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Neurosis › An Undying Love for a Burning World

cd • 8 titres • 63:30 min

  • 1We Are Torn Wide Open00:52
  • 2Mirror Deep05:39
  • 3First Red Rays08:27
  • 4Blind09:05
  • 5Seething and Scattered08:13
  • 6Untethered04:02
  • 7In the Waiting Hours10:15
  • 8Last Light16:57

informations

Enregistré par Scott Evans (Studio Litho, Seattle). Enregistrement additionnel sur "Last Light" par Randall Dunn (Circular Ruin, Brooklyn). Mixé par Scott Evans (Antisleep Audio, Oakland). Masterisé par Matthew Barnhart.

Sorti en CD, vinyle, cassette, en ligne. Illustration par Aaron Turner.

line up

Dave Edwardson (basse, voix), Jason Roeder (batterie), Aaron Turner (guitare, voix), Steve Von Till (guitare, voix), Noah Landis (synthétiseurs, samples, voix)

chronique

metal extrême / hardcore / fin du monde livraison gratuite

Il était une fois des punks californiens obsédés par l'apocalypse capitaliste en cours, la destruction des affects, engagés dans une réinvention du réel teinté de néo-paganisme urbain et furieux, destructeur, angoissé, enragé. Les années, les décennies passent, et puis le groupe se sépare d'un de ses membres fondateurs, après avoir découvert à distance (disent-ils) que le membre en question était un pervers violent et manipulateur de première catégorie. Certains se sont dits "ils ont de la peau de sauss' dans les yeux ma parole", d'autres s'en carrent, et le reste du groupe met tout en pause. Cette pause est dorénavant terminée. Ce redémarrage voit aussi arriver Aaron Turner, le leader de l'autre hydratête que fut ce "posthardcore", Neme étiquette journalistique pour y fourrer un peu tout et n'importe quoi. Tournant autour de trois labels - Neurot, Hydrahead donc, Relapse majoritairement -, cette esthétique planante, sauvage, mélodieuse, violente, d'un psychédélisme souvent terrifiant de mauvais trip aura lourdement inspiré toute une génération de mélomanes ou de musiciens éclectiques, avides d'hybridations et de syncopes, pas du tout "tradi", ni "true", ni parfois... "quali". Aujourd'hui, 2026. Juste à lire ce nombre d'années nous donne un coup de vieux, et la conviction qu'on a réussi à survivre à cet enfer : félicitations. En même temps, on est tellement attaché à ce cirque qu'on en brûle d'amour de ce monde de merde comme dirait George, et je suis content que certains repères prennent un peu plus de temps pour disparaitre, Neurosis compris. J'ai quand même appuyé sur play avec un léger tremblement, me demandant s'ils allaient creuser encore plus loin le sillon des "vieux de la vieille" qui constatent que leur travail est terminé, que leur enclume est dorénavant détruite à force de taper dessus. Ah, cette lassitude du retraité sobre, taiseux, résigné, celle des nos grands-parents, celle qu'on affiche petit à petit. Oui, mais non. Car il ressort de cet album l'amour encore plus fondamental que ces musiciens ont pour les rituels, les litanies hypnotiques, les roulements de tambour, les transes ponctuées de sons synthétiques ralentis et passés à l'envers, les dissonances, le gros son qui tabasse, les mélodies enrichies aux larmes et aux dents qui grincent, le besoin de riffer en boucle pendant de longues plages, où grognements et démangeaison cérébrale nous donnent l'impression d'écouter une bande d'incubes perdus dans la salle d'attente d'un cabinet dentaire. Avec de gros appels du pied aux fans des premiers albums, de "Souls at Zero" à "Times of Grace", ce disque embaumé, envouté, toujours un peu blasé, d'une énergie moins folle que celle qu'on trouve dans "Through Silver in Blood" reste néanmoins un très bon cru, du genre qui a vieilli dans un tonneau magique, qui a laissé les arômes se lever - amertume, astringence, umami funéraire. Je ne dirais pas qu'on en ressort bouleversé comme ce fut le cas il y a longtemps, mais on en ressort ragaillardi. Et vu que je suis une petite nature, je trouve que c'est déjà pas mal et j'espère qu'il vous satisfera aussi. Je crois que de toute manière, les Neurosis ont tout donné, nous offre leur oeuvre, sincèrement, encore une fois dans un esprit de don de ce qui les travaille, et qui peut longuement travailler toute personne ayant ce besoin de transcender les limitations de l'humanité, les souffrances, les éléments qui deviennent bien trop éclatés, déséquilibrés, laissant bien trop sortir d'entités destructrices et aveugles qui en ont plein le dos de nos conneries, annihilant nos turpitudes, orgueils et besoins de souiller tout ce qui nous entoure pour proclamer notre divin droit à faire n'importe quoi. La purge viendra par le feu, le souffle emportant nos cendres dans un espace sans remords ni regrets, toutes les pluies du monde engloutiront les restes et enfin le silence régnera. Si vous voulez.

Très bon
      
Publiée le jeudi 23 avril 2026

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commentaires

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avatar nicola Envoyez un message privé à nicola

De la boue atmosphérique au ventilateur à merde, la distance est faible.

avatar moustache Envoyez un message privé à moustache

J'en suis à ma énième écoute et passé l'effet de surprise il tient vraiment la route.

Damodafoca Envoyez un message privé à Damodafoca

Peut être à remettre en contexte ? Quand tout ça commence à se déployer fin 90 début 00, on parle pas si souvent de post metal et surtout, Neurosis en chef de fil vient du punk hardcore contrairement aux autres groupes assimilés. C'est pas la seule sous étiquette lié au hardcore qui est sujet à discussion par ailleurs. L'emo à la base c'est aussi Fugazi (comme le post hardcore) par exemple, avant d'être ce truc pour jeune en jean trop serré avec du maquillage.

avatar Rastignac Envoyez un message privé à Rastignac

rateyourmusic me donne du "atmospheric sludge metal" pour Neurosisis. De la boue atmosphérique, c'est un concept, une idée, c'est tout un projet.

born to gulo Envoyez un message privé à born to gulo

Isis est en effet du post-metal, et Neurosis du hardcore.