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Nick Cave and The Bad Seeds › Nocturama
- 2003 • Mute Records STUMM207 • 1 CD digipack
cd • 10 titres • 57:37 min
- 1Wonderful Life
- 2He Wants You
- 3Right Out Of Your Hand
- 4Bring It On
- 5Dead Man In My Bed
- 6Still In Love
- 7There Is A Town
- 8Rock Of Gibraltar
- 9She Passed By My Window
- 10Babe, I'm On Fire
informations
line up
Blixa Bargeld (guitares, chœurs), Martyn P. Casey (basse), Nick Cave (chant, piano, orgue hammond), Warren Ellis (violon), Mick Harvey (guitare, chœurs, orgue, guitare acoustique, basse, Bongos, triangle), Conway Savage (chœurs), Jim Sclavunos (batterie, percussions, tambourin, chœurs), Thomas Wydler (batterie, percussions)
Musiciens additionnels : Chris Bailey (chant), Johnny Turnbull (chœurs), Norman Watt-Roy (chœurs), Mickey Gallagher (chœurs), Chas Jankel (chœurs)
chronique
Notre Père qui es au cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton peigne vienne coiffer mon épi revêche, ah et si tu pouvais dire à Nick Cave de la boucler, ça m'arrangerait. Merci. On dira ce qu'on voudra, que c'est une cible facile, ce navet au mot-valise qui rime avec Télérama, ce disque plus pénible que The Boatman's Call, commençant pourtant de façon agréable avec le début bien triste de "Wonderful Life" qui tire vers la lumière pépère. Sauf que bien vite Nocturama se délite, s'effondre. Veut emballer mais sonne faux. Il est assez fidèle à sa réputation, et même si je ne parlerais pas de naufrage intégral on est sur un gros pensum lénifiant. Lumière blanche purificatrice, mais ça marche qu'aux premiers instants et s'évente bien vite... Profil... pas bas. Il aurait dû, notre curé comique Nique Kev'. Il s'est montré sous l'angle le plus ingrat. Pas très jojo, ce nez en trompette - on dirait le Grinch. Les narines sont bien tendues (même si pas autant que sur Let Love In), le blanc autour me semble sans équivoque. Moche, comme cette œuvre d'artiste accompli à qui ses zicos auraient dû taper sur l'épaule depuis un moment.
Et chargé de "pure white snow", donc, encore pour des nèfles, à en juger par la nullité de cette sélection de crouneur piteusement narcissique, et la vacuité totale des très pénibles coups de sang qui en émaillent l'ennui. J'essaie donc d'être positif et constructif : la triste "Still in Love" (malgré sa liquéfaction façon Tindersticks du pauvre) et l'introduction donc (malgré son côté No More Shall we part du pauvre) me semblent les seuls trucs à sauver dans cette sélection. En poussant (mais pas jusqu'à remplir mon falzar comme Nick sur l'affreux final), "Bring it On" et "There is a town" tentent de faire monter la sauce avec un certain panache, mais pareil : sieste rapide assurée. Ce sont de toute façon des morceaux sans aucun intérêt pour qui a le Cave d'après - il fera tellement mieux sur le suivant Abattoir/Lyre, y a pas photo, que Nocturama en prend une forme d'échauffement, de répétition avant le grand soir du double album. Parce que je vois vraiment pas quoi sauver d'autre en étant honnête, sur ce disque mi-tristouille mi-exalté mais surtout raplapla, alignant les poncifs du soft rock le plus tièdement mielleux avec la profondeur d'un soap opera. Et dans les moments déluge c'est pire que dans les ballades : de l'énergie gaspillée, telle l'affreuse "Dead Man in My Bed", qui s'agite en vain. Et on atteint le summum de l'indigence avec "She passed by my Window". Si je vis assez vieux pour qu'un jour on me foute ce genre de musique dans la maison de retraite où j'aurais échoué : pour avoir une chance de finir à l'isolement loin de la sono, je mords de toutes mes forces la première aide-soignante à ma portée. Avec ou sans dentier.
Ce disque insipide et auto-complaisant trouve sa conclusion et son "apothéose" (apoptose est le terme adéquat) dans LE morceau-caricature par Nick Cave d'entre tous, un quart d'heure de furie stérile en capharnaüm agrémenté d'orgue, doors et déjà culte dans le genre ratage intégral : "Babe I'm on fire". Hé, pssst, Nick, essaie un truc s'il te plaît : ferme ta grande bouche, pour voir... "..." ... ah ouais, c'est carrément mieux comme ça ! Interminable ce final : il y croyait, ce grand fou. C'est ça "Baby's on Fire" : un grand artiste qui fait sous lui. Une rencontre malheureuse entre le costard blanc et la pâtisserie indigeste de texture douteuse. "Vous n'imaginez pas que je vais aller dîner chez Castel avec ça ?! Mais enfin... mais qu'est-ce que c'est que cette matière ? C'est d'la merde ?!" - Non, c'est kloug..." Blues-rock flonflon-ronron d'une jet set de l'alternatif à la dérive, villa de Nocturamatuelle et autres dérisoires mondanités de bourgeois en perdition dans le blanc des nappes et de ce qu'ils se foutent dans le nez. La coke, c'est assez fascinant parfois : tu te crois surpuissant comme Tony Montana depuis son bureau, ou Frank Sinatra derrière un micro... mais en fait, tu ressembles juste à Jean-Luc Delarue. Fais une pause s'il te plaît, Nick, tu nous les brises menu.
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Note moyenne 6 votes
commentaires
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- soulsmaster › Envoyez un message privé à soulsmaster
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Ok j'ai guy de bon coeur à ta réplique. Mais pense à couper le son de la téloche quand t'écoutes un disque soit disant marchand.
Message édité le 20-10-2025 à 09:11 par soulsmaster
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Rassurant comme un Nestor Burma, oui.
- soulsmaster › Envoyez un message privé à soulsmaster
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@ Gulo : Tu métaphorises mes métaphores. Tu transformes les restes de plats domestiques réchauffés à feu doux en plâtré de coquillettes-jambon sans sel. Et vas-y que ça se sèche les veuch en mangeant, confond pas la fourchette avec le sèche-tifs.
Analogies culinaires et vannes mises de côté, je lui trouve simplement un côté familier, presque réconfortant juste le temps que ça dure, et c'est déjà pas mal.
Message édité le 20-10-2025 à 08:02 par soulsmaster
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torquemada › Envoyez un message privé à torquemada
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Écouté uniquement à sa sortie et « Babe, I'm On Fire » m’avait réveillé d’une longue sieste donc merci à ce morceau.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Wow, ça fait bête d'envie en effet. Un album pour quand t'as envie d'entendre un disque qui te fait pas grand chose, un album fort comme des coquillettes au micro-ondes avec du râpé de marque distributeur dessus. Un album parfait pour écouter en se séchant les cheveux.
Je me le note quelque part, pour la prochaine fois.
