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François Tusques › Intercommunal Music

lp • 7 titres • 00:00 min

  • Face A
  • 1Intercommunal Music8:00
  • 2Les forces progressistes10 :10
  • Face B
  • 3Les forces réactionnaires3 :00
  • 4La bourgeoisie périra noyée dans les eaux glacées du calcul égoïste3 :30
  • 5Intercommunal Music ! – l’impérialisme est un tigre en papier6 :00
  • 6Portrait d’Erika Huggins 0’44’’ + 7’20’’ 0 :44
  • 7Portrait d’Erika Huggins 7 :20

informations

Enregistré à Paris le 11 mai 1971

« Portrait d’Erika Huggins » est dédié à « Erika, révolutionnaire, 22 ans » qu’on voit tenant un poing mal assuré avec une coupe afro assez timide sur une petite vignette, et qui, assure F.Tusques « est le symbole des forces qui vont renverser les « pigs » qui gouvernent les Etats-Unis à l’heure actuelle ».

line up

Beb Guerin (contrebasse), Sunny Murray (batterie), Alan Shorter (trompette), Alan Silva (violoncelle), François Tusques (guitare à l’archet, scie musicale, contrebasse, piano), Louis Armfield (percussions, batterie), Bob Reid (contrebasse), Steve Potts (saxophone alto)

chronique

Ce qu’il y a plus flippant, de plus sérieux, de plus enragé, de plus sombrex, de plus radical dans ce disque, c’est sa pochette. Autant être prévenu, avant de se lancer dans la longue session de bœuf qui semble constituer les trois quarts de cet album. Le minutage de la tracklist semble n’avoir aucun rapport avec les deux longues plages 100% improvisées (sans trame ou presque) rassemblées sous les titres-chapeau de « Intercommunal Music » et « Intercommunal Music ! ». Seul le dernier titre, « Portrait d’Erika Huggins », semble un morceau distinct, et la seule partie vraiment concertée de l’album. L’ensemble semble capté lors d’une répétition (vu l’absence de public et le son assez mat), sans motif directeur, malgré les quelques unissons (qui pourraient très bien avoir été « gérés » dans le feu de l’action). Et de répétition, il en est question tout du long, avec le piano le plus monotone possible, une batterie en forte ébullition qui évolue souvent en mer de cymbales, et l’impression que ces deux instruments, totalement autistes chacun dans leur coin, ont laissé tous les autres musiciens perdus dans la marée.

La face B démarre de façon bien plus convaincante par les complaintes étouffées d’un violoncelle souffreteux et d’une scie musicale en peine (jouée par Tusques), avant qu’un piano ultra-austère et sclérosé ne vienne engloutir tout ça, poussé par les baïonnettes de Sunny Murray, qui ne ménage pas sa peine à la batterie de tout le disque. L’ensemble se met à tanguer dans des sueurs froides assez nauséeuses dès l’entrée en force de Steve Potts, qui semble lui aussi appeler à l’aide comme un passager du Titanic accroché à une portière de soute, tandis que l’ensemble de la scène penche toujours plus à la verticale, toujours plus proche d’un point de basculement dans le chaos qui n’arrive jamais complètement, ce qui – et c’est le but – est assez éprouvant pour les nerfs. (et en plus j’avais oublié que les « titres » parlaient d’eaux glacées, comme quoi la musique cherche vraiment à évoquer ça).

« Portrait d’Erika Huggins », c’est autre chose. Le groupe a choisi de laisser le (long) faux départ de ce qui est visiblement une répète (on entend Tusques regimber), avant que la pièce ne se déploie autour d’un très court ostinato au piano, ultra-percussif et mal luné, et sur lequel Sunny Murray exécute (c’est le mot) des explosions de cymbales dont la prise de son restitue mal la violence. Dès qu’une mélodie s’esquisse, Tusques semble casser l’élan des musiciens, lance un thème plus élaboré, toujours en escalier stressé, puis se tait, laissant Potts et Shorter (Alan) seuls, avant de revenir dans un final qui s’autorise enfin une ébauche de liesse, Shorter manifestant visiblement quelques cris qui, pour la première fois, ne sont pas de la discorde. Le retour final au 1er thème semble un cri de ralliement final, comme si le chef de parti battait le rappel des troupes au milieu d’un rare moment de fête, rappelant que la révolution est toujours à faire. Cela restera le seul passage qui interpelle vraiment du disque, et qui semble élaborer un langage propre sur les ébauches qui ont précédé. Langage qu’on pourrait aussi bien résumer de façon lapidaire par « le The Fall du jazz ». Mention spéciale au type qui a sauvagement tagué la pochette intérieure de l’exemplaire qui a transité par mes mains, écrivant en énorme « PAS DE MELO GRATUIT » en travers de la photo du bidonville (renommé « club méditerranée de Nanterre »), et signant « un agressé agressif ». Pour le coup, ça chronique non seulement le disque mieux que moi, mais aussi tout un esprit-post 68 qui sentait la boule puante pour couvrir les relents d’eau de Cologne qui revenaient en force.

Moyen
      
Publiée le lundi 18 août 2025

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avatar dariev stands Envoyez un message privé à dariev stands

Oui c'est la période où nombre de free jazzeux ricains venaient chercher un public et une atmosphère plus propice à Paris. ça reste imprégné du style "free à l'européenne"... Et effectivement, il est du genre pas réédité et rare, mais la chro est un peu là pour dire qu'il faut vraiment aimer avant de se lancer... Je n'y ai pas trouvé la même chose que chez certains Art Ensemble ou Ayler, mais ce style-là est encore plus subjectif que le reste du jazz...

Tallis Envoyez un message privé à Tallis

Connais pas, celui-ci, tiens (et ça ne doit pas être des plus facile à dénicher, la dernière réédition en LP datant a priori de 1973...). Le line-up est impressionnant, en tous cas.

avatar nicola Envoyez un message privé à nicola

On ne dirait pas que c’est français quand on regarde la liste des musiciens.