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John Cale › Vintage Violence
- 1970 • Columbia records CS 1037 • 1 LP 33 tours
cd 1 • 11 titres • 36:06 min
- 1Hello, There
- 2Gideon's Bible
- 3Adelaide
- 4Big White Cloud
- 5Cleo
- 6Please
- 7Charlemagne
- 8Bring It On Up
- 9Amsterdam
- 10Ghost Story
- 11Fairweather Friend
informations
La réédition CD contient l'excellente piste de musique minimaliste "Wall", exercice au violon électrique façon La Monte Young, entre folklore d'épinal et nausée expérimentale.
line up
John Cale (chant, basse, basse, claviers, alto, arangements)
Musiciens additionnels : Garland Jeffreys (guitare, chœurs), Harvey Brooks (basse), Sandy Konikoff (batterie), Ernie Corallo (guitare), Stan Szelest (piano)
chronique
Une pochette marquante. La face "plastifiée" du jeune Cale, m'évoquant Les Yeux sans Visage de Franju... Ce que son auteur jugera avec sévérité évocateur de l'impersonnalité de l'album, comme enregistré derrière un masque. Or, cette pochette est tout sauf impersonnelle, et si la musique en-dessous est bien moins malsaine, il y a déjà beaucoup du John Cale futur ici, dans cet album qui n'a rien ou presque de Velvet Underground. Et donc, une singularité déjà à l'œuvre dans cette verdeur d'expression, notamment dans sa façon de pop baroque onirique sur la magnifique "Big White Cloud", cette candeur et ce lustre typiques, le chatoiement plus Beach Boys et soul de "Gideon Bible" pas bien loin. Cale est déjà un fin limier, quand il s'agit de vous habiller de dorures et de moulures les sensations de ne pas être dans son assiette. Pourtant je n'ai pas tout de suite vu ce que Vintage Violence avait d'étonnant, ou ses atouts simplement. Je l'ai haï, ou pas loin, moi qui était fanatique de Fear. Autant j'étais fasciné par sa pochette, autant la musique m'a tenu éloigné d'elle bien des années, tant j'y entendais plus le "vintage" que la "violence". La faute sans doute à ses kitschissimes accents à la fois country (aaargh "Adelaïde" !) et dylanesques, que je n'attendais pas vraiment, alors qu'ils sont bien d'époque. L'impression parfois d'être invité dans un saloon mais tenu par un anglais, donc avec rien que du gin à picoler. D'entendre des Doors discount, sur ce final "Fairweather Friend". Pourtant en laissant tourner plus d'une fois cet album de jeunesse, souvent parangon de naïveté pop (avec des choses aussi légères que faciles comme la beatlesienne "Cleo"), on se rend compte de son charme à lui, fin mais franc. Si Vintage Violence présente un Cale nunuche et encore paumé dans sa jeunesse, il contient pourtant déjà, en germes, ce qui fait le trouble du grand gallois, bien "caché" derrière cette façade "gentille pop", comme son visage derrière le plastique lisse. Même si ici, je ne parlerais pas encore d'angoisse réelle ou de venin, parce que Vintage Violence n'a pas la tension des futurs albums "rock noir" de Cale. Parce qu'il n'en a pas encore chié des ronds de chapeau, aussi. Vintage Violence n'est presque tout entier que douceur, baguenaude pop, mélodies enfantines et voulues comme telles. "Presque", n'est-ce pas. Parce qu'il y a aussi ce coin d'ombre aménagé par Cale, l'orgue de la fantomatique "Ghost Story", ou la lugubre ballade "Amsterdam" (rien à voir avec le grand belge affectionné par Scott Walker). Pendant que le Velvet s'arrondit aux angles, Cale accède à la lumière de la pop en vogue, et il y injectera en douce son style manipulateur, l'expérimentation de sa facette "compositeur contemporain" passant au second plan pour laisser le talent mélodique s'épanouir. Je retiendrais donc en priorité "Gideon's Bible" et "Big White Cloud", deux chansons qui, une fois qu'elle se sont installées dans votre caboche avec leurs godillots de gallois lyrique, n'en sortiront point. Deux titres emblématique du style Cale versant pop baroque, dans un album de jeunesse où règne la plus profonde candeur.
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notes
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commentaires
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- Gouzi › Envoyez un message privé à Gouzi
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si ce n'est les Doors !
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zugal21 › Envoyez un message privé à zugal21
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Sur Ghost Story, passée l'entrée en matière, à un moment on croit voir se préfigurer les Tindersticks.
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Raven
› Envoyez un message privé à Raven
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Un masque en plexi ou en verre... Qui de loin fait gluant.
(Edit: d'après le wiki rosbif, ce serait donc un masque de verre par-dessus un bas en nylon. Cale pervers, ce John...)
Message édité le 19-02-2025 à 21:11 par Raven
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Un masque en gelée...
Sinon :
Inspiration ?
(C'est l'album Agnostika de Katatzia... Et je ne sais vraiment pas si c'est un clin d'œil voulu ou non).
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nicola › Envoyez un message privé à nicola
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En regardant de plus près, on voit que c’est un masque transparent.
