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Bibione › Paprikatraumbrötchen

ep • 6 titres • 13:23 min

  • 1Steve Jobless1:36
  • 2Jazz2:14
  • 3Tired1:40
  • 4No Friends Just Customers2:03
  • 5Rats In the Attic2:30
  • 6Bambini di Traga3:16

informations

Enregistré, mixé et masterisé par Amák au Golden Hiver Studio.

Artwork : Eva Jaroňová

line up

Meg, Kris, Kristýna

Musiciens additionnels : Ondřej Pěkný (saxophone sur Jazz et Rats In the Attic)

chronique

Les trois Pragoises de Bibione ne sont visiblement pas d'humeur, ici comme ailleurs, n'ont pas des tempéraments à enrober quoi que ce soit, à enjoliver. Elles envoient sec, dru, plein-groove, pourtant – d'un genre retors mais pas vraiment torve parce que trop franc pour ça. La basse en avant, la batterie lâchée sans avoir à en foutre trop, partout. Le rythme prend de la place, oui – mais tout est rythme, ici, signal en flot et pointillés, pouls fort, emballé mais pas affolé, pas dépassé. Post-punk ? D'accord mais parce qu'en plein présent, alors, jour-le-jour – post parce que ça se passe longtemps après cette cassure là. Elles y choppent sans aucun doute des idées – mais pas comme des reliques, plutôt comme des pièces de leur propre mécanique.

C'est bien réjouissant, cette musique – autant que ne l'est pas, pas tant que ça, ce que ça raconte (en anglais, chez elles, ce qui fait que cette fois je cqpte à peu près instantanément, sans passer par une quelconque interface de traduction). On ne dira pas que c'est guilleret – plutôt que ça ne lâche rien, que ça tient à ce que ça balance, que quand ça louvoie, ça tape en passant de l'épaule ou que ça envoie juste où il faut le coup de genou adéquat. Rien qui soit là pour l'ornement, disais-je – mais pour autant, ce n'est pas une musique pauvre, bloquée sur une seule vitesse, un gabarit qu'elles dupliqueraient. Quand ça les prend, elles invitent – ce sax free-punk, là, à deux reprises. Dans l'écriture, elles varient les attaques, se permettent ce qui leur passe – ces chœurs sur Bambini di Traga, qui pourraient tomber kitsch puis en fait non, du tout. C'est une couleur de plus qu'elles nous envoient pleine-rétine, pleine-cornée, plein-iris via les tympans. Si c'est trop vif c'est que vous êtes trop... Quoi ? Ensommeillé.e ? Austère ? Résigné.e ? Si c'est trop vif, profitez : ça pourrait vous re-flanquer sur pieds.

Il y a beaucoup dans peu d'espace, oui, dans cette musique concentrée, compacte. Une hargne saine. Une tristesse non-résolue, non-complaisante, aussi (No Friends Just Customers). Un qui-dit-non. Un qui-dit-oui. Un qui-y-tient. Un qui-dit-ta-gueule. Un qui-dit-crie (comme celle au micro... et j'aime ce timbre pas poli, pas joli, pas séducteur même à l'envers - je n'y entends pas en tout cas ce tour là). Un qui-dit-vient-mais-n'attends-rien-qui-relèverait-du-sale-contrat. C'est un peu moins rugueux, certes, un peu plus produit peut-être que leurs précédents disques. On n'y perd rien. On n'y vient pas pour « gagner » – parce que « gagner », c'est un mot de parieur, et qu'on n'est pas là pour miser. On y reste pour ça, sans songer dividendes, parce qu'on aime le quartier, son rude parler et son absence de fausses manières autant que de fausses promesses.

Bon
      
Publiée le samedi 25 avril 2026

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