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Abandon › In Reality We Suffer
- 2004 • Black Star Foundation BSF16 / TNB016R • 1 CD digipack
cd • 9 titres • 76:23 min
- 1Trauma Is the Trigger
- 2Somnambulistic
- 3In Hopelessness Enlightened
- 4Piles of Pigs
- 5In Reality We Suffer
- 6Will Gladly Perish
- 7...
- 8Stillborn Persistence
- 9Stillborn Persistence (Continued)
informations
line up
Johan Karlsson (chant), Ingvar Sandgren (guitares), David Fredriksson (basse, voix, samples), Dani Cosimi (batterie)
chronique
"Le doom, au fond, c'est le mood", a dit un jour le grand Jean-Claude Van Doom. C'est une ambiance, autant qu'une mystique. Le morne, ici, est porté à une de ses expressions les plus absurdes. Le pathétique aussi. Se chier dessus : un sacerdoce. Mais en restant en colère (hardcore/post-hardcore, peu importe : ce sludge les lie). On fait difficilement plus austère qu'Abandon sur ce deuxième album. En réalité, on souffre, ici. Oui. Port-Salut, WYSIWYG, et compagnie. Dès ce poum-poum-poum-tchak d'une griseur, d'un terne absolu, on sent qu'on est face au mur. Abandon font une musique triste qui se regardera mourir plus tard. Ici elle est juste terriblement laide, et abattue - même dans ces coups de rage elle exprime l'abattement. Elle se fait autant de mal qu'à l'auditeur. Elle a la texture de ce crépi banal et morne de banlieue, de campagne, d'on ne sait où. La teinte scandinave mais du côté pizza surgelée (le côté ricain des gueulantes du Johan pour sûr) et gnôle qu'on siffle pour le simple plaisir de se détruire, avant d'ânonner des conneries en se gerbant dessus. Il faut persévérer. Il faut tenir. Ce sera salvateur - ou pas. Il faut écouter. Après tout la forme de cet ange (déchu) sur la pochette évoque pas mal l'oreille. Elle sera remplie de maussade, de pas jouasse en tranches bien épaisses. C'est ça la vie : du caca. D'la boue. Du sludge. Du hardcore à bitte molle, de la musique d'homme seul, pour homme seul. Pathétique, geignarde, aigrie, déçue et dégoûtée de tout, mazoutée du cerveau. Voilà le genre d'albums qui rappellent que la vie est une grande tartine de merde, qu'il faudra bien finir de manger, en mastiquant bien, lentement. Y a de la mâche dans ce doom sans romantisme, dont les passages mélodiques mous sont comme des salles d'attentes vides, des clairières sans lumière, où on se tient prostré, frustré. Dont les guitares extrêmes grésillent et crissent comme du vieux matos sur le point de rendre l'âme à tout instant, et dont le chant hardcore vocifère de façon aussi affectée que grotesque. Stridulations sont sans éclat comme leurs riffs en mélasse informe. Hurlement trop baltringue pour être un growl, c'est un truc entre death et hardcore qui ressemble à l'humeur du garçon Johan Carlzon : boueuse. Il y a un groove dans cet énorme fumier compacté, mais il n'est que pathétique, comme cette forme de hip-hop ou de neo-metal dans certains passages, en poussant un peu, sans aller jusqu'à faire dans son froc, mais toujours borderline avec l'incontinence comme cette zique ("Somnambulistic", ou cette "Piles of Pigs" entre Slipknot et Neurosis, grossièrement), on sent vraiment l'influence américaine sur ce produit suédois, celle d'une Amérique aux tatouages délavés, aux passions éteintes, qui est paumée dans la cambrousse loin de ses cheese-repères. Les moments "ballade funeral doom" étant autant à la ramasse, pratiquant la déception totale, et la torture de la goutte d'eau par du menu fretin. Ce disque est une propostion honnête, à défaut d'être confortable. Une œuvre extrêmement pénible, extrêmement poussive, mais étrangement magnétique. La fatalité n'est pas sexy. Le doom n'est pas cool et branché. C'est un gros mur gris qui ne tombe pas, mais nous coule dessus à n'en plus finir, nous laissant juste un mince filet pour respirer, crier, agoniser, toujours au bord de l'ennui. C'est une vieille maison moche qui ne nous a jamais demandé de rentrer en elle, qui nous a même prévenu d'entrée de retourner chez nous, que ça valait mieux, et qui n'a plus d'autre choix que de nous retenir. Pour qu'on fasse partie des meubles.
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Raven
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Noté. J'en salive déjà.
(Même si je préfère 3 ou 4 burgers écrasés qu'un seul XXXL - les hauts burgers se cassent souvent la gueule, les steaks et la garniture glissent quand tu mâches. J'espère qu'ils ont bien fixé avec le cheddar, donc.)
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Avec le temps, je vois une grosse parenté dans le Caustic de Primitive Man. C'est le cousin pourceau-burger 4x(steak+bacon). Beaucoup d'oignons frits aussi. Et beaucoup de frites. Très frites. Primitive Man, c'est beaucoup de beaucoup ; comme Abandon, donc.
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pokemonslaughter
› Envoyez un message privé à pokemonslaughter
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Disque qui m'avait littéralement puni à l'époque.. Je le ressors suite à la chro. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Au coin Poky.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Oh bordel Hyatari, ce nom surgi du passé ! C'est vrai que Code Breaker ils faisaient globalement pas dans la douceur.
Message édité le 22-09-2025 à 13:13 par born to gulo
- Immemorial › Envoyez un message privé à Immemorial
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Le label Code:Breaker avait sorti cet album, le premier Zatokrev, lolita Stasi, Borg64, Hyatari. J'ai acheté l'album à l'époque car je suivais ce label (qui n'a pas duré longtemps) et c'était exactement ce que je recherchais. Hardcore, doom, ambiance funéraire en fait In reality est très efficace. Disque et groupe assez méconnu In reality we suffer a eu une grosse influence sur HKY dans lequel je jouais.
