Vous êtes ici › Les groupes / artistes › P › Pearl Jam › MTV Unplugged
Pearl Jam › MTV Unplugged
- 2019 • Sony music Lim • 13000 copies • 1 LP 33 tours
vinyl 33t • 7 titres • 35:44 min
- 1Oceans3:25
- 2State Of Love & Trust5:50
- 3Alive5:40
- 4Black7:31
- 5Jeremy5:58
- 6Even Flow6:24
- 7Porch7:57
informations
Enregistré à Kaufman Astoria Studios le 16 mars 1992
line up
Eddie Vedder (Chant), Mike McCready (Guitare), Stone Gossard (Guitare), Jeff Ament (Basse), Dave Abbruzzese (Batterie)
chronique
27 ans ! Entre 1992 et 2019, c’est le temps qu’il a fallu pour que la mythique prestation de Pearl Jam se voit enfin éditée en version officielle sur un LP à l’occasion du Record Store Day. Une longue attente pour contre-carrer la spéculation sur les nombreuses versions bootlegs qui circulaient jusque-là. Pearl Jam c’est un peu le champion des albums live sortis de manière non-officielle, mais tolérées, voir encouragées par le groupe. Et cette performance précise a toujours fait l’objet d’un culte auprès de ses fans.
Mais tout d’abord, un petit retour en arrière contextuel. On est donc en 1992, MTV est l’acteur majeur de la diffusion de musique aux US et toute une nouvelle vague de groupes de rock, portée par l’immense succès de ‘Nevermind’ de Nirvana, va propulser tous les groupes de l’état de Washington au premier plan. L’album ‘Ten’ de Pearl Jam est sorti il y a quelques mois seulement et le groupe rentre tout juste d’une tournée européenne qui est passée par la Locomotive à Paris.
A peine les valises posées, ils filent enregistrer ce concert acoustique au Kaufman Astoria de New-York, en commençant tout juste à prendre la mesure de leur succès à domicile. C’est presque la fleur au fusil qu’ils se prêtent à l’exercice, avec en plus pour handicap un prêt de matériel pas forcément adapté, surtout pour Mike McReady, qui avait demandé une guitare Martin et a qui on a réfilé une guitare très peu adaptée aux solistes. Mais comme on dit, ‘the show must go on ‘, le groupe n’est pas là pour jouer aux divas.
Jouer un live acoustique est un exercice assez particulier, qui peut être l’occasion de donner un aspect plus intimiste à son répertoire, comme le fera plus tard Alice in Chains ou de prendre tout le monde à contre-pied en jouant majoritairement des reprises à l’instar de Nirvana. Mais voilà, si le show débute en douceur et subtilité avec ‘Oceans’, une déclaration d’amour à sa planche de surf, selon Eddie Vedder, la suite se révèlera sacrément vindicative, jouée avec toute la hargne présente lors des enregistrements studio des morceaux.
Pearl Jam est un groupe qui aime jouer sur scène et chaque prestation est un grand moment de rock’n’roll. Ainsi débute une mise en tension avec ‘State of Love and Trust’, titre inédit enregistré pour le médiocre film ‘Singles’ dans lequel une partie du groupe fait un caméo, tout comme l’ami Chris Cornell. Acoustique ou pas, le batteur Dave Abbruzese n’en a cure et ne modère pas la puissance caractéristique de sa frappe, il va falloir gratter d’autant plus fort sur ses cordes pour Stone Gossard, l’emblématique guitariste rythmique.
S’en suit l’autobiographique ‘Alive’ et son solo épique exécuté dans les règles de l’art malgré la contrainte matérielle précédemment évoquée, mais très vite éclipsé par le moment phare du concert, à savoir la meilleure version à ce jour du bouleversant ‘Black’. L’ode aux amours déchues et au lâcher-prise prend subitement un visage encore plus déchirant, avec une intensité incroyable dans le chant, et cette amertume finale, la ligne ‘We Belong Together’ qui est ajoutée pour la première fois au morceau.
Difficile d’enchainer après une telle tempête émotionnelle, et pourtant les premières notes de basse de ‘Jeremy’ viennent tendre la main à l’auditeur pour l’entrainer dans une nouvelle montée en tension qui trouvera son paroxysme à la fin du morceau. Les instruments sont acoustiques, mais l’ambiance est électrique. Une intensité qui ne se relâchera à aucun moment du set.
Petite curiosité éditoriale, l’ordre de la suite de la setlist est inversé, et ‘Even Flow’, joué en rappel, est placé avant ‘Porch’. Question d’équilibre sûrement, car ‘Porch’ est exécuté de manière totalement survoltée. Le groupe y est décidé à tout casser, ce qui est d’autant plus flagrant sur la version vidéo, où Eddie monte sur son tabouret et où le bassiste Jeff Ament ne semble plus pouvoir rester assis, tandis que l’on craint que le kit de batterie ne soit réduit en poussière. Forcément, l’interprétation de ‘Even Flow’ pourrait paraitre plus plate après ça, et pourtant elle ne démérite en rien, bien que moins marquante que celle des autres morceaux.
On regretta quand même l’absence du tout dernier titre joué, trouvable uniquement dans les versions non-officielles, la fameuse reprise de ‘Rockin’ in the Free World’ de Neil Young, parrain officieux du groupe et de la scène de Seattle. Tout bon concert de Pearl Jam doit comporter au moins une reprise, choisie le plus souvent le jour-même, selon l’humeur des musiciens, et celle-ci s’intégrait parfaitement comme symbole de passation générationnelle.
On ne va pas se mentir, aucun fan digne de ce nom n’a attendu 27 ans pour récupérer une version de ce live. Parmi toute la série des ‘MTV Unplugged’, celui-ci est reconnu comme l’un des plus importants, car enregistré à un moment phare de l’effervescence du rock des années 90, à un moment où le groupe est en symbiose parfaite, où se mêle joie, colère et une énergie débordante qui continue toujours de porter le groupe. Un album essentiel.
Dans le même esprit, Duabiht vous recommande...
dernières écoutes
-
Chris
› -
Fabb74
› -
atog meister
› -
Cinabre
›
Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "MTV Unplugged" en ce moment.
Connectez-vous pour ajouter un tag sur "MTV Unplugged".
notes
Note moyenne 5 votes
commentaires
Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "MTV Unplugged".
- nowyouknow › Envoyez un message privé à nowyouknow
-
"On regretta quand même l’absence du tout dernier titre joué, trouvable uniquement dans les versions non-officielles, la fameuse reprise de ‘Rockin’ in the Free World’ de Neil Young, parrain officieux du groupe et de la scène de Seattle. "
Oui clairement. Surtout que c'est déjà court. Ça m'a gavé j'ai boycotté cette sortie du coup, si je l'écoute un jour ce sera un boot.
-
Cinabre
› Envoyez un message privé à Cinabre
-
Tu me rends vraiment curieux du coup. On a souvent comparé ma voix à celle de Vedder quand j’étais ado et du coup j’ai très vite arrêter de les écouter par peur de sonner comme un groupe qui aurait fini par sonner daté. Pour le coup, j’ai peut-être manqué de flair. Je vais m’écouter ça de ce pas, en lisant ta chro comme je faisais sur guts à cet âge-là!
