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Wire › Turns and Strokes

cd • 12 titres • 52:46 min

  • 1Safe
  • 2Lorries
  • 3A Panamanian Craze?
  • 4Remove For Improvement
  • 5The Spare One
  • 6Over My Head
  • 712XU
  • 8Inventory
  • 9Ritual View
  • 10Part Of Our History
  • 11Second Length (Our Swimmer)
  • 12Catapult 30

informations

line up

Edvard Graham Lewis (basse, chant), Colin Newman (chant, guitare), Bruce Gilbert (guitare), Robert Gotobed (batterie)

chronique

ovni inclassable / post punk / punk / indus / krautrock / garage / "mais j'adooore l'abstrait !"

C'est tout de même drôle, comment une simple croix peut intimider. Un crucifix ? Trop significatif, trop symbolique sans doute. Ici la croix est comme un signal menaçant par sa forme-même : elle interdit le passage, mais elle provoque, par la couleur. Le rouge c'est la couleur du sang, mais c'est aussi la couleur du communisme, Rémy... sur le vert de l'écologie !! Et qui dit écologie, dit recyclage. Tu la sens, la transition ? Document & Eyewitness, fin de réserve du réservoir. La version pour les crevards.

Mais, euh...

Communisme ? Écologie ? Bien sûr que je déraille, moi aussi, avec ces conneries. Même si Wire ont probablement déjà fait référence à l'un ou l'autre sur Pink Flag et Chairs Missing par exemple, ceci n'est pas un disque de Gang of Four. Ceci n'est pas un disque... tout court ! C'est du fond de tiroir pour fans hardcore. À croire que ces gens n'ont que ça à foutre. Y a d'autres options : écouter n'importe quel album du groupe. Ou aller dehors. Il fait beau, dehors.

Turns & Strokes... 1996 : nouvelles du passé. Personne n'avait rien demandé.

Pourquoi pourquoi pourquoi Wire sortent ça en 1996, tout comme ils sortirent Crazy Bout Love en 1983, avec la même pochette ? "GNÉ ?!" ?

Y a rien à comprendre. Rien de bon, rien de beau à entendre. Mais ça existe. La croix existe.

La Javel n'en viendra pas à bout, de cette crasse. Parce qu'elle n'est pas bactérienne : c'est une crasse alien.

Ou peut-être même pas alien... un alien ça doit bien baiser, aussi.

Wire ils baisent pas, c'est évident.

Ils doivent mettre des gants Mapa avant de se toucher le sexe, s'ils en ont un. Puis pisser de l'acide ou de la soude. Dans des Ziploc.

Manger dans des Tupperware bien rangés, même quand ils sont à fond dans le syndrome de Diogène comme avec ce disque, là.

Saligauds d'anglais anguleux.

Faut l'dire.

Faut qu'ça s'sache.

Wire, c'est pas des gens. Ce sont des... des agents.

Infectieux.

Mais là faut vraiment aller la chercher, la maladie, en bouffant du Wire bien toxique, les couleurs préviennent.

La plupart des albums sont vaselinés (comme disait le regretté Jean-Louis Murat), polis, préparés pour que l'auditeur les avale et les digère sans heurts... On est clairement à l'opposé radical de ça ici. Il faut vraiment être un fieffé amateur de sombre et d'expérimental pour écouter ce genre de disques. C'est bath.

Why her ?

Why air ?

Un truc sorti du tou du cul d'une autre dimension. La visiter, même brièvement, n'est pas une sinécure.

Qu'on m'appelle des humains, que je porte plainte.

Ou alors c'est ça être punk, à fond : être détesté par tous. Ou presque. "GG Allin ? Hold my gin" semble nous dire ce relou Câble.

C'est même pas pour les musiciens. Les mecs se font chier, à jouer ça, c'est évident. Comprennent rien non plus. Y a rien à comprendre d'façon... "D'accord faisons comme ça".

Les seize minutes de "A Panamanian Craze?", par exemple, je pense qu'il faut vraiment être complétiste maniaque du groupe pour y trouver grand intérêt. C'est vraiment le côté le plus expé-chiant du groupe, ça pour le coup. De l'expé qui tourne en rond et qui sifflote, siffle (aïeuh mon acouphène !! ) de la réverb et basta. Wire sur beat minimal kraut-bidule, y teste déjà la patience, et le Suicide-air, chose qu'il appuiera dans sa phase electro-maniaque (dugga dugga dugga pour les intimes). Dans les morceaux kilométriques de Wire, celle-ci est nettement moins réussie que "Crazy About Love" ! On lui préfèrera "Catapult 30" la terrifiante B-side de cette dernière. Ou la version de "12XU" moins foutage de gueule que celle de D&E, suivie de "Inventory", la partie punk plus, hum, classique. Rock énergique. Ou "Lorries", avec ses "your selfishness", même si elle sera sublimée - comme tout le reste en fait - sur Changes Become Us avec "B/W Silence". Ah mince, je viens de faire trop de lignes à la suite... vous suivez ? Y a des gens ? Hello - o - o - o ?!!

Le son très aléatoire, entre bootleg officiel et "ça passe à peu près", aura raison des moins gutsiens. Ou des moins masochistes.

Être sombre et expérimental, c'est un métier.

Moyen
      
Publiée le samedi 24 mai 2025

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