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Trouble › The Skull

cd • 7 titres • 43:01 min

  • 1Pray for the Dead5:51
  • 2Fear No Evil4:11
  • 3The Wish11:33
  • 4Truth Is – What Is4:35
  • 5Wickedness of Man5:45
  • 6Gideon5:09
  • 7The Skull5:53

informations

Preferred Studios, Los Angeles CA, Track Record Studios, Los Angeles CA, 1985

line up

Eric Wagner (chant), Bruce Franklin (guitares), Rick Wartell (guitares), Sean McAllister (basse), Jeff Olson (batterie)

chronique

« Dieu nous rejettera-t-Il pour toujours ? Ou ne pourra-t-Il plus nous être favorable ? Nous privera-t-Il à jamais de sa Miséricorde, de génération en génération ? »

Que faire après un premier album de la trempe de Psalm 9 ? Continuer sur sa lancée ? Explorer de nouvelles voies ? Il pourrait être tentant, après une première écoute (distraite), de considérer The Skull, son successeur, comme une simple redite. Cependant, tels les Évangiles synoptiques qui abordent, chacun, la vie du Christ selon un angle spécifique et en dressent un portrait nuancé, ce deuxième album présente un groupe reprenant, il est vrai, la recette de Psalm 9 mais en y apportant, par petites touches, des variations.

Alors certes, nous retrouvons ici beaucoup d’éléments qui font le charme et la réussite de Psalm 9 : un aspect diversifié, notamment en termes de rythme, des morceaux à la construction non-linéaire, une capacité à développer une ambiance pesante, lourde, terriblement doom, la présence de deux guitaristes doués ainsi qu’un chanteur marquant à défaut d’être technique.

Oh, la première évolution à noter pourrait être considérée comme une décevante régression. En effet, le style du groupe se recentre ici sur un doom sabbathien (ce qui n’est, soyons honnêtes, pas pour me déplaire) mâtiné de heavy metal traditionnel. Mais si Trouble abandonne les petites touches proto-stoner, le côté hard rock crâne ou les riffs acérés NWOBHM qui parsèment Psalm 9, il n’en oublie pas pour autant de varier les tempos et l’ensemble reste finalement protéiforme. Ainsi, si l’ensemble de l’album favorise un rythme oscillant entre le lent et le mid-tempo, on y trouve néanmoins deux titres, Fear No Evil et Gideon, qui n’hésitent pas à accélérer le jeu. Et les différents morceaux eux-mêmes ne sont pas sans variété. Par exemple Wickedness of Man, globalement lourd, écrasant même, sait se faire agressif et rapide le moment venu. Ou Fear No Evil, plutôt speed donc, usant de chœurs et solos heavy metal, mais qui ralentit le rythme quand il le faut afin de se faire plus pesant, sinistre. Le superbe The Skull enfin, son introduction acoustique, son ambiance funèbre avec riff massif, avant un final tout en cavalcade heavy metal, double pédale de sortie.

Lourd, sinistre, tourmenté. C’est peut-être là une autre évolution marquante du groupe par rapport à sa précédente offrande. Si Psalm 9 ne manquait pas de moments glauques, pesants, étouffants, il présentait aussi des facettes plus rayonnantes avec ses passages plus NWOBHM ou proto-stoner. Or, lorsque le groupe se réunit pour enregistrer The Skull, des turbulences internes font jour, minent sa cohésion. De plus, Eric Wagner, le chanteur, traverse une période de graves difficultés personnelles liées à l’addiction. L’ambiance générale s’en ressent et, à l’exception de The Truth Is What Is ou de quelques solos lumineux, se fait beaucoup plus accablante. Ainsi, Pray for the Dead, ses leads à 2 guitares tristes comme les ruines de la Cathedral de Coventry en début et fin de morceau et ses riffs sabbathiens. The Wish, son introduction acoustique cafardeuse, ses couplets tellement pesants, « What is left for me,
Suicide? Is death, my only way ». Ou Wickedness of Man et ses ralentissements si écrasants.

Et les guitares ? On l’a déjà noté, une des spécificités de Trouble comparé à Saint Vitus ou Pentagram, c’est la présence de deux guitaristes qui donnent aux compositions du groupe une coloration unique. Et si Bruce Franklin et Rick Wartell enluminaient Psalm 9 de quelques leads et solos de toute beauté, ils se lâchent complètement ici. Pray for the Dead nous plonge d’emblée dans l’atmosphère avec sa débauche de guitares rugissantes et hennissantes en introduction. Successions de riffs mémorables, duels de solos, jumelage de guitares, harmonisations, tout y passe durant les 40 minutes du disque. A titre d’exemples, écoutez The Wish qui, tout au long de ses presque 12 minutes, parfait condensé du savoir-faire du groupe, regorge de beaux solos. Ou Wickedness of Man aux leads de guitares harmonisées de toute beauté dont Serpent Throne fera son miel bien plus tard. Gideon, enfin, et ses superbes solos à deux voix. Le travail à la guitare est d’ailleurs magnifié par une production plus ample et puissante que sur Psalm 9.

Quant à Eric Wagner, s’il conserve toujours ses intonations haut perchées, celui-ci n’hésite plus, ici, à étoffer son jeu, à moduler son approche. Ainsi, chant en partie sobre et grave sur Pray for the Dead, possédé sur Wickedness of Man ou terriblement émouvant sur la première partie de The skull, ces nuances participent aussi à la variété de l’album.

Alors certes, si l’on tient à ergoter, peut-être peut-on trouver Fear No Evil trop linéaire ou regretter le brassage des styles qui caractérisait Psalm 9. Mais, à mes oreilles, The Skull est quasi-parfait. Paradoxe, donc, que cet album, engendré dans la douleur, terriblement saturnien et, malgré cela, habité par la grâce. Un classique du doom ? Non, un chef-d’œuvre tout simplement.

« Les ténèbres mêmes n'ont pas pour Toi d'obscurité ; pour Toi la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière. »

Chef-d'œuvre
      
Publiée le mercredi 6 mai 2026

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notes

Note moyenne        8 votes

commentaires

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Ikea Envoyez un message privé à Ikea

Ah tiens, les esprits se rencontrent (ce sera mieux compris demain). Super album sinon, préférence éternelle pour le premier "Trouble"/Psalm 9, mais on reste sur une discographie exceptionnelle dans le petit monde du doom.

Splashing harlequinbrain Envoyez un message privé à Splashing harlequinbrain

Aucun problème avec la pochette. Aucun problème avec la contenu .

born to gulo Envoyez un message privé à born to gulo

Elle est super, cette pochette.

avatar zugal21 Envoyez un message privé à zugal21

Tout ceci est fortement chrétien comme le Psalm 9. ça passe crème. A noter que la presse Métal française l'a descendu à sa sortie. Merci pour la justesse et la justice de la chro, Mister Ultimex.

Message édité le 06-05-2026 à 17:12 par zugal21

avatar Wotzenknecht Envoyez un message privé à Wotzenknecht

Troublante pochette en effet.