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John Cage (1912-1992) › Four Walls

3cd • 188:54 min

cd1 • 26 titres

  • 1Four Walls
  • Act One
  • 2I03:02
  • 3II03:12
  • 4III02:00
  • 5Dance03:48
  • 6IV03:46
  • 7Dance02:19
  • 8V02:48
  • 9VI02:35
  • 10VII03:15
  • 11VIII03:18
  • Act Two
  • 12IX05:17
  • 13X01:54
  • 14XI03:44
  • 15XII01:11
  • 16XIII04:01
  • 17XIV05:02
  • The Seasons
  • 18Prelude I01:37
  • 19Winter01:11
  • 20Prelude II00:49
  • 21Spring02:10
  • 22Prelude III01:27
  • 23Summer03:30
  • 24Prelude IV00:42
  • 25Fall01:59
  • 26Finale (Prelude I)00:52

cd2 • 14 titres

  • Three Songs
  • 1I. Twenty Years After00:34
  • 2II. Is It as It Was01:00
  • 3III. At East and Ingredients01:04
  • Five Songs
  • 4I. Little Four Paws01:37
  • 5II. Little Christmas Tree03:00
  • 6III. In Just-Spring01:07
  • 7IV. Hist Whist01:06
  • 8V. Tumbling Hair01:14
  • Forever and Sunsmell|05:14
  • The Wonderful Widow of Eighteen Springs|02:48
  • Four Dances
  • 9Dance I04:26
  • 10Dance II06:24
  • 11Dance III02:48
  • 12Dance IV05:34
  • She Is Asleep
  • 13I. Percussion Quartet (12 Tom Toms)04:34
  • 14II. Duet for Voice and Prepared Piano07:31
  • A Flower|03:11
  • Nowth Upon Nacht|01:06

cd3 • 9 titres

  • Nocturne|05:17
  • Six Melodies
  • 1I02:25
  • 2II02:06
  • 3III02:03
  • 4IV02:23
  • 5V02:13
  • 6VI02:16
  • Two⁴
  • 7I09:58
  • 8II11:00
  • 9III09:10
  • Two⁶|20:16

informations

Plusieurs enregistrements pour cette oeuvre, en plus de celle décrite sur cette page. Four Walls [John McAlpine / Beth Griffith] (Largo, 1989), Four Walls [Richard Bunger / Jay Clayton] (Tomato, 1989), The Perilous Night; Four Walls [Margaret Leng Tan / Joan La Barbara] (New Albion, 1991), Voice and Piano [Anna Clementi / Steffen Schleiermacher] (MDG, 2001), The Works for Piano 5: Four Walls; Soliloquy; 3 Easy Pieces [Haydée Schvartz / Jack Bruce] (Mode, 2003), Four Walls: Aki Takahashi Plays John Cage [Aki Takahashi] (Camerata, 2004), Voice & Piano; Trombone & Piano; Violin & Piano [Steffen Schleiermacher / Anna Clementi / Mike Svoboda / Andreas Seidel] (MDG, 2012), Four Walls [Alexei Lubimov] (Fuga Libera, 2022)

line up

John Cage (composition [piano]), Merce Cunningham (chorégraphie, écriture, mise en scène), Arch Lauterer (costumes)

Musiciens additionnels : Sur cette édition : Giancarlo Simonacci (piano)

chronique

John Cage passe un peu discrètement sur gutsofdarkness... on pourrait dire que c'est dommage, on pourrait se dire aussi qu'il suffirait d'aimer pour écrire, et il faudrait aussi peut-être, pour ma part, ne pas se laisser démonter par l'aura écrasante de certains artistes et théoriciens du XXe ou XXIe siècle au titre qu'il faudrait être Docteur pour en parler. Je laisserai donc les spécialistes débattre entre eux sur les encyclopédies ou salons dédiés et vous présente humblement mon ressenti d'un artiste qui a tant à offrir pour ceux qui aiment se triturer les oreilles, les méninges et le cœur. Sa production est prolifique, ici, juste en 1944, il aura composé, selon les listes que j'ai pu lire : onze oeuvres, sur une quantité totale que j'ai la flemme de chercher, donc imaginez : “beaucoup". Une longue et riche carrière, faite d'expérimentations, écrits, interviews passionnantes. Ici on est dans la période "danse moderne", en compagnie du génial chorégraphe Merce Cunningham, l'homme qui fait allonger les corps pour les rendre immenses, écartelés, spiralés. Ce drame-ballet, accompagné parfois de voix, souvent de piano, beaucoup de silences porte sur "quatre murs" et nous fait ressentir blocages, soubresauts, mouvements, ligatures, avec une énergie parfois statique qui rend fou et qui devient frénétique sans prévenir, avec entre eux des blancs brutaux, bien épais, comme des coups de pieds, de tête, de poings contre les parois érigées par soi-même, contre le monde, contre les autres, l'environnement, que l'on ne va pas apprivoiser, on ne va pas se mettre au diapason. On va foncer dedans, la bave aux lèvres, comme un lama aveugle qui se cogne contre toutes les poutres qu'il prend pour des coups de patte d'ours géant. Un piano, une voix qui va déclamer un texte qui m'échappe. Plus exactement, le drame en question tourne autour d'une famille dysfonctionnelle, avec une mère, un père, un fils (Cunningham à l'origine), une fille, son fiancé, un choeur de chant ("les proches"), et un choeur de danse ("les fous"). Après six semaines de répétition, cette oeuvre ne sera présentée qu'une fois dans cet état. Elle sera redécouverte plus tard, avec quelques réinterprétations, dont celle-ci regroupant d'autres oeuvres pour violon et piano (préparé ou non). En tout cas, à l'écoute de cette pièce, je me sens à chaque fois tout chamboulé. Je ne comprends pas. Je tâtonne. J'essaye de m'échapper. Parfois l'hypnose prend, l'abstraction minimaliste concentre, puis tout dégringole et on ne sait plus où l'on se trouve. C'est donc une expérience intime, violente, pas fun, triturante et on se laissera aller à écouter tout cela à poil, y compris ces silences effroyablement bruyants. Il faudra être malmené, jusqu’à trouver peut-être un point d'accroche dans cet ouragan. Evidemment, ça donne envie de voir ce que ça donne en chair et sueur - au premier rang pour tout bien prendre dans la gueule.

Très bon
      
Publiée le mardi 16 décembre 2025

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