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Swans › Birthing
- 2025 • Young god records YG68 • 1 CD digipack
cd 1 • 3 titres • 63:22 min
- 1The Healers
- 2I Am a Tower
- 3Birthing
cd 2 • 5 titres • 52:22 min
- 1Red Yellow
- 2Guardian Spirit
- 3The Merge
- 4Rope
- 5Away
informations
line up
Michael Gira (chant, guitare, production), Christoph Hahn (guitares, boucles, chœurs), Chris Pravdica (basse, taishōgoto, boucles, effets, claviers), Phil Puleo (batterie, hammered dulcimer, flûte, melodica, percussions), Norman Westberg (guitare, boucles), Dana Schechter (guitare lap steel, basse, chœurs), Larry Mullins (mellotron, claviers, piano, synthétiseur, batterie, vibraphone, percussions, chœurs)
Musiciens additionnels : Jennifer Gira (chœurs), Laura Carbone (chœurs), Lucy Kruger (chœurs), Andreas Dormann (saxophone soprano), Little Mikey (chœurs), Timothy Wyskida (batterie sur "The Merge")
chronique
Michael Gira est un gros trou de balle. On le savait depuis un moment, la pochette de son dernier album nous le rappelle. Le dernier, oui. Après le dernier, qui était l'avant-dernier. Mais là c'est le vrai dernier, le dernier des derniers. Pour de vrai. Ouais. Après Gira fera AUTRE CHOSE. Déjà, Gira ira dodo. Prendre son repos bien mérité. Peut-être un thé. Il en aura fini, de plier ces gros digipacks en carton. De râler comme un vieux con. Finies, les immenses cérémonies. Mais il va quand même envoyer un sacré merdier sur le bureau avant de claquer la porte. Ah ces Michel, en général faut qu'ils fassent chier leur monde ! Blanc, Sardou, Polnareff, Louise, Gira : tous des trolls. Et là il nous la joue dans quelle teinte, le Miche-Miche ? Bure ! Soutane d'enflure. Religieux plus que jamais, semble-t-il, l'ancêtre. Le premier mantra est mastoc, et je fais dans mon froc de façon si détachée, c'est quand même cocasse d'être aussi sinistre. Le scénario du Mick-Mick, pfff, v'là comment j'le connais... Sa face moins rock, ses tendances au post-rock pour vieux garçons sociopathes... Qui boivent du macchiato au lait d'avoine, hein, les sociopathes. Pépère Gira le tocard a donc décidé d'leur infliger ENCORE un double album rempli ras-la-gueule de morceaux de dix plombes ? OK, con d'pépère. Il est phat, Pépé, oh ouais. Moby Dick ? P'tite bitte ! Swans vient s'asseoir dans ton salon - SUR ton salon. Et n'en bougera pas avant d'avoir bieeeeen laissé l'empreinte de son hénaurme derche dans le canapé. L'énième chant du cygne, entamé Swans-panoramique avec la hantée "The Healers" et achevé avec "Rope"/"Away" sur une touche plus évanescente ("bring me to life" = "birthing" si on y réfléchit bien, hein). Ouais ouais. Birthing : Accouchement. Début. Fin. Mort. Recommencement. Naissance. Cycle. Cercle. T'as compris ? Attends, tiens-moi cet ouroboros, j'vais t'expliquer... Gira déploie. Il déplie. Comme une très très grande nappe. Pigé ? La zique elle est bien pliée, dans le disque, alors il la déplie, comme ça, ça lui prend un moment, parce que c'est pas de la p'tite zique, non, c'est de la Grânde Musique, petit critique. Note-le bien dans ton calepin. Petit trou du cul.
C'est pas toi le grand artiste, c'est Monsieur Gira, compris ? C'est pas ta musique la mieux, c'est la sienne. T'as trop le seum, mais le disque a à peine commencé. Obseeeeerve, n'en rate pas une miette. Checke la nappe, téma la table : la Cène à côté, c'est guinguette. Jésus ? Un hipster hippie comme tant d'autres. Gira va lui montrer comment on sert le vin. Comment on rompt le pain. Les gonds. La joie des gens. Tu n'en avais pas du tout besoin : et c'est bien pour ça qu'il revient. Emmerdeur authentique ving-quatre carats, le sale mec. Planche ouija et tout. Le rythme arrive, lui aussi, et il semble n'avoir jamais été aussi sournois. Le crescendo a failli te faire ronfler, il vient te happer. Michel le Croquemitaine a mis ses grands gants d'épouvante, pour venir te chercher. Tu l'attendais, il le sait. Tu l'as vu venir de si loin, comme ce con de K qui n'avait pas de smartphone dans cette nouvelle triste, là : mais ça changera que dalle. Tu la feras, ta perlouze, mon grand nenfant. Matte un peu les voix féminines angéliques, entre le Gira et la nappe drone machin là, comme des fées qui barbotent dans le Styx... C'est grand. C'est chiant ? C'est gerbant ? C'est géant. Le son est là. Le musicien mégalomane est arrivé au terme du terme des thermes. Apo-spa ? Pique-nique en Enfer. Ouvre le panier, donne les couverts à Maman. Y a pas plus de Jarboe que d'beurre en branche, et c'est pas plus mal. Au diable le blues, place à la lumière noire en bain spirituel. Là t'as un point final, c'est ça la pochette, plus qu'un hommage minimaliste au Poinçonneur des Lilas : c'est un gros point, t'as capté ? Period. Un Swans post-post-post-Dead qui n'a jamais été aussi monotone et monolithique dans sa volonté de "c'est moi qu'a la plus grosse". Une fanbase soumise à un traitement qui s'apparente au gavage de l'oie. Cygnes se frottent les plumes, la maille encore va tomber, les concerts seront encore blindés. Prévoyez bien les sacs à vomi pour Noël. Attendez-vous à des crêpes épaisses et brûlées, pour la Chandeleur.
On fait la moue devant l'évènement. Puis on se laisse emporter sur le dos de la grosse bête. On se fait houspiller. On hume l'humus, au fond du trou de la pochette. On sent bien la malédiction en infusion, en bon galérien du Gira-son. On met de la crème sur sa peau quand on est une fille obéissante. On entend du "Lust is disgust". Du "suck milk from my tit", du "cut off my sex", ce qui rappelle les années LXXX (chiffres romains obligatoires, esclave). Le disque deux, pardon le II, monte d'un cran côté mystique, et sa tension étincelle, les percussions se font formes d'outre-monde, comme les chœurs, phasmes et fantômes autour du sorcier-sorcière Gira, qui se prend toujours pour le père des pères, avec ses putains de longs râles. Y a plus d'effet de surprise depuis un siècle, on est à la maison au fond... et au fond... du fond du fond, ainsi font font font, les petites marionnettes, du manipulateur Gira, envahissant ta kitchenette. Ah il est relou le Ra-gi rageux, avec ses sempiternels morceaux sans fin ? Hé bien BOUFFE, BOUFFE, BOUFFE, oie blanche. Bouffe ton long son. Bouffe ton gros ronron. Bouffe ta folk nauséeuse en constellation de cordes et sifflements. Bouffe ton moment contrôlé à mort, ton "The Merge" qui gronde en beauté, bouffe bien ton Philip Glass pour cérémonies franc-mac'-illuminati-pédo-sataniques, avale bien tous ces p'tits trucs un peu différents dans le gros machin commun pour qui pratique le groupe depuis sa réactivation. C'est massif. C'est profond. C'est cohérent comme un cul. Un très très très gros cul (on l'aura compris, Raven). C'est pas du Nicki Minaj, t-t-t : c'est un titan qui vient claquer son boule sur ta vie. Enfin au moins sur ta hi-fi. Colossal, cet énième di-disque n'apportera pas grand chose qui n'ait déjà été radoté par son MC Mr. MG, mais il est venu envahir tes pénates, sévère. Venu te dire que Swans s'en va, mais est bien là, toujours déter dans le ter-ter, avide de remplir l'espace disponible, chronophage appétant. Alors, était-elle vraiment nécessaire cette sortie ? Bonne question. Est-ce encore un Swans de trop ? C'est bien possible. Suis-je ton pigeon, prétentieux Cygne ? Très certainement. Et est-ce que cette chronique va enfin s'arrêter, et ce disque aussi, bon sang de bonsoir ?
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notes
Note moyenne 13 votes
commentaires
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- Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé à Demonaz Vikernes
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Toujours pas écouté ce Birthing, mais j'ai Live Rope m'a pas mal accompagné sur ce curieux été. A chaud j'ai eu envie de balancer un "same shit", et c'est assez vrai d'une certaine manière, mais pourtant il s'est passé un truc avec celui là, ça a fonctionné, il y avait autre chose que des interminables borborygmes arty étalés sur des pistes interminables (tout en continuant de n'être que ça, allez comprendre). Comble, c'est sur les rares "chansons" présentes sur ce live qu'on se fait un peu chier.
Je m'attaquerai à ce Birthing avec une curiosité certaine, et ça fait bien longtemps que les Swans n'avaient pas suscité ça.
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Cinabre
› Envoyez un message privé à Cinabre
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Pour ma part: oui. Le disque est solide mais pas autant que la chro. Pour cette dernière, c'est du béton armé. Jusqu'aux dents.
- Tacrolimus › Envoyez un message privé à Tacrolimus
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La chronique qui surpasse le disque ?
Message édité le 02-08-2025 à 13:45 par tacrolimus
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pokemonslaughter
› Envoyez un message privé à pokemonslaughter
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(oh putain, je les laisse la nuit)
- Lord Tom › Envoyez un message privé à Lord Tom
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Oui car Michael ressurgira, et sous les décibels insensés l'audience rougira.
