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Manic Street Preachers › Journal for plague lovers
- 2009 • Columbia records 88697520582 • 1 CD
cd • 13 titres
- 1Peeled apples
- 2Jackie Collins existential question time
- 3Me and Stephen Hawking
- 4The joke sport severed
- 5Journal for plague lovers
- 6She bathed herself in a bath of bleach
- 7Facing page: top left
- 8Marlon J.D.
- 9Doors closing slowly
- 10All is vanity
- 11Pretension/Repulsion
- 12Virginia state epileptic colony
- 13William's last words /Bag lady
extraits vidéo
informations
Rockfield Studios, Monmouth, Pays de Galles; Faster Studios, Cardiff, Pays de Galles.
line up
James Dean Bradfield (chant, guitare, guitare sèche), Nicky Wire (basse, choeurs), Sean Moore (batterie, percussions)
Musiciens additionnels : Katherine Thomas (harpe), Andrew Walters, Bernard Kane, Joanna Parkhurst, Nathan Stone (cordes)
chronique
Les Manic Street Preachers sont peut-être l’une des rares formations à avoir compté en ses rangs un membre fantôme au sens propre. Un an après que Richey Edward ait été officiellement reconnu comme présumé mort après treize ans de mystère, de tristesse, de doute, durant lesquels ses camarades ont continué de dresser un pied de micro pour lui à chaque concert et à verser sa part de royalties sur un compte, ses derniers décident de montrer une ultime fois qu’ils ne l’oublieront jamais en composant un disque dont les paroles sont exclusivement de la plume de Richey. Tant musicalement que visuellement, c’est comme si les quatre étaient réunis à nouveau. La pochette fera son petit scandale et sera retirée des devantures de certains disquaire timorés, ce qui n’empêchera pas les Gallois de cartonner. Il est clair que ce neuvième essai n’est pas une photocopie de ‘Generation terrorist’ ou ‘The Holy bible’ pourtant nous y retrouvons une fougue et une noirceur en parfaite continuité. Co-produit par Steve Albini, ‘Journal for plague lovers’ voit le groupe renouer avec une tension électrique enrichie des années d’expérience, à l’image du magnifique ‘ This joke sport severed’ débutant par une intro acoustique mélancolique, enchaînant à mi-morceau sur une tension héroïque électrique couplée avec des cordes, une batterie roulante, un feeling en retenu et des lignes superbes. ‘Facing page: top left’ pousse plus loin en restant acoustique, une autre belle pièce. Les inspirations post punk sont de retour avec pour climax à mon sens le grandiose ‘All is vanity’ laissant cohabiter un thème froid et triste avec des riffs musclés, un refrain violent, le tout avec une fluidité désarmante. Même les chansons plus ‘rentre dedans’ témoignent d’une maturité et d’une passion intacte, plus riche encore, les réussites s’enchaînent: ‘Me and Stephen Hawking’, She bathed herself in a bath of bleach’, le ‘Peeled apples’ d'entrée donnant d’emblée le ton… Les Manic Street Preachers rendent un hommage bouleversant aux paroles de leur ami, des mots exprimant le dégoût de soi, des réflexions philosophiques, politiques, des paroles de bienveillance masquant le malaise et la dépression. Comme souvent le combo conclut par une piste fantôme, ‘Bag lady’, un morceau post punk et sombre comme savaient l’être That Petrol Emotion par exemple que James Dean Bradfield entame par ces mots: ‘I’m not dead’; le message est clair, nous ne t’oublierons jamais, ce que confirme le dernier clip en date en forme de bilan où l’image de Richey Edwards est omniprésente (photos, patches…). Les Gallois ne pouvaient rater un tel disque, le pari est largement gagné. Sans doute, leur plus belle réussite depuis ‘The Holy bible’…
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