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Bastard Noise › Rogue Astronaut

cd • 6 titres • 61:40 min

  • 1Tyranny Beyond Earth10:00
  • 2Ryobi Party4:06
  • 3Rogue Astronaut19:36
  • 4Tyranny Beyond Earth (Epilogue)6:08
  • 5Moonpool Team14:42
  • 6Radioactive Surprise7:06

informations

Enregistré par Matt Anderson, mixé, monté et transféré (d'analogique en numérique) par Michael Ronzon. Coproduit par The Skull et Michael Ronzon.

line up

Eric Wood (électronique ; voix sur 1-3 et 6), W.T. Nelson (électronique), Leila Rauf (voix sur 3-6)

chronique

Allez croire après ça que l'Espace est silencieux...

Non.

Ici, l'Espace est Bruit. L'Espace est Cri – Hurlements. L'Espace est Noise, bardé de fréquences qui déchirent et qui pulsent, éclatent, explosent, se rétractent. Des sinusoïdales trafiquées, des paquets de spectre, crissements, grondements, cassures et frottements. De l'électronique – sans basses, batteries, guitares, le hardcore/powerviolence de Man Is the Bastard, c'était bien plus tôt, des années avant. Rien n'est mort pourtant, retombé – l'abrasion vous attrape encore, la rage et la lumière vous engloutissent sans vous anéantir.

L'Espace est un désert. On y vit, pourtant. Malgré, avec, dedans/dehors. Les Nomades Cosmiques ont parfois des chants merveilleux – célestes, au vieux sens terrien du terme mais qui repoussent, forcément, la limite plus loin – puisque du Cosmos, on voit qu'ils n'y a nul Paradis. L'Espace est un désert – mais semé de planètes. Les habitant.e.s s'y battent, y cherchent la paix. La Paix.

Le Rogue Astronaut – Voyageur/euse Voyou.e, déclassé.e (Voleur/euse de Vaisseau, l'Intergalactique aux Trousses ?) ne connaît pas le repos. Il/Elle – ça dépend des plages – vous engueule, vous clame des vérités ramenées des confins et frontières, des autres nulle part parcourus. Ça ressemble parfois à des prêches, des prophéties – ou alors ce sont des tracts, ainsi gueulés, des démonstrations (pas de force seulement... que le raisonnement est juste, plutôt, qu'il faut s'élever pour autre chose que... l'exploitation de ces nouveaux Ailleurs). C'est un nouvel Ouest – mais pour les gens qui tiennent ici micros, machines, circuits, ça ne doit surtout pas devenir une nouvelle Amérique, semblable à l'autre, je crois. C'est impératif.

Rogue Astronaut, pourtant – sous les vrilles et le fracas, l'instabilité (trous de non-air ?) apparente, plonge aussi dans un étrange état méditatif et lucide, la terreur gardée à distance, quelques soient les voix qui le hantent, le strient, le traversent, le balafrent. C'est une noise très rêche, d'accord, l'apparente du chaos – mais la matière, au vrai, y est incroyablement détaillée, et maîtrisée. Le rythme, de même – jamais marqué, jamais identifié par un « instrument » (pas de batterie donc mais pas non plus de boîte, de programmation) – nous emmène, nous emporte, plutôt que de nous écraser. (Cette fréquence basse qui semble rouler, tourner, sur le morceau-titre...). Le son explore – le son invente. Il faut savoir fuir et faire face, il faut savoir rester – mais c'est une Nouvelle Vie, que nous propose la brèche ouverte, ceux et celles qui nous emportent dans le décollage. Sans retour ? Sans doute. Mais puisque tout, de toute façon, finira, là où on se trouve, par brûler.

Il faudra savoir rester. Le futur s'établira. Loin des Tyrannies au-delà même de la Planète. Quand toutes les lignées seront enfin éteintes, finies, coupées. On contemplera de loin les Aubes Radioactives.

Très bon
      
Publiée le samedi 9 mai 2026

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