Dark is the night’… J’essaie de demeurer objectif mais il ne convaincra pas les non-fans, ou peut-être les plus ouvert/es comme moi, la mécanique Lacrimosa étant de par trop huilée et sans réelle surprise. Dommage car ce skeud inclut clairement une poignée de bonnes chansons et une atmosphère mieux gérée que sur beaucoup des autres opus.

Bon
      
Publiée le lundi 11 mai 2026

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