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Evoken › Atra Mors

cd • 8 titres • 67:01 min

  • 1Atra Mors11:54
  • 2Descent into Chaotic Dream11:14
  • 3A Tenebrous Vision02:19 [instrumental]
  • 4Grim Eloquence09:40
  • 5An Extrinsic Divide10:11
  • 6Requies Aeterna01:59 [instrumental]
  • 7The Unechoing Dread09:47
  • 8Into Aphotic Devastation10:07

informations

SoundSpa studios, Novembre 2011 - Mai 2012, par Steve DeAcutis.

line up

John Paradiso (guiatre, chant), Chris Molinari (guitare), Dave Wagner (basse), Don Zaros (claviers, voix), Vince Verkay (batterie)

chronique

Ils sont nombreux ceux qui adorent ce disque. Et ils ont raison. Si vous avez lu les chroniques précédentes, vous avez pu percevoir ma méfiance vis-à-vis du départ de Nick Orlando, parti se consacrer à Funebrarum, non sans un certain succès, puis vers... Plus rien. Tragédie. Et, ayant littéralement grandi avec la noirceur musicale de cet homme, forcément, imaginer Evoken sans lui, c’était juste pas possible. Enfin, si, catégorie pastiche.

Enfin tout cela relevait un peu du fantasme adolescent. Finalement qu’est ce que j’en savais du rôle de chacun dans ce groupe ? J’ai bien eu la chance de discuter avec eux, et John Paradiso lui-même m’évoquait (Uhuh. Pardon. *rires*) son apport et sa personnalité musicale, tout en me rappelant que, et bien : toujours là, et Chris Molinari « is the perfect guy ». Je ne parle pas non plus des autres changements de line-up, nouveau bassiste, nouveau claviériste : Evoken 2.0 est là.

Et, que cela soit conscient ou pas, la cover ne trompe pas. Si on se prosternait devant les morts sur « Embrace the emptiness », aujourd’hui, Evoken EST la Mort. Elle rampe et s’installe dans la pièce, comme un vieux fumigène de films d’horreur 80s qui passe sous les portes, et nous, pépouze, d’attendre qu’elle nous enveloppe froidement. Quelques sifflements, le vent crie entre les mausolées, un pattern de toms lent, des nappes inquiétantes accompagnent un riff qui se construit doucement. Les Américains prennent place, comme un concert où on regarderait les zicos monter sur scène, relax, ils savent qu’ils vont te péter la gueule de toute façon, à quoi bon se presser ?

Et vlan ! Evoken est toujours là. La caresse du soi-disant vide n’est pas oubliée, « Atra Mors » la prolonge, avec ses quelques différences probablement liées au changement de line-up. Chris Molinari n’est pas bête, il reprend les codes de son prédécesseur, les guitares claires toutes en flanger et réverb’ cathédrales, et y ajoute quelques nouveautés, quelques leads psyché, même un solo je ne sais plus où. Parce qu’il faut se le dire : Comme les disques précédents, c’est un sacré bloc qu’on se prend dans la gueule, et en dehors de la petite respiration atmo qu’est « Requies Aeterna », le mimétisme des morceaux, la répétitivité des breaks érigée comme quasi religion, faut se l’enquiller.

Et c’est ce qui m’a longuement fait hésiter sur la notation de ce disque (aussi futile soit-elle, j’en conviens). Jusqu’à « Caress.. », Evoken survolait la concurrence, il créait, construisait un style relativement neuf. Il y avait des choses à dire, on pouvait surprendre. Ici, même si toujours produite avec grand talent, la musique d’Evoken devient déjà plus orthodoxe, plus téléphonée. Evoken puise dans ce qu’il a déjà fait, mais, sur ce disque tout du moins parvient à rester intéressant. Et faut vraiment noter la performance, sur les 67 minutes du machin.

On notera un retour aux riffs, à quelques accélérations rappelant le premier Ep (« Descent into chaotic dream », « The unechoing dread » et son riff death/doom ternaire tellement pas attendu), un retour à une certaine mélancolie. On sort de la grotte, il y a parfois de la lumière (« Into aphotic devastation »), annonçant peut-être l’album futur, mais la balance est encore ici équilibrée, on a peur, on se fait caresser avec un rasoir en fait. On saigne, mais c’est doux au contact, et on attend la prochaine entaille, bêtement. C’est toute la puissance de ce groupe, arriver à créer l’attente heureuse, savoir que le prochain riff/break sera forcément opportun, y a pas de fillers, y a pas de répétition en trop, l’art du Hit extreme doom comme disait bien Rastignac. Si Silent Hill s’était déroulé en huis clos dans un cimetière pourri de Nouvelle Angleterre, y aurait pas eu mieux comme B.O. Leçon, encore une (dernière) fois.

Très bon
      
Publiée le mardi 11 novembre 2025

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