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Stephan Eicher › Engelberg
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Kursaal Casino, Engelberg, Suisse.
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Stephan Eicher (chant, guitare, guitare sèche, piano, programmation, orgue)
Musiciens additionnels : Pino Palladino (basse), Manu Katché (batterie), Simon Clark (piano, accordéon), Max Lässer (guitares, mandoline), Arnaud Méthivier (accordéon), Danny Thompson (contrebasse), Steve Bolton (guitare), Dominique Blanc-Francard (guitare 12 cordes), Mathieu Monneret (violoncelle), Beckie Bell, Daniel Affolter, Philippe Djian, Thierry Lecompte, Yvonne Jones (choeurs)
chronique
Le 24 novembre 1972, âgé de 36 ans à peine, périssait dans un accident de voiture Mani Matter, le Georges Brassens suisse. Suisse allemand. Si sa popularité n’a jamais décru de ce côté-là du territoire helvète, en Romandie la situation était bien différente, l’homme chantant en dialecte bernois avec beaucoup de subtilités et de jeux de mots peu compréhensibles pour qui ne maîtrise pas le schwyzertü(ü)tsch… Il restera pourtant classé deux mois au Top 50 français dans lequel il atteindra la 27ème place. En 1992, grâce à la reprise de sa chanson 'Hemminge'. En pleine Bruelmania, un chanteur suisse polyglotte issu de l’underground new wave cartonne dans l’Hexagone depuis 4 ou 5 ans. Bankable as fuck, il peut se permettre de sortir cette reprise comme quatrième single de son nouveau disque. Le folk à la Brassens se mue entre ses mains en une ambiance cabaret jazzy tzigane avec accordéons, certes joyeuse et entraînante mais comme toujours avec les ambiances de l’Est laissant un petit goût âcre au fond du cœur. Pourquoi parler d’‘Engelberg’ sur ce webzine ? Peut-être pour casser l’image que Stephan Eicher a laissé en francophonie. Autant le dire d’emblée, malgré l’immense respect que je voue au bonhomme d’une intégrité artistique rare, son sens du touche-à-tout, son besoin d’expérimenter, de ne jamais se cantonner à un style m’a toujours empêché d’apprécier pleinement sa musique (hormis une belle poignée de chansons justement), d’autant que ses thèmes ne m’intéressent pas. Je possède pourtant ‘Engelberg’, le seul hors de ses essais new wave de ma collection. Enregistré dans un hôtel de la localité du même nom ('La montagne de l'Ange') transformé pour l’occasion en studio d’enregistrement, il dégage quelque chose de spécial; il suffit de voir la pochette avec Eicher en romantique ténébreux face aux Alpes enneigées. J’ai toujours été profondément désolé de l’amour qu’il porte à la culture française car ses titres dans la langue de Molière sont les plus faibles à mon sens (et je ne goûte pas l’écriture de Djian). Dans mes quelques exceptions, je classe ‘Déjeuner en paix’… Certes, il y a le gimmick des cordes en intro (comme sur l’imbuvable ‘Combien de temps’) mais pour le reste, la cogne franche de Manu Katché, quelques riffs électriques, le timbre rocailleux (genre frère cadet de Springsteen) du Suisse assurent l’efficacité qui me plaît dans ce titre. Je n’en dirais pas autant de ‘Pas d’ami comme toi’ que je déteste profondément mais ces compositions-là, vous les connaissez déjà… Penchons-nous plutôt sur celles qui n’ont pas contribué aux ventes énormes du disque. ‘Wicked ways’, par exemple, qui débute par une plage d’orgue exécutée dans l’église de Engelberg cédant (hélas) la place à un rock plus traditionnel perdant la dimension musique sacrée qu’il eût pu conserver, pourtant le couplet à quelque chose de profond, dépouillé, et le timbre rocailleux du chanteur évoque quelque chose qui pourrait ravir les fans de Springsteen ou Arno avec qui il a pas mal en commun (pas un hasard s’il reprendra ‘Putain putain’ en concert). C’est encore plus flagrant sur ‘Es ist alles’ qui se la joue américaine mais avec des arrangements européens. Ce morceau dégage quelque chose de tendu qui n’explose jamais complètement avec des passages jazzy tribaux de batterie assez fantastiques. La reprise de Hank Williams est un exercice dans lequel notre Helvète est assez bon, un aspect mélancolique, une forme de retenue bourrue qui sied bien à son timbre. Autre exception en française, le pluvieux ‘Djian’s waltz’ proche des Pogues avec une note moins festive, là aussi une composition rendant pleinement justice au chant rocailleux. ‘Come on home’, c’est le moment où on redescend de la la montage, les poumons emplis d’air frais, ce moment où l’on devine la peine d’avant, c'est toute la nuance… Bien sûr, les chœurs féminins n’étaient pas nécessaires et à plusieurs reprises, on pourra reprocher des arrangements trop grand public, pas forcément gênants mais pas nécessaires (j'aurais rêvé que ce skeud soit produit, au moins partiellement, aux USA ou en Grande-Bretagne). Je retiens aussi ‘Move closer’, témoins de l’amour de Eicher pour Dylan mais aussi pour les grands horizons américains fantasmés (entre fake blues, cordes pluvieuses et piano froid). ‘Tu ne me dois rien’ a été un tube mais celui-ci me plaît assez de temps à autre. Beaux arrangements mélancoliques mais c’est surtout le timbre un peu maladroit dans son phrasé qui en fait selon moi la beauté. On ne va pas se mentir, ‘Engelberg’ n’est pas l’album le plus sombrex du monde mais à l’image de sa pochette, il dégage quelque chose de bien plus trouble que le ‘packaging Eicher’ en rival tourmenté de Bruel ne le proposait à l’époque. D’ailleurs, après l’album suivant, ‘Carcassonne’, autre réussite artistique et commerciale, Stephan Eicher décidément peu à l’aise avec le show business et son statut de star non renié pour autant n’aura de cesse de se réinventer, casser ses structures, prendre des risques à l’opposé des attentes, se brouillant toujours plus avec les boîtes de disques mais pour la biographie, je renvoie à l’ouvrage de Sébastien Bataille préfacé par Rodolphe Burger. J’ai hésité à publier cette chronique mais si au final, elle contribue à casser l’image grand public de Stephan Eicher, à vous le rapprocher de Dylan, Arno ou Springsteen avec son côté tzigane en prime, tant mieux, c’est le but. Moi, je retourne écouter ‘Spielt noise boys’…
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dariev stands
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J'ai découvert avec quand même un peu d'étonnement que le Stéphane avait eu The Residents en 1ère partie à Paris aussi tard que... 86.
- Kissthecatconcept › Envoyez un message privé à Kissthecatconcept
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Alors, Stephan Eicher, c'est le mec dont j'aimerais aimer la musique, mais à part Grauzone et Spielt noise boys, j'y suis pas arrivé. Et puis,un ami comme toi, ok le texte joue sur l'ambiguïté - j'espère - mais qu'est-ce que c'est gnangnan ("oh non non non"). Pas sombre pas expérimental.
Message édité le 10-09-2025 à 15:26 par kissthecatconcept
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moustache › Envoyez un message privé à moustache
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Désolé mais là avec le Stephan Eicher je vais pas vous suivre les gars. La seule question que je me pose c'est dans quelle langue il est le plus mauvais. En tout cas la chronique m'a filé un doute et je l'ai écouté. Bien joué Shelleyan !
- Thirdeye › Envoyez un message privé à Thirdeye
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Cet album me rappelle les Dimanches d'insouciance en famille, Walkman K7 en main, parfois pour s'évader de l'atmosphère pesante...
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dariev stands
› Envoyez un message privé à dariev stands
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Bah voyons, "trop soul, trop passe-partout", tu connais des goths Gouzi ? Et puis désolé mais, ouère ouère iou in 2005 ? Parce que dans les caves à corbacs où je m'étais égaré, moi, c'était effectivement un classique des "chercheurs de clés". Je sais pas quel goth digne de ce nom aurait cherché la petite bête sur le fait que ce titre était soul ou trop mainstream ou que sais-je, c'était juste un incontournable. + que Eisbear, qui effectivement faisait un peu marrer les purs et durs... Par contre, c'est comme ça que j'ai découvert Eisbear, que j'ai perso toujours adoré... (tainted love, j'ai mis du temps à l'apprécier... J'ai eu ma phase "je préfère la version de Gloria Jones", et j'ai même eu ma phase "wah c'est pas dark, comme titre, arrêtez"... Puis un jour en soirée, un goth a foutu la reprise de Coil (sur youtube, dont c'était vraiment les débuts, dans mon souvenir).... puis j'ai fermé ma gueule... puis , puis... 36 15 minha vida ok j'arrête))
Message édité le 08-09-2025 à 16:47 par dariev stands
