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Diamanda Galás › Defixiones • Will and Testament
- 2003 • Mute Records CDStumm205 • 1 CD digipack
cd 1 • 8 titres • 48:35 min
- 1The Dance: Ter Vogormia
- 2The Dance: The Desert, Part One
- 3The Dance: The Desert, Part Two
- 4The Dance: Sevda Zinçiri
- 5The Dance: Holokaftoma
- 6The Dance: Ter Vogormia (reprise)
- 7The Eagle of Tkhuma
- 8Orders from the Dead
cd 2 • 9 titres • 47:59 min
- 1Hastayim Yasiyorum
- 2Σαν πεθάνω στο καράβι
- 3Je Rame
- 4Epístola a los Transeúntes
- 5Birds of Death
- 6Άνοιξε
- 7Todesfuge
- 8Artémis
- 9See That My Grave Is Kept Clean
informations
2001-2002
"DEFIXIONES: Refers to the warnings engraved in lead which were placed on the graves of the dead in Greece, Asia Minor, and elsewhere in the Middle East. They cautioned against moving or desecrating the corpses under threat of extreme harm... WILL AND TESTAMENT: refers to the last wishes of the dead who have been taken to their graves under unnatural circumstances... DEFIXIONES, WILL AND TESTAMENT: speaks for individuals who have had to live as outlaws, as they were treated as outlaws; and for those who have had to create houses out of rock."
line up
Diamanda Galás (chant, piano, arrangements, production)
chronique
Defixiones, ou les Tablettes de L'Envoûtement. Le siamois en suaire couleur nuit de La Serpenta Canta, métissé dans le morbide, international comme Satan, sans couleur de peau ni drapeau comme Dieu. Impitoyable comme La Mort, qu'elle évoque ainsi découpée dans l'ombre de la pochette, la belle blême émaciée. Ici les morts sont partout. On les venge avec les mots. De toutes langues, de toute intensité. On les venge avec ce qu'on peut, donc avec la voix d'abord. Cette terrible Voix. Voyez un peu cette folie : un double concept-album live de Diamanda Galas, avoisinant les cent minutes, avec pour thème le Génocide (Arménien notamment) et aussi, à la suite d'une Plague Mass, le Sida (le frère de Diamanda en est mort en 1986 pour rappel). Wahou, trop sympa ! De quoi égayer nos longues soirées d'hiver. Ou nos étés sans lumière. Colère. Prières. Sortilèges. Malédictions. Pour se les enquiller, ces deux disques de notre Castafiore des Enfers, faut-il se lever tôt, et avoir son master en Sombre & Expérimental ? Non. Juste des oreilles et une âme à peu près opérationnelles, ça suffira amplement. Defixiones passe crème, si on est prêt à la recevoir chez soi pour une de ses - sinon LA - plus puissantes cérémonies. Jusqu'à ses inévitables spasmes grimaçants, qui ici n'envahissent jamais - mais plutôt soulignent par l'Atroce, le Beau. Dès l'intro sur gros drone, son hululement magique et son vibrato divinement monstrueux, oui : on est d'abord accueilli par la beauté terrible de ce chant. La voix de Diamanda est si belle. Qui donc en a jamais douté, même chez ses contempteurs ? Qui peut rester de marbre face à cette gigantesque suite "The Dance" qui domine le premier disque, véritable grand-huit funèbre, nourri au souffle profond des Limbes et au son de ce piano impitoyable, samples à l'appui aux endroits stratégiques, enchaînement punitif dans toutes les teintes de noir, deuil total, rage au ventre ? Devant le rituel redéfini par la sublimissime "Orders from the Dead", où la Mémoire des morts se veut l'opposé d'une pierre inerte ? Et comment ne pas voir ce qu'on connaît du chant envoyé ad patres et aux confins de la stéréo, à travers la monstrueuse "Holokaftoma" inspirée par Pasolini ? Parce que sa voix est un vaisseau sans pareil. Les cercles de la Divine Comédie elle te les franchit comme on saute les tourniquets du métro, la Galás, sans bouger de devant son piano.
Sa voix à la gravité veloutée sur cette prodigieuse reprise d'Udi Hrant Kenkulian en intro du second disque, un de ses plus beaux chants accompagnés au piano, à l'émotion cette fois tassée, sans note de trop... ou la lourdeur qui vous envole de cette "Je Rame" adaptation tétanisante d'un poème de Michaux ? Les deux, ô capitaine mon capitaine. "J’ai maudit l’intérieur de tes rêves" nous susurre Diamanda de sa voix cette fois rampante, toujours possédée, inexorcisable. Français bousillé-baisé avec accent de polyglotte métamorphe, en bonus. Plaisir d'offrir. Joie de recevoir. Diamanda nous fait en réalité d'abord cadeau, sur ce brillant diamant noir Defixiones, que d'une chose, brutale, totale, frontale : la vérité de la musique, sa musique, qui est une des plus pures et sincères qui soient. Latina, latine, grecque, turque, arménienne, américaine pourquoi pas : elle est partout, la Diamanda. Toutes les langues sont dans sa voix. Qu'on l'envoie au sommet du G20, ça y foutra l'ambiance. Et mettra un peu de vrai dans le théâtre. Comme ce piano qui dégringole sur l'incantatoire "Birds of Death", en mémoire à son regretté frère, raide et sinistre, parlée, dure, froide, en contraste à cette passionnelle "Άνοιξε" ("Anikse, Anikse"). La Grèce par le versant Hadès ? Puis la mort en fugue, "Todesfuge", et son clavier noir et blanc pissant de grosses gouttes scélérates, au fond du gouffre d'où râle la Pythie. S'faire gueuler dessus en allemand c'est pas mal comme réveil-matin, même à minuit. Puis viens un peu de groove - oui - sur le final, comme pour achever sur matelas, et pour faire lien avec le Diamanda blues du disque-sœur La Serpenta Canta, via Blind Lemon Jefferson... Ô Diamanda... Ici sa voix est bien encore tout ou presque, quel que soit le son l'accompagnant, au fond, qu'elle dicte, scande, elle punisse, maudisse. Qu'elle étrille, écarquille. C'est LA voix, celle qui s'exprime sans limites, sinon celles que lui impose son enveloppe charnelle. La voix d'une grande dame sensible, révoltée contre l'oubli et l'avachissement, nous arrachant à notre zone de confort de ses longs doigts griffus et sensuels pour nous rappeler la puissance de la musique, ce langage suprême aux possibilités vertigineuses.
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Cinabre
› Envoyez un message privé à Cinabre
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Quant à moi je m'en relève la nuit en sueur. Cauchemardesque, il est vrai. Mais quelle beauté! Quelle noirceur absolue! Si je ne devais en garder qu'un, serait-ce donc celui-ci? Elle joue de sa voix comme jamais. Le piano est super bien mixé. Très en retrait par rapport à Malediction & Prayer, mais cette reverb sur les passages freeform est superbe. Les ajouts d'échantillons sonores sont toujours pertinents et surtout les passage récités - pour une fois -sont tout aussi excellents (c'est la première fois que je dis ça en 20 ans tout genre confondu). Ça
bouffetransfigure les mots//maux comme à ses débuts. Elle nous les inflige avec la grandeur qu'on lui (re)connait. J'en redemande. Un prisme de nuances d'anti-couleurs. Il l'avale, la lumière, ce double live. Et nous avec. Mort. Tragédie. Terreur. Un des plus grands.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Un des très rares disques qui m'ont empêché de m'endormir, en effet (avec le premier Haus Arafna).
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Chris
› Envoyez un message privé à Chris
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Fascinant. Glaçant. Une expérience des plus exigeantes...
