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Primordial › Redemption at the Puritan's Hand
- 2011 • Metal blade records 1 CD
cd • 8 titres • 63:00 min
- 1No Grave Deep Enough7:10
- 2Lain With The Wolf8:25
- 3Bloodied Yet Unbowed8:47
- 4God's Old Snake6:25
- 5The Mouth Of Judas8:53
- 6The Black Hundred6:19
- 7The Puritan's Hand8:36
- 8Death Of The Gods9:21
informations
"Recorded and engineered at Foel Studio. Mastered at Orgone Studios"
line up
Pól MacAmlaigh (basse), Simon O'Laoghaire (batterie), Ciáran MacUilliam et Michael O'Floinn (guitares), A.A. Nemtheanga (textes, voix)
chronique
Y a des albums qui vont tombent dessus comme ça... comme un coup de poing sur le museau. C'est rare au fond. Encore plus rarement quand c'est prémédité. On aurait beau tenter d'esquiver, y aura toujours cette voix au fond de notre cerveau pour nous rappeler que peut-être on l'avait méritée, cette mandale. Alors on encaisse. On pourrait rendre les coups mais les coupables sont pas là de toute manière. Il se cachent bien trop souvent derrière leur musique. Mais pas eux. Les mecs de Primordial, c'est pas une bande de lâche. Ils mettent tout ce qu'ils ont dans leur musique et dans leurs textes. Ça chante bien. Très bien même. Et le batteur est pas en reste, putain! Et surtout ils sont tous là, je dis bien tous là, pour nous mettre dans le mal. Primordial quand ils souffrent, ils se lâchent vraiment. Les riffs imparables s'enchaînent les uns après les autres. On a pas le temps de souffler. A peine le temps d'encaisser les vérités qu'ils nous partagent sans détour que ça repart pour une nouvelle manche de castagne. Vous me croyez pas? Vous croyez que c'est doux un morceau comme "The Mouth of Judas" avec son intro en arpège? Putain non quoi. Ecoutez ces textes. Tous les textes. Peut-être que vous capterez. Si vous avez vécu ne serait-ce que la moitié du parcours de votre serviteur, j'en doute pas. Et on a tous souffert au fond, c'est pas la question. Ces larmes de douleurs inavouables par contre ne concernent pas tout le monde. Celles que l'on s'avoue même plus à soi-même à force de les fuir. Mais si vous vous reconnaissez dans la description, vous en faites pas. Primordial, c'est pas non plus une bande de salopards. Ils l'ont aussi vécu votre souffrance. Ils la chantent pour vous. Mise en scène, vous me direz? Non. Ils ont juste le sens de l'allégorie historique. Mythologique même. Mais il parle sans détour, cet album. Et je vais vous vous confiez un secret qui n'en est pas un: si vous voulez toucher avec de la musique sombre, vous devez déjà avoir pris le temps de vivre. Trahisons. Coups bas et autres fils de puterie. Que vous en soyez la victime ou le coupable n'a pas d'importance présentement. Et on souffre tous, même les salopard. Surtout les plus graves. Surtout les plus ignobles. Il suffit qu'ils arrêtent de se faire des films et qu'ils se rappellent de qui ils sont en vérité. Et c'est de bien de ça qu'il s'agit de rétablir aujourd'hui: la vérité. Primordial tue. Il transforme et putréfie notre immondice d'être humain pour en faire le terreau d'un nouvel espoir: le changement. C'est ça, la rédemption. Pas un *ave maria* fait de traviole pour contenter les curetons et les génitrices religieuses. Un travail (étym. latin tripalivm) profond et de longue haleine. Qui fait souffrir les prédateurs comme les proies. Et si les premiers n'ont parfois pas de scrupules, c'est bien plus souvent par incompréhension ou méconnaissance comme dit plus haut. Les pathologies existent mais c'est pas le sujet. Ça cause humanité sur ce disque. Et elle peut faire mal, je vous le cacherai pas. C'est une évidence. Toute fois il fait bon de la retrouver. Enfin. "It's about time, motherfucker!".
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chronique
Un de mes plus grands souvenirs de concert reste la vision du grand Alan Maurice Averill, haranguant la foule avec sa tête de vieux War Boy capuché aux yeux écarquillés, doigt levé, botte bien écrasée sur le caisson central, nous faisant tous bramer ses hymnes damnés comme un seul homme (Monsieur est Chanteur, que ses détracteurs - misérables félons certainement fans de Dream Theater - aillent bien se finir devant des dauphins sur posters !) Avec un filet de bave d'admiration pure, une voix d'oisillon à force de m'égosiller, appréciant ce qui se passait, de ma hauteur confortable, par-delà nains et salle : j'ai admiré la beauté du moment, devant mes yeux ébahis, sur cette scène, dans ce rouge "moulin". L'existence d'un immense groupe, qui parle tant de sang et de mort mais dont la guerre première est de susciter l'émotion. Un vrai maître d'orchestre du chant de bataille à l'œuvre devant des musiciens de grand talent. Comme si ce monsieur et son groupe sortaient d'une autre époque, pour nous hisser dans leur musique, nous faire sentir plus vaillants par elle mieux que par tous les coachs de l'univers, avec une aura dont l'intensité m'a mis sur le cul, tellement c'était beau et pur, cette énergie saturée à rythmiques roulantes, pour mener des hordes entières. Seuls Killing Joke avec leur Jaz Coleman pouvaient rivaliser en ferveur, de mon expérience... C'est donc en beuglant pendant ce concert surpuissant que j'ai réalisé, d'une : que ce groupe est un peu comme un Manowar pour gens romantiques qui donc n'aiment ni le catch ni le culturisme, ou un Dropkick Murphys du metal extrême aux têtes en camails ; de deux : que la plupart des chansons qui le faisaient le plus en version vivante, étaient issues de ce Redemption at The Puritan's Hand !
Une sorte d'usine à tubes façon Primordial, pour tout dire... enfin : plutôt une Fonderie à Hymnes ! Le collègue en a eu le cœur chaviré (et y a de quoi), lui aussi, car ce disque est plus accrocheur que tout ce que peuvent dégoiser les groupes de heavy-metal de la terre, en termes de metal épique... Épique oui : ce terme si galvaudé, qui prend ici tout son sens, dans ce successeur à un To The Nameless Dead qui pour beaucoup fut une légère déception après The Gathering Wilderness. Plus fluide, moins brut de décoffrage et fébrile peut-être, plus calibré... mais comme plus sûr de sa puissance, tout s'y enchaînant comme des scènes de bravoure, à chaque fois plus fortes, dans cette puissance d'un metal - power metal ? Celui à la hauteur de son nom alors pas la merde allemande pseudo-chromée en plastique - à nul autre pareil. Celtique mais pas que. Roboratif de bravoure et de spleen concentré en armes blanches lourdes. Un ennemi a chu de sa monture, et se fait achever à coups de tranchant de bouclier en pleine gorge. Un logis brûle. Le héros, laissé pour mort, est revenu anéantir une garnison entière avec un outil de paysan. Il trouvera une claymore plus tard. Sur son chemin, il rencontrera un loup. Et des beaux solos. Et des chansons que je ne me casserais même pas le séant à citer : elles sont toutes magistrales.
Voici donc pour vos esgourdasses frémissantes et le sang qui bat dans vos tempes au lourd son du tambour, manants, l'album qui peut-être résume sans chichis ce qu'est Primordial, à travers huit hymnes (oui, j'insiste : hymnes !) à couper le souffle. Pour le néophyte comme pour le connaisseur. L'album unissant passion, énergie, aventure, sens unique du tragique, et refrains propulsés aux cieux. À l'unisson avec ce chant écorché qui donne tout ce qu'il peut, enluminant les charniers. Avec ces musiciens qui délivrent, sans cesse, sous pression, à la vie à la mort. Avec cette majesté à faire passer les Templiers pour des punks à chien. Même la pochette impose sa solennité, sans effort : l'album historique, définitif, celui où le romantisme guerrier de Primordial exprime dans toute sa superbe, sans morceau superflu. Cela se joue aussi à l'affect plus qu'à des histoires de composition ou de production, car Primordial fait une musique de l'émotion pure - mais dans toute cette fière discographie que j'ai avec satisfaction alignée sur mon étagère, c'est bien celui-ci qui me vient à l'esprit pour représenter Primordial à l'international. En cas de concours. Ou de circonstance. L'évidence. Je le tiens dans mes mains et je lui dis Merci, reconnaissant avec une petite larmiche qui roule sur la joue, comme roulent les tambours de la guerre, qui toujours reviendra nous rappeler ce que nous sommes. Je m'en ferais pipi dessus de gratitude, putain. Ce disque n'a pas d'âge, il a toujours été là, ses faits d'armes ont toujours existé, et il prendra toujours à la gorge, au cœur, aux tripes, à d'autres parties du corps sensibles et à tout ce qui se surpasse au-d'dans-d'nous, dans plusieurs siècles, si cette humanité qui le cherche sans cesse n'a pas été réduite en cendres d'ici là... Pour citer le chroniqueur de l'immense The Gathering Wilderness, qui six années avant la sortie de ce Redemption a eu la prescience de sa pochette : "rien que la rage au ventre et les larmes dans les yeux... le feu au fond de la gorge". Oyez, qui que vous soyez !
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notes
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commentaires
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- stickgrozeil › Envoyez un message privé à stickgrozeil
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Bon, j'ai pas accroché autant que vous, va falloir que j'y retourne. Le problème, c'est que sur les albums de Primordial en général, il y a toujours un ou deux hymnes qui font de l'ombre aux autres titres et qui semblent alors un peu fades. Une nouvelle réécoute s'impose, définitivement.
- stickgrozeil › Envoyez un message privé à stickgrozeil
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Ah bah tiens, il repart sur la platine direct celui-ci, car c'est pas le premier disque qui me vient à l'esprit quand je veux écouter du Primordial.
- Lord Tom › Envoyez un message privé à Lord Tom
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Primordial le genre de groupe que je test régulièrement, en me disant qu'au bon moment ça peut finir par marcher. Le côté Bruce Dickinson gothique par moment (qui of course participe a l'originalité) faut être dans la bonne disposition. Une instru comme Bloodied yet unbowed et ses arpèges c'est monstrueux d'atmosphère. Jolie chro x2
Message édité le 02-08-2025 à 23:37 par Lord Tom
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Cinabre
› Envoyez un message privé à Cinabre
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Merci, Saï. Et y a pas de mal, GrahamBondSwing!
Chacun est en droit de juger les disques ici (je dis bien disques) tel qu'il le ressent. C'est de la musique après tout. Et si j'y vois un album dont la noirceur m'aura lavé l'âme et les oreilles, je conçois tout à fait qu'il ne résonne pas de la même manière avec tout le monde.
Et deux boules d'écart qui plus est, c'est plus que raisonnable au vu de la diversité des opinions et des ressentis. Merci à toi aussi pour ton input.
Message édité le 02-08-2025 à 12:04 par Cinabre
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saïmone
› Envoyez un message privé à saïmone
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Moi j'aime beaucoup les chros de premières impressions, gg Cinabre ! J'étais bizarrement passé à côté de cet album, alors que j'adore les deux précédents et le suivant. La correction est une correction, les chevaux de ma bagnole n'étaient donc pas feints. Tuerie instantanée, oui ! Vais aussi aller voir les derniers, forcément

