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R.E.M. › Up
- 1998 • Warner bros. records 9 47112-2 • 1 CD
cd • 14 titres • 64:26 min
- 1Airportman
- 2Lotus
- 3Suspicion
- 4Hope
- 5At My Most Beautiful
- 6The Apologist
- 7Sad Professor
- 8You're in the Air
- 9Walk Unafraid
- 10Why Not Smile
- 11Daysleeper
- 12Diminished
- 13Parakeet
- 14Falls to Climb
informations
line up
Peter Buck (guitare, claviers, basse, percussions, production), Mike Mills (basse, claviers, chœurs), Michael Stipe (chant, guitare)
Musiciens additionnels : Barrett Martin (batterie, percussions), Bruce Kaphan (pedal steel), Scott McCaughey (claviers, percussions), John Sharpley (arrangements de cordes sur "Lotus"), Joey Waronker (batterie, percussions), Paul Murphy (alto), Jun-Chin Ling, David Arenz, David Braitberg, Willard Shull, Sou-Chun Su, Ellie Arenz, Jay Christy, Anne Page, Helen Porter (violons), Reid Harris, Heidi Nitchie, Patti Gouvas (altos), Daniel Laufer, Elizabeth Murphy, Christopher Rex, Nan Maddox (violoncelles), Douglas Sommer (contrebasse)
chronique
Le désir tient à des petits riens, des mécanismes psychologiques bien plus subtils que de bêtes mouvements de va et vient - au fond, oui : ce n'est pas automatique pour le popol. Pour les artistes c'est pareil. Avant d'être "up", R.E.M. a été "down", avec les morceaux tristes du très saillant New Adventures in Hi-Fi. Puis besoin de décompression, le spleen incurable de leur musique a pris une bonne bouffée d'air frais sous le bleu du ciel, pastel. Désir d'ailes. Bill Berry-free : freed from monosourcil, mind and senses purified (un super batteur hein le bon Bilou, ne nous méprenons pas !) "Up, up, up" chantait Michael sur la très down "Let me in", en mini-mantra ? Up est là. Écoutons donc ce bon vieil hypersensible de Stipe embourgeoisé, ce qu'il a à compter, avec ses bons zicos si doués. En 1998, tout le monde s'en fiche un peu de R.E.M. Y a des groupes plus intéressants. Radiohead par exemple : c'est mieux. C'est plus sérieux et expérimental comme groupe "alternatif" pour les masses (critiques), en 1998, Radiohead. Ah oui ah bon ? Eh ben, nique ta carte-mère, OK computer : je préfère ce disque-ci sans hésiter. Je le trouve mieux fait. Comparaison n'est pas raison ? L'amour a ses raisons, que la raison ignore... et au diable les citations : depuis quand une chronique doit être fine, au fond ? Ce petit Up a des choses à compter, et bien que je n'en sois pas fin fou, je veux que vous l'écoutiez. Car au fin fond de la nuit, il m'a causé.
Ici en cette année de pré-dilution dans le Millénium mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit, R.E.M. joue les prolongations, dans le terminal pastel, du grand aéroport - c'est ce que me suggère cette intro, et ces teintes claires en mosaïque anonyme, pop-pâle, "moderne"... plastoc deluxe ? Up c'est un peu l'album pop expé pastel de R.E.M., ouais, celui qui de prime abord a l'air de pas se prendre le chou du tout, sur l'intro fraîche "Airportman" et l'excellent demi-tube "Lotus", et ses "hey hey", sa dégaine psyché-pop nineties, le chant hyper chimique et bêleur de Stipe avec des filtres déformants chelous, très "acquired taste" pour sûr... et puis ce petit disque de demi-vieux se met en place, les carrés s'alignent, et quelques morceaux viennent s'incruster dans l'humeur du moment. Des petits riens, subtils... Un genre de Beach Boys version Soderbergh ? "At my most Beautiful" va dans la direction de l'extase soft, clairement, à moins que ce ne soit du beatlesque que nous délivrent simplement les géorgiens, pour ne pas toujours citer Brian Wilson au sujet d'Up... Et puis encore plus fort, l'atmosphérique et ultra-classieuse "Suspicion", havre de sérénité façon pop de chambre, plutôt tind'R.E.M.'sticks, qui reste un des grands morceaux de R.E.M., en toute discrétion. Est-ce le nouveau batteur qui instille cette vibration plus jazz-pop, ce groove plus smooth, cet air détaché ? Il y a cette "Hope" et ses touches electro-pop et retro à la fois... jamais retro-kitsch. Soyeux, crépuscule crémeux.
Oh, mais il y a surtout cette superbe "The Apologist", dans la droite lignée des morceaux les plus obsédants de R.E.M., avec un écho à la lointaine "So. Central Rain". "Désolé, désolé", chante encore Stipe, mais plus pour dire "va bien te faire mettre" que s'auto-flageller. Michael Stipe dans un de ses grands moments d'ironie blessée, est d'une rare acerbité, version mûre du lui-même des jeunes années dans un écrin adulte, sarcastique et amer à mort. Le morceau est simple et grand, digne du meilleur d'un Green. "Thank you for being there for me... Thank you for listening, goodbye" = brrrrr. Talent brut. L'album Up devient Down, ouais, et malgré une sensation de légèreté, d'atmopshérique même, l'ambiance a tôt fair de déchanter en effet, et en fait ("Sad Professor"), et même s'il instille sa douce soul ("You're in the air" et ses relents soul à la Afghan Whigs sur cordes late nineties juste magiques) tout en restant toujours dans cette tinte Retro mais sans ringardise, en somme : juste frais... il reste grave, atteint au cœur, voué à parler aux tripes. R.E.M. reste un groupe triste et c'est ainsi. Dans sa fraîcheur pop pastel terminal-nineties. Et c'est comme ça. Buck de son côté fait encore des petits miracles ("Walk Unafraid" la hantée et son intro au riff sinistrissime). Les choses s'enchaînent comme un début de semaine mollement tragique... Puis s'en vient cette familière-singulière "Diminished", façon re-Tindersticks, et surtout le dramatique contrôlé d'une frustrante car frôlant le sublime "Parakeet", et du dernier titre sur ses synthétiseurs un peu Eno-discount et bien "générique de fin en travers de la gorge", qui achèvent toutes deux en eau de boudin de chez Chanel... un halo assez exquis enrobe ce discret disque sincère à en crever - encore... Un album tout en délicieux clairs-obscurs, tissés de zones aquarelles tendrement hantées. Qui me susurre que même en sortant une œuvre a priori mineure, R.E.M. font les choses en profondeur. Il a vraiment la classe, ce petit groupe américain confidentiel.
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Richard
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notes
Note moyenne 5 votes
commentaires
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- nowyouknow › Envoyez un message privé à nowyouknow
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Pourquoi est-il si étalé ce premier morceau, cet album? Trop long et uniforme avec un manque de dynamisme criant comparé au précédent. Dommage car il a son charme avec son humilité fragile et sa mélancolie et puis surtout ils font toujours de jolies chansons : c'est bête à dire mais ça reste leur force car ça n'a toujours été que de la pop-rock. C'est là que je regrette leurs albums fin 80's de 40 minutes avec pas une once de gras. Un album dense qui mérite qu'on s'y plonge néanmoins.
Message édité le 21-01-2026 à 08:26 par nowyouknow
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Raven
› Envoyez un message privé à Raven
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Merci pour tes encouragements Richard ! ^^ ... Je ne pense pas aller plus loin dans la disco de Rapid Eye Movement, sinon, mais il ne faut jamais dire jamais. En tout cas c'est surtout ces trois-là qui me tenaient à cœur sur les "derniers".
- Richard › Envoyez un message privé à Richard
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Le moins que l'on puisse dire, c'est que le projet t'inspire Raven. Je suis dans l'obligation de le préciser de nouveau mais c'est un régal de lecture et d'écriture qui à chaque fois m'offre un nouvel angle sur l'album chroniqué (pour peu que je le connaisse). En 1998, j'ai l'impression (cf la vidéo qui date de novembre 1998 et que je trouve sympa) que les Américains sont quand même un peu perdus.
https://www.youtube.com/watch?v=J9G1FhQUnSo&list=RDJ9G1FhQUnSo&start_radio=1
