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Fermento › Acts of Blood

cd 1 • 7 titres • 49:19 min

  • 1Taste Emptiness08:34
  • 2My Wish Is to End Their Breath06:32
  • 3Under Fire09:37
  • 4In Eternal Hunger03:45
  • 5All Shall Kneel to Chaos07:05
  • 6The Stench Spreading to Your Progeny04:27
  • 7Isolation Nation09:19

informations

line up

Robert Garchitorena (Chant, Guitare), Julio (Basse), Isaac (Guitare)

Musiciens additionnels : BST (batterie), Mkm (chant)

chronique

On oublie un peu trop l’Espagne quand on en vient à parler de Metal Extreme. Certes Teitanblood fait actuellement office de figure de proue du genre dans le pays, et avant eux Proclamation ou encore Cryfemal ont su représenter fièrement la péninsule ibérique, sans jamais dépasser le statut de l’underground. On retrouve encore de nombreux noms, éparpillés sur tout le territoire, mais qui ne déméritent pas moins comme Ataraxy, Balmog ou Apparition pour en citer quelques uns. Des groupes qui passent trop souvent sous le radar. Et oui, c’est plus simple d’avoir de l’exposition quand on vient de Suède ou de Norvège que d’Espagne.

Et c’est ainsi que des groupes poursuivent leur carrière, des années durant sans jamais attirer l’attention. Fermento fait partie de ceux-là. Formés en 1991, tout comme Avulsed, mais sans jamais connaitre le même succès, Fermento est adepte d’une musique brutale, la plus violente possible, quitte à repousser les limites du Brutal Death. Immolation et Suffocation étant les étalons du genre à surpasser
Sur près de vingt ans le groupe a multiplié les démos et albums en faisant son petit chemin dans l’underground, mais sans grande notoriété. On aurait pu croire le groupe mort et enterré après une décennie d’absence et malgré un album live sorti en 2020, mais voilà qu’ils reviennent avec un tout nouveau visage cette année.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le nouveau Fermento est fortement influencé par la scène Black Metal parisienne, et particulièrement par Aosoth. D’ailleurs son leader ne s’en cache pas, il fait carrément appel à MkM pour figurer sur deux titres et à BST pour mixer l’album et gérer toute la batterie sur ce ‘Acts of Blood’.

Les nouvelles bases sont posées dès le morceau d’ouverture de l’album ‘Taste Emptiness’. Les vocalises Death Metal laissent place à chant bien plus criard, qui racle le fond de la gorge, une technique que l’on peut retrouver chez Inquisition ou Immortal qui peut être surprenante au début, mais à laquelle on s’y fait rapidement. La musique elle, se veut particulièrement violente, voir même chaotique. La batterie, bien que programmée sonne organique et n’est que tabassage en continu. Les ralentissements de tempo ne nous laissent pas respirer, ils ne sont là que pour signaler la menace permanente des morceaux.
La suite avec le très évocateur titre ‘My Wish Is to End Their Breath’ et le torturé ‘Under Fire’ fait la part belle aux guitares dissonantes et à une basse d’une lourdeur extrême au son particulièrement métallique. D’ailleurs le son de l’album en général est vraiment massif, il vaut mieux être en bonne forme physique avant de s’y confronter, un tel parpaing peut être assez fatiguant à la longue.
Les fans d’Antaeus trouveront eux leur compte sur l’ultra-violent et quasi instrumental ‘In Eternal Hunger’. En 3 minutes et 45 secondes toute la misanthropie du projet est balancée à la face du monde. Personne ne sera épargné.
‘All Shall Kneel to Chaos’ et ‘The Stench Spreading to Your Progeny’ reprennent à leur compte la formule éprouvée par Aosoth : des riffs tourbillonnants et des mélodies torturées dans des variations de tempos complexifiant la structure des morceaux. Est-ce un reproche ? Non, vraiment pas, tant que c’est bien exécuté, toute ressemblance peut être appréciée.
L’album s’achève de la manière la plus nihiliste qui soit avec ‘Isolation Nation’ sur lequel MkM vient appuyer le refrain avec son phrasé caractéristique sur une sorte de ritournelle obsédante ‘No One, Nowhere’ répétée avec une certaine instance durant tout le morceau qui se termine brutalement, tel un crash en voiture. Je l’ai dit précédemment : personne n’est épargné.

Que retenir alors d’un tel album ? J’imagine aisément la déception des fans de Brutal Death qui connaissaient déjà le groupe sous un autre jour, il est certain que le changement est radical.
Par contre, ceux qui comme moi découvrent le groupe et regrettent la mise en sommeil à durée indéterminée d’Aosoth et Antaeus y trouveront tout le sel de ces projets. Une violence sans pareille, une certaine vision du chaos sonore, un nihilisme et une misanthropie exacerbée, c’est tout ce que propose ‘Acts of Blood’.

Bon
      
Publiée le jeudi 13 novembre 2025

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