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Minutemen › Double Nickels on the Dime
- 1984 • SST records SST 028 • 2 LP 33 tours
- 1987 • SST records SST CD 028 • 1 CD
- 1989 • SST records SST CD 028 • 1 CD
2lp • 45 titres • 81:45 min
- Side D.
- 1Anxious Mo-Fo1:15
- 2Theatre Is the Life of You1:28
- 3Viet Nam1:27
- 4Cohesion1:57
- 5It's Expected I'm Gone2:07
- 6#1 Hit Song1:52
- 7Two Beads at he End1:50
- 8Do You Want New Wave Or Do You Want the Truth?1:46
- 9Don't Look Now1:40 [reprise de Creedence Clearwater Revival]
- 10Shit from an Old Notebook1:33
- 11Nature Without Man1:43
- 12One Reporter's Opinion1:47
- Side Mike
- 13Political Song for Michael Jackson to Sing1:29
- 14Maybe Partying Will Help:57
- 15Toadies1:38
- 16Retreat1:55
- 17The Big Foist1:27
- 18God Bows to Math1:18
- 19Corona2:29
- 20The Glory of Man2:52
- 21Take 5, D.1:41
- 22My Heart and the Real World1:03
- 23History Lesson – Part II2:12
- Side George
- 24You Need the Glory2:00
- 25The Roar of the Masses Could Be Farts1:21
- 26Mr. Robot's Holy Orders3:00
- 27West Germany1:49
- 28The Politics of Time1:08
- 29Themselves1:18
- 30Please Don't Be Gentle With Me0:46
- 31Nothing Indeed1:20
- 32No Exchange1:54
- 33There Ain't Shit On TV Tonight1:35
- 34This Ain't No Picnic1:54
- 35Spillage1:48
- Side Chaff
- 36Untitled Song for Latin America2:02
- 37Jesus ad Tequilla2:56
- 38June 16th1:47
- 39Storm In My House2:02
- 40Martin's Story0:51
- 41Ain't Talkin' 'Bout Love0:38 [reprise de Van Halen]
- 42Doctor Wu1:41 [reprise de Steely Dan]
- 43Little Man With a Gun In His Hand2:53
- 44The World According to Nouns2:02
- 45Love Dance2:03
informations
Enregistré par Ethan James en novembre 1983 et avril 1984 au studio Radio Tokyo, Venice, Californie. Don't Look Now enregistré live au Club Lingerie, Hollywood, Californie. Produit par Ethan James.
Les morceaux Don't Look Now, Mr Robot's Holy Orders, Ain't Talkin' 'Bout Love, Doctor Wu et Little Man With a Gun In His Hand sont absents de la réédition CD de 1987. Don't Look Now et Doctor Wu sont réintégrées à la réédition CD de 1989.
line up
D.Boon (guitare, chant), George Hurley (batterie, percussions), Mike Watt (basse, voix)
Musiciens additionnels : Joe Baiza (guitare sur Take 5, D.)), John Rocknowski (guitare sur Take 5, D.)
chronique
Voulez-vous de la New Wave ou bien la vérité ? Même, allez, poussons le raisonnement : voulez-vous continuer à clamer « l'alternative » tout en jouant l'Éternel Jeu de Dupes – vivre jeune pour mourir vite, rouler droit, dans les clous, en prétendant que c'est de la rébellion puisque vous dépassez la limitation légale ? Mmmm... Voilà : les Minutemen vous proposent, vous assènent autre chose.
Sacré pavé, sacrée volée de gravier, ce double-album. Des décharges brèves, pas grand-chose ici qui dépasse ou même atteigne les deux minutes, façon hardcore-punk. Sauf que ça groove, ça funk, ça se permet par moment quelques escapades en arpèges acoustiques, aussi, classiques ou bien american primitive (John Fahey etc., ça vous cause?). Parfaite somme, mots d'ordres et tiraillements inclus. Manifeste punk qui contourne l'étiquette – le marketing, le style de vie vendu clé-en-main avec l'ampli et la bière-gel-à-crête. Il fait bon en Californie – le soleil tape gentiment, ça zone sur la plage... Ça zone dans les rues des quartiers cassés, où se calent en attendant une hypothétique véritable échappée, un autre chose moins précaire, les victimes collatérales de l'un ou l'autre coup d'état, de l'une ou l'autre magouille co-optée par le président U.S., plus bas sous l'équateur.
Ça joue, ici, aussi. Serré mais souple. Les trois gars reprennent des post-hippies (Creedence), des yuppies (Steely Dan) ou de simples ordinaires brave couillons de l'entertainment (Van Halen), et on n'est même pas sûr que ce soit complètement de l'ironie, qu'ils n'aiment pas véritablement ces trucs, ces gens, ces groupes là. Parce que le plaisir est une variable – pas niée comme chez d'autres, ailleurs, loin ou pas (on n'est pas chez Gang of Four, tiens, par exemple, pour rester dans le funk-post-punk... pas de posture costards-raides-aux-réus-du-parti, ici). Et puis tiens, Don't Look Now (du Creedance Clearwater Revival, donc, jouée ici en concert) pose de bonnes questions. « Qui fait les fringues, les chaussures que tu portes ? ». Ne cherche pas la réponse si tu veux continuer de dormir tranquille en rentrant du shopping mall.
Double Nickels On the Dime est explicite. Complexe, aussi, par moments presque cryptique. La distance varie, des textes à l'objet – selon que ce soit D. Boon ou Mike Watt, à la plume, mais en fait, même pas, c'est encore moins net que ça. Des copains prêtent la main – des gens qui étaient ou sont encore alors dans Black Flag, Saccharine Trust ou de moins réputés bidules (Tragicomedy... Jamais écouté ça pour ma part, j'irai jeter l'oreille tiens). On y tire droit mais aussi dans les coins. On s'y autorise même des jams bizarres, presque psyché-free (… en fait non, pourquoi « presque ») en l'espèce de Take 5, D. (hommage aux Byrds ?) ou You Need the Glory). On y entend les moteurs des caisses, des camions des types. On varie le tempo. Boon cisaille et tricote et grogne par dessus ses riffs. George multiplie les figures, fait tout tourner, rouler, claquer (un jeu aussi fou et précis que les remuements de sa mèche folle et structurée, tels que vus sur les vidéos d'époque). Mike joue l'élastique mathématique – les maths qui s'amusent à déraper pour tomber au plus juste et tromper les trop droits instruments de mesure. (God Bows to Math affirment-ils d'ailleurs à l'un des détours de la face B). On finit vite par entendre ce qui n'est pas pareil dans l'écriture de l'un ou l'autre ou l'autre ou des trois ensemble ou de deux des ou quoi.
On finit vite par saisir tout ce qui se trouve de pas pareil que n'importe qui, de lié à tant d'autres, aussi, de ce qui pourrait, pourra faire influence bientôt, mélangé aux leurs. LA « fusion » de la décennie après, les Meat Puppets (pas au hasard mais seulement sur quelques plages), la scène punk/hardcore donc de leur état (Californie, toujours) ou d'autres (Big Boys, The Dicks, Really Red... toute cette scène texane singulière et furieusement engagée des mêmes années), Nomeansno (oui) ou Victims Family mais là encore, la souplesse en plus, la fausse tranquillité qui n'entame en rien (mais vraiment, en rien) l'énergie déployée, balancée. On finit vite par se dire que ce n'est pas forcément, pas la seule, peut-être pas la principale question. Que celles qu'ils posent comptent davantage. Que leurs réponses sont à saisir – et tout autant insaisissables, trop rapides, trop jetées là pour s'arrêter en slogans. On entend bien en quoi c'est alors, en quoi ça reste, entendu de maintenant, une « contre-culture », qui se déploie, se construit là, s'écrit – au sens le plus direct du terme, historiquement ancré et libéré du souci de répéter les formes, les schémas, de s'organiser comme d'autres avant parce que ça ne marcherait pas, les temps d'alors n'étant pas ceux d'antan.
Vous voulez de la musique ou bien pas seulement ça ? Vous voulez sortir de quoi ? Jusqu'où êtes vous prêts à vous compromettre, à oublier ce qui vous avait amené, pour appartenir à « la scène », faire partie de la famille ? Entendez-vous les noms qu'ils égrènent sur History Lesson Part II – êtes vous désireux d'en faire autre chose qu'un culte d'autres Héros ? Savez-vous que le Grondement des Masses pourrait n'être que des Pets ? Croyez-vous que Michael J puisse entrer en politique (on est alors entre Thriller et Bad, Jackson ne s'appelle sans doute pas encore le King of Pop, mais le statut du type est bien là, installé, « monstrueux » y compris au sens baraque à freak) ? Prenez-vous comme Monsieur Robot vos Ordres Saints au petit déj', dans les œufs brouillés (ou le tofu) du matin ? Que savez-vous des Événements du Jour et de l'Allemagne de l'Ouest? Et S'Il Vous Plaît, ne Soyez Pas Gentil.les. Il n'y a Que de la Merde à la Télé ce Soir, et le taf à a fabrique, Ça n'a Rien d'un Picnic... Etc. La liste est longue, les quatre faces pleines à ras-bord. On y revient encore, car on n'en n'a jamais fini.
Aimez-vous les impros pour moteurs de pick-ups ?
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- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Toujours eu un coté Minor Threat dans la voix alors que la musique elle-même me plus fait l'effet d'un précurseur de Fugazi. Drôle de distorsion temporelle. Être en avance sur celui dont on s'inspire.
- taliesin › Envoyez un message privé à taliesin
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Ah, cet excellent groupe qui me fait toujours penser à Nomeansno ;-) 5 boules, car je préfère les 2 premiers albums - qui en méritent 6, donc...
Message édité le 30-04-2026 à 08:21 par taliesin
- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Ce P(unk)-Funk est un Autre.
Message édité le 29-04-2026 à 16:52 par Coltranophile
- jacques d. › Envoyez un message privé à jacques d.
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C'est ce genre de surprise, un brin tétanisante ("Quoi, Steely Dan, ce truc pour yuppie, cette muzak doucereuse pétant plus haut que son cul dans disque punk, de quoi de quoi ?!") qui me portait vers ces groupes "risque-tout" suivant à la lettre le mot d'ordre lancé par Danton le 10 août 1792 à l'Assemblée Nationale : "il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace et le Punk est sauvé".
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Oui hein... Celle-là. Pas présente sur toutes les éditions du disque, donc, cette reprise là.
Message édité le 27-04-2026 à 22:01 par dioneo
